Du passé ne faisons pas toujours table rase !

par CHALOT
vendredi 10 février 2023

Je suis né et j'ai passé toute mon enfance à Blandy les Tours, notre terrain de jeux à nous les enfants, c'était le château que vous voyez couvert de lierre. Aujourd'hui, il est comme neuf, rénové et les élèves d'aujourd'hui ne l'ont plus à eux....Ainsi va la vie !

Je suis né et j'ai vécu toute mon enfance dans un petit village de la Brie, à Blandy-les- Tours, bourg de 600 « âmes » et quelques, construit autour d'un vieux château fort.

Mon père, Julien Chalot était le maître Jacques, il était instituteur, chargé d'école, secrétaire de mairie, écrivain public et l'un des animateurs de la vie communale.

Arrivé en septembre 1946, il est resté à Blandy jusqu à la fin des années 60.

S'il est parti en 69-70 pour terminer sa carrière en ville, il est resté secrétaire de Mairie, tant il était

attaché au village et surtout aux gens.

Le château était vieux, très vieux, il y avait des trous dans la muraille et beaucoup de lierre mais il était nôtre.

A la sortie de la classe, on jouait aux billes autour des platanes magnifiques et nos récréations, dès le printemps se déroulaient devant le château.

Les enfants étaient élevés ou redressés par tout le village et personne n'avait rien à y redire.

Dès que l'un d'entre nous faisait une bêtise, il y avait toujours une grande personne pour le remettre sur le bon chemin. Nos parents étaient alors avertis et c'était la remontrance et la correction à la maison.

Ce n'était pas drôle, mais rien par rapport à notre liberté de gamins pouvant tous les jeudis- jour sans classe-partir jouer aux cow boys et aux indiens dans la marnière d''à côté.

Je rappelle à mes petits enfants sans trop ragoter que nous n'avions pas de smart phones mais qu'est-ce qu'on s'amusait.

La solidarité était une valeur enseignée en classe mais en plein exercice dans la commune : il y avait quelques personnes dans le village qui semblaient avoir perdu leurs repères. Ils sont restés au village et les autres villageois veillaient sur eux... C'était comme ça !

 

J'ai entendu parler d'un village de France qui a refusé collectivement en 2023 l'arrivée de nombreux migrants !

Je suis certain que ce n'est pas le racisme qui a saisi les habitants mais la peur d'être « submergés ».

Je crois beaucoup à la pédagogie et à l'écoute.

A Blandy les Tours,des espagnols, des portugais et des polonais se sont installés....Ils étaient en nombre réduit et peu à peu ils sont devenus des blandinois.

Un des enfants, petit ex polonais, devenu français est devenu médecin.

Quelle fierté pour Blandy et quel respect pour les parents qui tous les deux travaillaient d'arrache -pied même le dimanche pour que leurs deux fils réussissent.

Je pense qu'avait du tact, de la pédagogie et de la mesure il est possible que de nouvelles populations s'installent dans nos villages.

C'est une chance pour l'inclusion de toutes et de tous.

Pareil avec les logements sociaux.

Pourquoi ne pas bâtir des logements sociaux, sous la forme de pavillons et de les disséminer dans les villages de la Brie et d'ailleurs....Je pense à quelques unités, pas plus.

Des villages de la Brie s'y sont mis et aucun problème n'a surgi.

Revenons à ce château qui a été revendu il y a maintenant plusieurs dizaines d'années au Conseil Général pour 1 franc symbolique.

Le Conseil Général de Seine Marne a investi beaucoup, il n'y a plus de platanes, le château restauré est « flambant neuf », on ne le reconnaît plus et les enfants ne vont plus y jouer comme avant.

Ah s'ils savaient tout ce qu'on y a fait : des tournois de chevaliers, des batailles de boules de neige...

Ah qu'il était beau notre vieux château !

L'instituteur, chargé d'école organisait chaque année de nombreux événements comme la fête des écoles, le voyage scolaire et les cérémonies du souvenir.

Tout le monde participait à ces rendez-vous !

Les mamans cousaient les costumes sous la direction de la femme de l'instituteur.

Tout se passait au Saint Éloi, café possédant une grande salle : les spectacles et les repas.

En ce temps là, il n'y avait pas ou très peu de salles municipales. L'école et la Municipalité utilisait une grande salle de café où se déroulaient les fêtes scolaires et autres. On se serrait tous mais on y était tellement bien.

Nous n'avions pas dans les années 60 de télévisions dans tous les foyers.

La première fut installée dans la salle de la grande classe et le soir dans la semaine des familles venaient regarder en noir et blanc un film ou une émission de variétés. C'était fabuleux !

Je rêve d'une journée retrouvailles où l'on échange entre nous et au cours de laquelle nous ferions une balle aux prisonniers, pour rire.

 

Jean François Chalot

 


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