Dénatalité, Vieillissement et Immigration : l’Aveuglement

par Cazeaux
mercredi 9 novembre 2022

Sujet tabou qu’on enterre sous des contre-vérités, la dénatalité serait une invention d’alarmistes réactionnaires accusés de vouloir raviver la France de Vichy et de surcroît, notre fécondité comparée à celles de nos voisins européens devrait nous ôter toute inquiétude. Un peu comme si le fait d’avoir un cancer de grade 3 et non de grade 4 ferait du patient atteint un homme en bonne santé !

Premier mensonge : la naissance d’une authentique politique familiale, celle qui a suscité le fameux Baby Boom, date de 1939/1940. Son artisan, à la demande des présidents du conseil Daladier et Reynaud fut Alfred Sauvy, père de la science démographique, homme libre par excellence et nullement lié aux mouvances droitistes. Et l’application de cette première politique familiale de l’histoire, dès l’arrivée au pouvoir du Mal Pétain, a donné ses premiers fruits en 1942 et non en 1946, comme l’enseigne histoire revue et corrigée l’Education nationale.

 

Dernier avatar du négationnisme antinataliste, les chiffres avancés depuis 2006 seraient la confirmation que, décidément, la France aime les bébés et qu’au moins sur ce terrain, le seul donc, il n'y aurait plus à s’inquiéter pour elle. Il y avait déjà eu « l’alouette » de 2000, avec un taux de fécondité dépassant 1,9 puis celle de 2011 avec un quasi retour à l’équilibre, soit 2,0. Mais à partir de cette date, le taux n’a pas cessé de baisser : 1,88 en 2020 et 1,89 en 2021.

 

Plus parlante est la chute de la proportion des jeunes dans la population : les moins de 21 ans sont passés de 31% en 2009 à 21% en 2021 !

Depuis 1972 nous sommes tombés en dessous du seuil du renouvellement des générations au terme d’une baisse de la fécondité du baby-boom amorcée en 1964.

La contribution des immigrés africains à la fécondité est certes très difficile à évaluer car les statistiques officielles ne font que distinguer enfants de femmes natives et enfants de femmes immigrées. Elles ne tiennent pas compte des trois générations de naissances survenues depuis la loi sur le regroupement familial (1974).

Toutefois, une récente étude de l’Insee (juillet 2022), grâce à de savants recoupements de données et de sondages issus de diverses études, fait état du pourcentage des moins de dix-huit ans ayant au moins un grand parent né au Maghreb sur trois générations : 36% dont 73% ont au moins deux grands parents maghrébins.

Pour nos politiques, l’énorme avantage de cette constante désinformation est de leur épargner toute mesure à prendre et toute réflexion solide à entreprendre pour enfin s’attaquer au problème le plus grave de notre société car, quoi qu’on en ait, la dénatalité est péril impossible à nier.

Avant même que de parler d’extinction, inévitable à long terme, nous vivons déjà la conséquence majeure de ce phénomène : le déséquilibre de la pyramide des âges est tel que la question du financement des retraites est devenue insoluble.

On aura beau repousser l’âge du départ en retraite, on aura beau réduire les pensions, que se produira-t-il avec de moins en moins d’actifs pour nourrir et soigner de plus en plus d’inactifs ?

D’aucuns poussent l’arrogance intellectuelle jusqu’à prétendre que la croissance finira par revenir et compensera ce déséquilibre.

Mais quelle croissance ?

Quand on paupérise les jeunes ? Qu’on les décourage de faire des études ?

En dehors d’une poignée d’oligarques et fils d’oligarques, futurs oligarques donc, c’est peu à peu le SMIG qui va s’instaurer pour tous, de bac moins 3 à bac plus 7.

Quand les salariés sont ponctionnés pour régler les pensions des précieux électeurs seniors, surreprésentés électoralement puisque les 0-18 ans ne votent pas ?

Quand ils sont contraints à l’obligation alimentaire pour payer l’ehpad où leurs parents ont été placés ? Quand alors ils s’endettent, plus comme jadis, pour consommer en anticipant de futurs revenus qu’ils espéraient supérieurs. Non, le crédit à la consommation, diaboliquement « revolving », ne sert aujourd’hui qu’à joindre les deux bouts…endettement sans fin qui dépossède les plus modestes de tout, à terme,.

Crevés les réservoirs de la consommation, de la motivation au travail, aux études et à la créativité, d’où bien pourrait-elle venir, cette croissance salvatrice ?

Autre objection fallacieuse : nos jeunes seniors dépenseraient plus que le consommateur moyen d’où un marché qui en remplacerait un autre.

En vérité, hormis une frange de retraités dorés qui voguent de croisière en cure de thalasso, nos anciens sont surtout consommateurs de frais médicaux et pourvoyeurs de leurs enfants, si nombreux à être en situation précaire. Et puis, ces heureux pensionnés, derniers Mohicans de l’Etat Providence, par qui seront-ils relayés demain, un demain très proche ? Leurs enfants seront des retraités aux pensions amaigries, qui n’auront pas été assez bien payés pour se constituer une épargne.

