De nouvelles façons de traquer les indignés ?
par morice
mercredi 16 novembre 2011
Barack Obama en personne l'a dit : il craint autant les Indignés que le Tea-Party, qu'il met sur le même niveau. Libre à lui de mélanger les torchons avec les serviettes, mais il serait mieux inspiré, en ce moment, de surveiller... ces propres services secrets. Non pas à l'étranger, pour le nombre de personnes tuées par ses drones, chose dont les américains ne se préoccupent que fort peu, mais au sein même de son pays, où des techniques de surveillance à la Big Brother prennent une dimension importante. On s'en est aperçu récemment une nouvelle fois en Californie, ou un jeune étudiant a découvert un drôle de boîtier GPS sous son véhicule. Ce n'est pas la première fois, je vous avais parlé il y a un an pile de la première tentative en affirmant qu'elle était déjà grave. La seconde est du même tonneau : le procédé de surveillance semble depuis s'être nettement amélioré... aujourd'hui, face à un mouvement qui s'attaque en priorité aux racines mêmes du capitalisme, en ayant popularisé le mot de "bankster" on doit s'attendre dans les jours à venir à trouver d'autres méthodes des pouvoirs en place pour dénigrer les indignés, où tous ceux qui seraient tentés de les rejoindre. L'arsenal s'étoffe de jour en jour.
Même si on hésite encore, celles en place ramènent déjà pas mal d'infos précise Wired : cette technologie invasive, par exemple, permet à la police, le FBI, la Drug Enforcement Administration et d'autres organismes de s'engager dans des surveillance secrètes 24 h sur 24 et sur une longue période de temps, et de collecter de grandes quantités d'informations sur toute personne qui conduit le véhicule, qui est suivi. « Une personne qui sait tout des trajets peut en déduire s'il s'agit d'un participant à l'église chaque semaine, si c'est un grand buveur, un habitué de la salle de gym, un mari infidèle, un malade externe sous traitement médical, un associé de certains individus ou de groupes politiques - et non juste un seul renseignement sur une personne, mais tous ces renseignements ", a écrit la Cour d'appel américaine via le juge Douglas Ginsburg dans une récente décision. La Cour Suprême se penchera cette semaine pour déterminer si des mandats doivent être nécessaires pour une utilisation de ces traqueurs." Et effectivement : le 8 novembre dernier un bon nombre de cette fameuse cour décrivait l'usage de ces capteurs comme étant carrément des réminiscences de 1984, de Georges Orwell. Une autre juridiction, la Cour d'appel du District de Columbia avait déjà du statuer sur un cas similaire survenu il y a peu et étiqueté "cas 1983", celui d'un dénommé Antoine Jones, qui avait porté plainte après avoir découvert un "beeper" collé sous son véhicule. Il estimait que ses droits avait été violés selon quatrième amendement par l'utilisation du GPSfixé sous sa voiture, ceci réalisé sans mandat de police. La Cour avait récusé en un premier temps la conviction de Jones. Selon Wired, cette affaire du cas 1983 du beeper est parmi les raisons pour lesquelles la question est à nouveau devant les juges. Car la cour d'appel avait elle déclaré que la balise permettait de "suivre une personne d'un endroit à l'autre", et que l'appareil GPS qui pistait Jones avait bien surveillé ses "mouvements 24 heures sur 24 pendant 28 jours." La cour d'appel avait statué finement sur l'affaire, ajoute Wired, en précisant comme quoi "elle illustrait comment la séquence des mouvements d'une personne pouvait révéler plus que les mouvements individuels dont elle était composée". Un argument auquel semblaient fort sensibles ces derniers temps les membres de la Cour Suprême. Les indignés bénéficieraient-ils d'un jugement interdisant l'usage de ce type de GPS ? Réponse dans quelques semaines.
Mais il existe d'autres moyens pour leur mettre des bâtons dans les roues. Les anglais n'ont pas été en reste, par exemple, pour dénigrer le mouvement : un journal a ainsi montré une photo prise avec une caméra thermique censée prouver qu'il n'y avait personne qui dormait dans les tentes le soir lors de l'occupation d'un square, ou presque. Une étude plus approndie du cliché semblait davantage présenter un grossier effet de solarisation à partir des teintes des tentes, mais quand bien même ç'eût été vrai, il s'agît bien là d'une presse utilisée comme propagande d'un pouvoir aux abois. Un des indignés avait démontré par l'exemple que c'était impossible à déterminer : la personne dans la tente était indiscernable, et c'était donc bien un fake complet, venu certainement de la police, et complaisamment repercuté par les médias anglais. Dans les années 70, le mouvement hippie a connu les mêmes dérives sécuritaires : on faisait pourchasser des jeunes que l'on savait pertinnemment désarmés ("peace and love !) par des personnes en armes. La plupart du temps, c'était totalement disproportionné.
En revanche, un autre système, testé en Irak et en Afghanistan, celui-là, ne semble plus avoir la même cote : celui du faisceau de micro-ondes irritantes, ou Active Denial System, expliqué ici par Rachel Maddow. L'expérimentation en Irak et Afghanistan, annoncée à grand frais ne semble pas du tout avoir été concluante, ont estimé les militaires. Les engins ont été discrètement rapatriés... pour être aussitôt installés dans certaines prisons US révélait non sans surprise Maddow : ce pays est vraiment malade et paranoïaque !