Diam’s se voile, Narges se dévoile et Ahmadinejad se prend un râteau
par Allain Jules
vendredi 16 octobre 2009
On ne reviendra pas sur Diam’s car, avant-hier, nous avons longuement disserté sur son cas, malgré les rumeurs persistantes sur son port désormais de la burqa car, pour elle, il semblerait qu’elle ne veut plus que sa photo apparaisse dans les journaux . Info ou intox ? Nous ne savons pas. Néanmoins, une photo circule sur Internet et, qui peut dire que c’est elle qui se cache derrière la burqa ? En revanche, Narges Khalor, elle, donne des insomnies à son père et au régime iranien. Contacté en Iran par l’IRNA (agence officielle iranienne), son père s’est empressé de dire que sa fille était, avec sa mère dont il a divorcé depuis peu, des opposants farouches au Régime de Mahmoud Ahmadinejad.
Craignant pour sa vie, Narges Kalhor la jeune cinéaste iranienne a pris une décision de dernière minute pour demander l’asile politique à l’Allemagne le lundi dernier. Auparavant, elle avait été avertie qu’à son retour, elle pourrait être arrêtée. La projection de son film très critique sur les violations des droits de l’homme du régime a fait mouche. La jeune femme a donné une interview au journal en ligne The Local dont voici l’intégralité.
Pourquoi avez-vous décidé de demander l’asile à l’Allemagne ?
Deux jours après que le festival soit terminé, quelqu’un a appelé l’Iran. Je ne dirai pas qui parce que j’ai très peur pour ma famille, mes amis et ma mère. Ils m’ont dit qu’ils avaient vu eu l’écho du parcours de mon film lors du festival, par Internet, et qu’il serait prudent pour moi, de rester. De rester ici.
Votre père Mehdi Kalhor est l’un des meilleurs conseillers de M. Ahmadinejad chargé des affaires culturelles et des médias. Vous avez dit dans une interview parue sur YouTube lundi, qu’il n’avait pas connaissance de votre film - Avez-vous des divergences politiques ?
Mon père travaille pour le régime et je n’ai eu de contact avec lui depuis environ six mois, date à laquelle il a quitté notre appartement. Ceci est dû à la fois pour des raisons politiques, et des divergences familiales.
Comment ressentez-vous ce qui se passe ?
J’ai vraiment peur pour les miens. Ils ne savaient pas que je venais ici pour un festival dédié aux droits de l’Homme. Je ne leur ai rien dit et aux responsables de l’aéroport en Iran, j’ai dit que je rendais à un atelier à Halle. C’est quelque chose d’irréelle que de penser que je n’irai plus jamais en Iran, surtout quand je pense à ma mère.
Avez-vous anticipé les conséquences ?
Quand j’étais en Iran, je pensais que le festival du film de Nuremberg n’avait une grande portée, que ce n’était pas très connu. Je m’attendais à venir ici pour nouer de nouveaux contacts en vue de mes futurs travaux. Je ne pensais pas que, autour de moi, il y aurait autant de presse. Donc, in fine, je devais prendre une décision, soit repartir et avoir des problèmes avec les autorités en Iran, soit rester. J’ai choisi de rester ici.
Où vivrez-vous en Allemagne ?
Je ne veux pas le dire parce que j’ai peur pour moi.
Où résidez-vous actuellement ?
J’habite dans un foyer pour demandeurs d’asile.
Votre niveau d’allemand est très bon. Combien de temps avez-vous consacré à l’étude de l’allemand et aviez-vous déjà un intérêt lié à la culture allemande ?
J’ai étudié l’allemand pendant quatre ans à l’Institut Goethe en Iran et ici aussi, en Allemagne. Mon film s’inspire d’ailleurs d’une histoire de Kafka . J’aime la littérature allemande.
Que comptez-vous faire en Allemagne ?
J’ai vraiment envie de continuer à faire des films, à dénoncer la situation des problématiques liées aux droits de l’Homme en Iran.
Source : The Local.
Traduction : Allain Jules