Droits de succession : comment Nicolas Sarkozy favorise le capital au détriment du travail

par Jacques
vendredi 16 mars 2007

Les droits de succession sont un thème récurrent de la campagne de Nicolas Sarkozy. En tant que ministre de l’Economie, il avait déjà nettement augmenté les abattements, en tant que président il voudrait supprimer cet impôt. A qui cette mesure profiterait-elle réellement ?


Nicolas Sarkozy nous le dit et nous le martèle : "Je veux en outre que 95% des Français soient exonérés des droits de succession. Quand on a travaillé toute sa vie et qu’on a créé un patrimoine, on doit pouvoir le laisser en franchise d’impôt à ses enfants."

Lorsque l’on parle de supprimer les droits de succession, il convient de considérer plusieurs choses :

Maintenant, cet impôt est-il un bon impôt ? Prenons les cas extrêmes.


D’un point de vue de contribuable, je préfère de loin payer des impôts une fois mort que de mon vivant. Je préfère également être moins imposé sur l’argent que je gagne en travaillant que sur celui qui m’est donné parce que je suis tombé dans le bon utérus.
Aujourd’hui, quelqu’un qui gagne 50 000 euros par an pendant cinq ans payera plus de 80 000 euros d’impôts sur les 250 000 euros qu’il aura mérités par son travail.
Un fils unique qui hérite de 250 000 euros de ses parents, aura à payer moins de 30 000 euros d’impôts. Beaucoup moins que pour le fruit de son travail.

Nicolas Sarkozy nous dit : "Quand on a travaillé toute sa vie et qu’on a créé un patrimoine, on doit pouvoir le laisser en franchise d’impôt à ses enfants." Le problème, c’est qu’avec sa proposition, celui qui a travaillé toute sa vie pour créer un patrimoine à transmettre à ses enfants sera imposé tandis que celui qui a hérité d’un patrimoine équivalent à transmettre à ses enfants ne le sera pas, sans aucun mérite de sa part.

Voulons-nous valoriser le travail, ou considérons-nous qu’il est plus important de valoriser le patrimoine acquis par la naissance ?

Supprimer les droits de succession est une excellente méthode pour dévaloriser le travail. Je ne nie pas l’aspect affectif lié à la succession et à la transmission de son patrimoine. Il paraît normal de pouvoir transmettre un patrimoine "raisonnable", mais je crois que les niveaux d’imposition actuels le permettent largement.


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