Dieudonné - Faurisson ou l’échec médiatique des constructivistes

par alcodu
samedi 10 janvier 2009

Avec l’affaire Dieudonné invitant Faurisson, la classe politique constructiviste qui gouverne notre pays depuis 60 ans vient de connaître l’un de ses échecs les plus cuisants et les plus médiatiques.

Placés devant le problème des thèses révisionnistes qui contestent l’existence des chambres à gaz, les constructivistes ont traité le problème à leur façon en créant un délit de "contestation de crimes contre l’humanité commis au cours de la seconde guerre mondiale". Car lorsqu’un problème se pose ils prétendent toujours le solutionner avec une nouvelle loi.

Malheureusement ce que les constructivistes n’ont pas compris c’est qu’au delà de ses effets immédiats, une loi continue d’agir. Après avoir permis d’empêcher la publication et la diffusion des thèses révisionnistes, l’effet persistant de cette loi au cours du temps fait apparaître les révisionnistes comme ceux qu’on empêche de s’exprimer, donc comme des victimes. Une information que l’on interdit de publier apparaît toujours avoir un fond de vérité, même si elle est aberrante et contredite par d’innombrables témoignages.

En décernant le prix de l’infréquentabilité et de l’insolence à Faurisson, Dieudonné exploite à merveille les failles du système. Il se présente comme le défenseur de la liberté d’expression. Et c’est l’Etat anti-raciste qui apparaît comme fauteur de troubles et qui se fait huer. C’est malheureux, mais c’est la conséquence logique de la méthode employée qui choisit de fouler aux pieds le principe supérieur de la liberté d’expression.

Car les constructivistes (socialistes ou gaullistes) sont ceux qui pensent que la société se modèle à volonté et que l’on peut la piloter comme un véhicule ou la construire comme un bâtiment. Les briques de ce bâtiment ce sont les lois, le ciment c’est l’appareil administratif de l’Etat et des collectivités locales. Dans leur modèle les individus doivent se plier à l’intérêt général défini par une élite gouvernementale élue par le peuple.


Après avoir légiféré sur le niveau de vie, sur le travail, sur la santé, sur le logement, sur la monnaie, les constructivistes ont donc décidé de réglementer une partie de l’Histoire dont ils veulent figer une fois pour toutes le Déroulement Officiel avec les lois Gayssot (contestation de crime contre l’humanité), Taubira (reconnaissance de la traite et de l’esclavage) ainsi que celles tentant d’établir le rôle positif de la colonisation ou la qualification génocidaire des massacres d’arméniens.

Pour saisir comment de telles lois ont pu voir le jour il faut garder à l’esprit que les constructivistes s’efforcent de transformer la société pour qu’elle ressemble au modèle économique et moral qu’ils veulent atteindre.

Pour l’UMP le travail, l’effort, le mérite et sa récompense sont des valeurs privilégiées tandis que pour le PS ce sont l’égalité et la solidarité qui doivent servir de guides suprêmes. Parmi les consensus moraux qui unissent la droite et la gauche, à l’exception de leurs extrêmes, figure le rejet du racisme et de l’antisémitisme. C’est lui qui a servi de modèle moral à la loi Gayssot.

Le résultat est un échec dramatique. Les révisionnistes sortent grands vainqueurs de ce nouvel ordre imposé. Comme leurs théories ne peuvent plus être diffusées, elles acquièrent l’attrait du mystère. Que pouvait-il bien y avoir dans les thèses de Faurisson ? quels étaient ses arguments ? Impossible de le savoir, donc impossible de le contredire.

Les constructivistes ne tirent malheureusement aucune leçon de leurs multiples échecs passés. Leur méthode de gouvernement conduit presque systématiquement à l’effet inverse de celui recherché :

Comment les constructivistes arrivent-ils à se maintenir au pouvoir après autant d’échecs ? c’est tout simplement qu’au lieu de remettre en cause la méthode, ils ont appris à incriminer le modèle : "C’est le modèle de droite qui est injuste" éructe la gauche. "C’est le modèle de gauche qui tue la création de richesse" vocifère la droite.

Au delà de ce constat, il reste que les constructivistes sont bien obligés de corriger leurs erreurs. Ils ont pour cela deux possibilités : abroger les lois contre-productives ou corriger leurs effets pervers avec de nouvelles lois. Inutile de dire que c’est la deuxième méthode, qui recueille de loin leur préférence, même si elle ne fait que retarder la catastrophe finale tout en l’aggravant.

Quelle va être leur réaction dans le cas Dieudonné ? Le parquet de Paris a d’ores et déjà ouvert une "enquête préliminaire". Mais il n’y a strictement rien dans le dossier puisqu’aucun propos contestant des crimes contre l’humanité n’a été tenu sur scène. Les constructivistes vont-ils créer un "délit de présentation en public d’une personne ayant été condamnée pour révisionnisme" ? ou peut-être un "délit d’accolade à un révisionniste", qui sait ?

Dans le cas des lois Gayssot, la droite et la gauche étaient d’accord. Impossible de rejeter la faute sur le parti d’en face. Il sera donc intéressant de voir par quelle pirouette la classe politique au pouvoir va se sortir de cette nouvelle ornière.

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