Alors d’où viendra-t-elle cette croissance que des esprits irresponsables imaginent capable de rendre négligeables les effets du vieillissement de la population ?

Pas des enfants de familles nombreuses, de plus en plus rares…à moins que, et voici l'ultime argument des aveuglés volontaires : les enfants des familles issus d’une immigration massive seraient la salut d’une France dont on vante une multi culturalité supposée être notre véritable identité. Fini donc de considérer les immigrés et leur descendance comme une source de problèmes. Et tant pis pour la race européenne. Avec tous les crimes qu’elle a commis au fil des siècles, il serait temps qu’elle disparaisse !

Les masses arabo-musulmanes et noires africaines feront la France de demain, qu'on se le dise. Qu’Hitler se retourne dans sa tombe, que le diable renforce le feu qui le brûle, l’Europe Nouvelle, ce seront eux !

Qu’importe les ethnies et les cultures, ce qui compte c’est que statistiquement l’on puisse encore compter des habitants sur nos territoires. Ainsi pensent nos élites « boboesques ».

Et pourquoi pas après tout ? Les peuples meurent comme les individus.

Les Mayas et les Aztèques ont disparu, il faudra bien que vienne le tour des Européens.

Mais là encore, rien n’est résolu. Les réalités sociales sont têtues.

Avons-nous déjà vu qu’un peuple en remplace un autre en douceur ?

La vérité c’est que l’immigration, en passe d’exploser avec le projet de Macron sur les migrants à régulariser, pose d’épineux problèmes de cohabitation, de contestation de nos valeurs et de notre système juridique.

Notre Etat hypertrophié est strictement incapable d’intégrer ces populations allogènes ; d’ailleurs le mot intégration fut, entre 1955 et 1962, la bête noire des opposants au maintien de l’Algérie dans la République. Curieux, n’est-il pas ? Soustelle, le plus éminent défenseur de l’intégration fut ainsi l’objet d’un quolibet de la part de De Gaulle : « une cervelle de colibri », confiait-il au jeune Peyrefitte, c’est ce qu’il fallait avoir dans le crâne pour croire en l’intégration des Arabes d’Algérie. L’expert mondial des civilisations précolombiennes, chef des services secrets gaullistes durant la guerre, rénovateur de ceux-ci après la guerre, patron du parti gaulliste dans les années cinquante, co-concepteur de la constitution de la Ve République, le futur académicien entré premier rue d’Ulm [1] et reçu pareillement à l’agrégation de philosophie (à vingt ans !) ne pouvait aspirer à meilleur jugement du vieux général, dès lors qu’il persistait à croire en l’intégration des Musulmans au moment où le guide du peuple français[2] décidait de ne plus y croire après qu'il était revenu au pouvoir avec cette idée comme axe central de son discours et de sa proposition politique.

Il faut croire que les Français qu’on savait depuis des lustres être des veaux, sont désormais dirigés par des colibris férus d’intégration. Et que feront ces colibris à mesure que la masse de vagues d’immigrés issus des parties les plus pauvres du monde et les plus éloignées de notre culture, viendra apporter la main d’œuvre et la jeunesse que notre race sera de moins en moins capable de générer ?

Le Camp des Saints, l’ouvrage de Jean Raspail écrit il y a 40 ans, sera un jour estimé comme le sont aujourd’hui ceux de Jules Vernes.

Comment éviterons-nous les camps retranchés, les barouds d’honneur, la violence d’une guerre civile menée par les gens d’en bas, eux pour qui la patrie est le seul bien, comme l’a si bien écrit Camus.

L’aveuglement conduit aux pires désastres. Que l’on se souvienne de Munich et plus tard, de la bienveillance de nos intellectuels bien-pensants à l’égard des régimes communistes de Russie, de Chine, du Cambodge et d’ailleurs.

Sans prise de conscience que le vieillissement de la population, conséquence de la dénatalité et non des progrès de la médecine, est un puits sans fond ; qu’il produit des effets aux contours difficilement calculables tant les interactions en irriguent malicieusement la mécanique, aucune politique digne de ce nom ne se mettra en place. L’on en restera à des Journées de la Famille, à des sommes gaspillées pour financer l’inutile UNAF, à des mesures « rustines » proclamées au détour d'un maigrelet paragraphe du discours de politique générale de chaque nouveau gouvernement. Pour un temps, l'on feindra de croire qu'enfin les familles sont comprises. Et puis, tout continuera comme avant et nos pères et mères de famille, telles les brebis qu’on mène à l’abattoir, ne laisseront de réélire ceux qui les conduisent vers l’abime. A moins que…Nous en reparlerons.

 

 

[1] Rue d’Ulm : nom donné à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, également surnommée l’Ecole.

[2] Traduction de la présentation faite de lui par De Gaulle, en allemand, lors de sa visite à Berlin en 1961. De cette sortie au goût douteux, les adversaires du Général usèrent, pour le dénommer « Le Guide ».


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