De la russophobie
par GHEDIA Aziz
jeudi 10 septembre 2026
De la russophobie.
Aujourd'hui, sur Réseau International, un petit article - je dirai même un filet - d'Emmanuel Todd a attiré mon attention. Évidemment, comme d'habitude lorsqu'un écrit suscite mon intérêt, je réagis immédiatement, au quart de tour. Cette dernière expression, je l'ai empruntée de mon ancien mécanicien qui, chaque fois que je lui emmène ma bagnole pour réparation, me dit "ne t'en fais pas, ça va démarrer au quart de tour".
Bref, ceci comme brève introduction.
Ma réaction ou plutôt mon commentaire est ci-dessous. Je le mets volontiers entre guillemets et en caractères italiques pour qu'il soit bien mis en exergue.
"Effectivement, cette peur des Russes est irrationnelle. Quand on y réfléchit bien, tous les arguments présentés par l’élite politique européenne tombent à l’eau. La Russie est, du point de vue géographique, un grand pays. Il n’a pas besoin de s’étendre davantage en envahissant d’autres territoires de l’Europe occidentale. Par ailleurs, ce pays est doté d’immenses ressources naturelles (pétrole, gaz, terres rares, etc.).
Historiquement, il a toujours porté secours aux Européens dans des situations de conflits à grande échelle (les deux guerres mondiales).
Et puis, avec Poutine, la Russie a bien essayé de s’intégrer à l’UE pour concrétiser le voeu de Charles de Gaulle qui rêvait d’une Europe s’étendant de l’Atlantique à l’Oural. Malheureusement, à chaque tentative de s’approcher de l’Europe, elle n’a essuyé que refus net : niet, lui dit-on à chaque fois. La guerre qui lui est opposée par l’OTAN et donc par l’Occident par Ukraine interposée, n’est pas faite pour arranger les choses. Et les sanctions économiques dont elle fait l’objet depuis quelques années maintenant a encore aggravé la situation… On peut continuer à énumérer les raisons qui font que les Européens sont largement responsables de cette situation. Mais à quoi bon" ?
Vous l'aurez compris, dans son article Emmanuel Todd soulevait la question de la russophobie qui a atteint pratiquement l'ensemble des Européens et particulièrement l'élite politique. Il parle même de pathologie. Et de ce point de vue, je crois qu'il a tout a fait raison. Effectivement, toute phobie est pathologique. Car, la phobie est à dissocier de la peur. La peur est un sentiment d'évitement, un sentiment qui permet à l'homme d'échapper à un danger émanant de son environnement proche. Ce sentiment est justifié dans la plupart des cas. Mais lorsque ce sentiment est exagéré, cela devient effectivement, de facto, de la phobie qui pourrait être une peur irrationnelle comme je l'ai mentionné plus haut. Et c'est cette impression que donne le monde occidental aujourd'hui. C'est incompréhensible. En tout cas, vu du Sud global, le comportement des Européens vis à vis des Russes est incompréhensible.
Emmanuel Todd termine son petit article par "La Russie est notre test de Rorschach".
Le chirurgien que je suis et le psychiatre que j'aurais pu être vous dit : pas besoin de ce test. Le diagnostic est évident. Les signes cliniques que présentent Ursula von der Lyne & co sont largement évocateurs de cette russophobie. Reste à instituer une thérapeutique adéquate pour espérer une guérison sans séquelles.