Dur, dur, d’être de gauche !
par siatom
vendredi 25 septembre 2015
Dans une célèbre chanson à texte qui fit la fortune momentanée de ses parents au début des années 90, Jordy évoquait la dureté de cette période difficile qu’est la ‘’bébétude’’ avec ses contraintes et ses règles imposées par des parents trop conformistes.
Mais que l’on se rassure, l’enfance, l’adolescence, ne sont que des états passagers, éphémères avant de devenir des adultes responsables, humanistes, progressistes, en un mot, des adultes de gauche.
Hélas, si l’on en croit la formule célèbre dont on ne connait pas avec certitude l’auteur « A 20 ans, si t'es pas de gauche, c'est que t'as pas de cœur, à 40 ans si t’es encore de gauche, c’est que t’as pas de cerveau » on se rend facilement compte que ce n’est pas une sinécure que de rester fidèle à ses idées.
Car cette maxime péremptoire suggère que d’une ‘’bébétude ‘’ s’apparentant à la torpeur du nourrisson après la tétée nous serions à la quarantaine plongée dans une hébétude qui caractérise l’engourdissement des facultés intellectuelles.
Nous nous inscrivons en faux contre cette dernière affirmation car contrairement à ce qu’elle laisse croire, être de gauche et le rester, implique des sacrifices et des efforts constants pour lutter contre nos penchants naturellement égoïstes, il est donc évidemment plus tentant et surtout moins fatigant de suivre ses mauvais instincts et d’être de droite.
A moins de se contenter de la sommaire définition livrée récemment par Najat Vallaud Belkacem au magazine GQ en juin dernier, être de gauche « c’est parler exactement de la même façon à un chef d'entreprise du CAC 40 et à un chauffeur de taxi,avec le même respect, en étant tout autant intéressé par ce que l'autre a à lui dire » Ça, c’est la version facile, à minima, à la portée d’une feignasse de droite ayant un minimum de savoir-vivre et conservé son surmoi de gauche acquis quand il était acnéique.
La vérité est toute autre, bien plus exigeante, comme en témoigne la déprime qui assaille les responsables du PS, à l’approche des régionales, Cambadélis en a ras le front républicain, Aubry, ras le bol de Macron, les frondeurs, ras la casquette de la politique Valsienne, Hollande en a sa claque des sondages qui l’envoient régulièrement dans les profondeurs de la croute terrestre tandis que la ‘’vraie gauche’’ ne supporte plus les récentes déclarations d’Onfray sur les migrants qui continue, lui, car il tient comme à la prunelle de ses yeux à ce label, à se prétendre de gauche.
Il y a donc une vraie et une simili gauche qui se combattent pour obtenir l’exclusivité de l’appellation ‘’peuple de gauche d’origine contrôlée’’ et Marx lui-même aurait du mal à reconnaitre les siens dans ce foutoir senestre et sinistre à la fois où se côtoient dans un grand écart périlleux pour les adducteurs neuronaux Emmanuel Macron et Gérard Filoche.
Alors que nous nous efforcions sans grand succès à décrypter ce qu’est l’ADN de gauche, le salut est venu d’une couverture d’un hebdomadaire qui titrait ‘’ Régis Debray achève la gauche’’. C’est l’ancien guérillero guévariste qui sans doute par empathie compassionnelle lui donne le coup de grâce pour abréger ses souffrances « Une gauche ton sur ton , qui ne tranche en rien, sauf sur le cannabis et le mariage pour tous, n’a plus de raison d’être. »
Être ou ne pas être "de gauche" ? Telle est la question shakespearienne qui taraude désormais les ‘’Hamlet’’ habitants de la planète socialiste.