Ecole : les filles meilleures que les garçons en tout

par hommelibre
lundi 9 juillet 2012

Une étude anglaise révèle que les résultats scolaires des filles sont meilleurs que ceux des garçons dans quasiment toutes les branches. En particulier dans celles qui mènent à des professions habituellement dirigées par des hommes.

Le fossé se creuse dès l’âge de 5 ans et s’agrandit jusqu’à 16 ans. Ainsi 62% de filles obtiennent de bons résultats contre 55% de garçons au premier diplôme accessible. La différence peut sembler faible (7%) mais il s’agit de branches où antérieurement les garçons excellaient. L’étude montre aussi qu’à 16 ans il y a deux fois plus d’échec chez les garçons que chez les filles. Lesquelles ont de meilleurs résultats y compris dans les filières technologiques.

Dans le domaine particulier de la lecture les garçons sont à la traîne. Pour 20% d’entre eux lire est un passe-temps féminin ou ennuyeux. Curieuses raisons. Car lire c’est aussi comprendre les énoncés d’histoire et de science et former sa pensée.

Les femmes, même meilleures aux études et plus diplômées que les hommes, choisissent en majorité des métiers moins bien payés, avec moins de responsabilités et une hiérarchie moins marquée : paramédical, enseignement, par exemple. Elles sont moins nombreuses à vouloir des postes proches du sommet de la pyramide des salaires et de pouvoir. Cela se vérifie également en France :



« En France, où la réussite des filles à tous les étages du système scolaire est tout aussi incontestable (les filles sont en tête pour l’obtention du bac général, de la licence, et des masters, elles essuient moins de redoublement, etc.), le problème n’en reste pas moins qu’elles choisissent moins les filières scientifiques, puis les masters promettant à des emplois mieux rémunérés et plus à responsabilité. »

Ce choix est-il la conséquence d’une dévalorisation des femmes dans le travail ? A l’heure actuelle cette thèse semble difficile à soutenir. Leurs qualités professionnelles ne sont pas mises en doute. La présence de femmes à la têtes d’entreprises parfois très importantes devrait stimuler les étudiantes fraîchement sorties des études à viser le sommet de la pyramide. Ce n’est pas le cas. Ont-elles une affinité particulière, liée à leur sexe, pour les métiers d’aide et d’écoute ? La maternité les a historiquement placées en première ligne des soins et de l’éducation des humains. Faudrait-il les forcer à choisir des métiers d’argent et de pouvoir si elles ne le souhaitent pas ? Nombre d’entre elles ont fait le choix des métiers d’argent et de pouvoir, et y ont réussi. Celles qui ne font pas ce choix ont donc possiblement d’autres motivations.

Le niveau d’étude et les résultats scolaires ne sont donc pas proportionnels au métier choisi et à sa rentabilité financière. Une parenthèse ici, à propos de ce que l’on nomme l’inégalité des salaires, qui est directement liée au constat produit dans cette étude. Elle est essentiellement due à deux raisons. D’une part, comme indiqué dans l’étude, le choix du métier, et d’autre part le choix du travail à temps partiel, plus fréquent chez les femmes. La différence qui est parfois citée dans les médias est la différence globale entre tous les métiers mais pas à l’intérieur des mêmes métiers dans la même entreprise. « A travail égal, salaire égal » est un slogan trompeur car ce n’est pas là la question. De plus, nombre d’hommes exercent des métiers qui ne sont ni d’argent ni de pouvoir : paramédical, construction, par exemple. Ce n'est donc pas spécifiquement féminin.

Pourquoi les garçons sont-ils distancés dans les résultats scolaires ? Qu’est-ce qui se joue à leur niveau ? L’école est-elle aujourd’hui mieux adaptée aux filles ? Ont-elles des qualités que les garçons possèdent moins ? Y a-t-il une psychologie masculine particulière liée à la représentation sociale qu’ils ont d’eux-mêmes ? L’abaissement du masculin et la survalorisation du féminin dans notre société sont-ils en cause ? Autant de question ouvertes. Le désir d’excellence dont il était question hier, si important pour la réussite individuelle et celle de la société entière, n’est-il plus assez valorisé chez les garçons ?

Concernant la lecture, le déficit est à mon avis un vrai problème. Les Etats du monde entier devraient lancer une grande campagne de soutien à lecture dans tous les pays du monde et à tous les âges. Lire, c’est ouvrir la pensée à de nouvelles notions, développer ses propres capacités intellectuelles, c’est améliorer sa pratique de la langue.

Devant la désaffectation de la lecture et les affaiblissement de la langue et de la pensée : langage sms, épicène, bande dessinée, importance grandissante de l’image, entre autres, l’Unesco et les Etats devraient faire de la lecture une cause mondiale avec une décennie de campagne. J’ai quelques idées à ce sujet et j’y reviendrai ultérieurement.


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