De la Tragédie à la Farce !
par politzer
mercredi 18 mars 2026
De la Tragédie à la Farce :
Karl Marx, citant Hegel, l'avait prophétisé : « L’histoire se répète d’abord comme tragédie, puis comme farce. »
Dans le contexte des élections municipales françaises de 2026, cette maxime résonne avec une ironie cruelle. Le premier tour, tenu le 15 mars, a vu une progression notable de La France Insoumise (LFI), avec des scores en hausse dans des villes comme Roubaix (44 %), Lille et Toulouse.
Mais au soir des résultats, Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, a lancé un appel solennel à un « front antifasciste » sic , pour le second tour, tendant la main aux autres listes de gauche afin de barrer la route au Rassemblement National (RN) et à la droite.
Cet appel, présenté comme un rempart démocratique, masque une farce cynique
comment un parti éclaboussé par l'affaire tragique de Quentin Deranque peut-il se poser en défenseur antifasciste suprême, tout en risquant d'attiser une guerre civile par son discours ?
La Tragédie Originelle :
L'Antifascisme Historique, une Lutte Prolétarienne Authentique
L'antifascisme des années 1930-1940 fut une tragédie héroïque. En France, le Front Populaire de 1936 unit communistes, socialistes et radicaux contre les ligues fascistes et le danger hitlérien. Le Parti Communiste Français (PCF), ancré dans la classe ouvrière, mena une résistance armée et idéologique contre l'Occupation nazie et les collaborateurs.
Des figures comme Georges Marchais, ouvrier métallurgiste, incarnaient cet antifascisme matérialiste : pas une haine morale abstraite, mais une défense concrète des intérêts prolétariens contre le capital qui engendre le fascisme comme son ultime recours.
Cette tragédie culmina dans les tortures de la Gestapo française rue Lauriston, où des résistants – souvent communistes – étaient massacrés au nom d'une idéologie de haine raciale et sociale. La violence y était réelle, justifiée par les kollabos comme une « légitime défense » contre les « terroristes bolchéviques ».
C'était une guerre de classes déguisée en guerre raciale et nationale.
La Farce Actuelle :
L'Antifascisme Moral de LFI, un Outil Cynique
Aujourd'hui, l'appel de Bompard à un « front antifasciste » sonne comme une farce grotesque. À peine un mois après l'affaire Quentin Deranque – un jeune souverainiste de 23 ans lynché à coups de pied à la tête en marge d'une conférence LFI –, le parti se drape dans les vertus antifascistes pour unir la gauche contre le RN.
Des suspects proches de LFI (ex-assistants parlementaires, membres de la Jeune Garde dissoute) sont en détention pour homicide volontaire, mais Bompard maintient un soutien à l'« autodéfense populaire », distinguant maladroitement les « faits condamnables » d'une valeur plus large : défendre par la force contre un « fascisme » omniprésent.
Ce discours crée un danger qu'il prétend combattre.
En qualifiant tout critique de l'immigration massive ou du souverainisme de « fasciste » ou « nazi », LFI fabrique une menace idéologique qui légitime la violence physique. Les posts anciens de Quentin probablement inventés (racistes et antisémites, exhumés post-mortem) servent d'alibi pour atténuer le crime : une « rixe mutuelle » ( contredite par l'enquête) plutôt qu'un lynchage. Cela exonère moralement les agresseurs – passés comme futurs – au nom d'une « légitime défense » préventive. Bompard lui-même oppose l'« autodéfense » à la violence gratuite, mais refuse de condamner pleinement des groupes comme la Jeune Garde, qu'il présente comme « pacifistes ».
Les Conséquences : Vers une Guerre Civile Orchestrée ?
Cette attitude de la « racaille du haut » (Marx) – cynisme, mensonges, avidité de pouvoir – risque d'entraîner une escalade funeste. En appelant à un front antifasciste électoral, LFI divise la gauche (PS et EELV hésitent, préférant souvent « ni LFI ni RN » ), tout en alimentant une polarisation extrême. Le RN progresse (victoires à Perpignan, avances à Marseille et Nice ), captant un vote ouvrier désorienté que LFI méprise comme « fasciste ».
Résultat : un climat où la violence devient endémique, pas révolutionnaire. Des intellectuels comme Marcel Gauchet avertissent d'un risque de guerre civile, où chaque camp déshumanise l'autre.
Pour les communistes (ligne Marchais), c'est une trahison : l'antifascisme authentique unit la classe ouvrière contre le capital, pas en guerre morale permanente.
LFI, en minimisant ses propres dérives (affaires financières, sexuelles, violences), incarne cette farce qui pue la tragédie : un discours radical qui masque une quête sans vergogne de pouvoir, au risque de plonger la France dans le chaos.
En fin de compte, Marx avait raison : la répétition historique tourne au ridicule. Mais quand la farce mène à la guerre civile, le rire se fait jaune.
La gauche doit se purger de cette rhétorique pour retrouver la lutte de classes qui unit – avant qu'il ne soit trop tard.