DSK à la barre
par gruni
dimanche 1er février 2015
DSK, Dodo la saumure, proxénétisme et parties fines dans un hôtel ch'ti sous la pluie. Si vous ajoutez à cela une intrigue pourrie liée au pouvoir, tous les ingrédients sont réunis pour écrire un roman digne de Frédéric Dard. On a même trouvé un commissaire San-Antonio, visage flouté et voix changé, pour dénoncer un éventuel et ignoble complot politico-sexuel qui se serait tramé contre le présumé innocent et libertin ex président du FMI, un homme à qui pourtant la gloire ouvrait grand les bras. DSK, l'acronyme bon plan pour l'univers glauque médiatique, refait la Une pour l'ouverture lundi de son procès pour proxénétisme aggravé commis en réunion. Ils seront 13 autres prévenus dans cette affaire, un chiffre qui porte malheur ou bonheur, ça dépend du tirage.
C'est l'Obs qui ouvre l'orgie des soupçons avec son Berurier de service, Canal +. "Fillon et Sarkozy savaient-ils dès 2010" titre le site avant d'annoncer que la chaîne à péage diffuse lundi une enquête sur cette sulfureuse affaire du Carlton de Lille. "Spécial investigation" révèle que 9 mois d'écoutes administratives auraient été autorisées par Matignon avant l'instruction judiciaire. 9 mois à entendre plaintes et soupirs de fornications collectives, ça peut paraître long, mais c'est si bon qu'on ne voit pas le temps passer. Notons tout de même que le nom de Strauss-Kahn apparaît fortuitement sur les écoutes. DSK ne serait qu'une simple victime collatérale pris au piège de ses impulsions sexuelles, et qui ne serait donc pas visé directement par la dénonciation d'un anonyme un peu voyeur.
Selon la journaliste qui a mené l'enquête, Matignon savait que le futur candidat à la présidentielle 2012 était l'un des jouisseurs de la bande surveillée. C'est un "policier de haut rang", notre San-Antonio, filmé flouté et la voix déformée, qui est le garant de la véracité de l'information et qui confirme qu'une clé USB contenant des écoutes se serait promenée dans les couloirs du premier Ministre. Et si l'obscur Fillon savait, forcément le Président de la République aussi était au courant. Et si Sarkozy détenait un secret capable de faire tomber son principal rival en pleine campagne électorale, comme cet homme est incapable de se taire, peut-être que d'autres savaient également, à gauche comme à droite.
La justice, qui n'interdit pas les relations en groupe, dira si DSK était le roi de la fête ou un simple invité qui ne cherchait pas à savoir si les filles étaient des prostituées ou des amies consentantes de Dodo la saumure. Mais si vraiment l'Elysée connaissait en détail les frasques lilloise de DSK, le maître du château ne pouvait espérer mieux que lui comme adversaire à la présidence. Nous connaissons la suite.
Avant l'ouverture de ce procès hors norme, j'ai une pensée émue pour ce pauvre Dodo la saumure qui tremble à l'idée que Dominique Strauss-Kahn "ternisse sa réputation". Le brave papy Belge qui pour défendre son honneur bafouée disait, "Des gens aimant le sexe, les parties fines, ont recruté parmi les filles qui sont indépendantes, en dehors de leurs heures de travail. Ces filles se sont rendues dans des endroits tout à fait consentantes. Mon rôle est mineur comme tout patron de maison close sur la Belgique".
On lui donnerait presque le bon dieu sans confession.