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Embastiller les opposants ?

Embastiller les opposants ?

par Jules Seyes
mardi 18 novembre 2025

La France possède une tradition de ces procès qui démontrent que dans notre beau pays, l’embastillement sur demande du pouvoir reste une tradition bien vivace.

Des templiers au procès du Duc D’Enghien, les cours surent faire la preuve de leurs talents pour embastiller, brûler, exécuter ceux que le droit aurait dû protéger. L’affaire Zola, constituait un autre de ces exemples où la condamnation fut recherchée par des moyens infâmes pour obtenir la condamnation voulue par le gouvernement.

En ce sens, l’affaire Brigitte partage avec ce dernier procès ses sombres motivations : une justice au service de l’injustice et de l’embastillement des citoyens français. À l’époque, il fallait maintenir Dreyfus à l’île du Diable, désormais, il faut envoyer dix citoyens français derrière les barreaux. Nous rappellerons que Madame Macron n’a aucun droit moral à demander cet embastillement avant d’évaluer les moyens utilisés pour imposer le résultat voulu avant d’évaluer le cadre général où le pouvoir multiplie les narratifs de peur pour implanter une politique de répression de tout propos contradictoire avec les affirmations du pouvoir.

 

Selon la thèse officielle, victime du cyberharcèlement, la personne qui vit avec notre président vivrait fort mal les polémiques qui l’accusent d’être un homme. Elle aurait donc mobilisé la force publique de son mal être pour obtenir une mesure pénale contre une dizaine d’internautes coupables d’un poignée de tweet dans une affaire où des dizaines de millions de personnes ont tweeté et retweeté cette affaire. Mal gérée par le couple présidentiel, la rumeur croit sans cesse depuis des années. Il fallait soit la mépriser, soit produire vite et bien des preuves pour la tuer dans l’œuf. Au contraire, la communication heurtée de nos dirigeants la fit prospérer.

Commençons par rappeler la base : loin, concerner une éventuelle Ginette d’Hénin-Beaumont qui subira le harcèlement des réseaux sociaux sans disposer d’autre moyen de se défendre que le recours à la justice. Nous parlons ici de la personne qui se prétend l’épouse de notre président dont les interventions dans les vingt heures anéantissent les audiences, tant les Français en ont assez de sa creuse incompétence. Elle possède les moyens de se faire entendre dans les médias ! La fameuse Mimi Marchandi, papesse de la communication à Paris, est son amie.

Constatons qu’elle en a fort mal usé ! Si, pour un sujet manifestement important pour eux, les macrons en sont réduits à recourir à la force publique, l’effondrement de notre diplomatie dans le monde s’explique par l’incompétence !

Cette affaire fut donc initiée par une personne qui possédait d’autres canaux et moyens de répondre et qui choisit de recourir aux armes du pénal. Dans tout pays normal, la justice lui aurait opposé les principes du droit : nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes. En acceptant de participer médiatiquement à la campagne d’Emmanuel Macron, madame Macron Trogneux s’est délibérément exposée à de telles rumeurs, il lui revient de les gérer seule sans déranger la force publique qui a autre chose à faire.

Hélas, nous sommes en France. Au lieu d’être un pouvoir, la justice est une autorité où les carrières sont soumises au bon vouloir du prince. Historiquement, l’institution judiciaire française s’est donc toujours comportée en auxiliaire zélée du pouvoir.

Dix Français, coupables de retweet, ont donc été raflés. La diffamation eux exigé de prouver que ces personnes sont coupables d’avoir créé des informations dans un but de nuisance, la simple idée était risible. La nouvelle loi sur le cyberharcèlement, vendue pour protéger des adolescents exposés, fut donc convoquée. Devons-nous dresser le parallèle entre un adolescent fragile, contraint d’aller tous les jours à l’école, ce qui l’expose à ses bourreaux avec une personne qui se fait inviter au journal TV ?

Inutile n’est-ce pas, la comparaison serait ridicule au vu de la disproportion des moyens et des ressources. Qu’importe, on se référera au texte de la loi pour ignorer ce déséquilibre. À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, oui, mais on triomphe et la Macronie manque de victoire ces derniers temps. Un texte dont l’esprit avait été prévu pour compenser une inégalité est mis en œuvre de manière à au contraire peser sur des détenus modestes grâce à un plaignant issu du pouvoir qui dispose des relais nécessaires dans les médias (il suffit d’observer la couverture médiatique) et par le truchement du président dans la magistrature.

Certes, le droit l’autorise, il a été créé pour cela. Pour permettre à des gamins pris dans une pression insupportable de s’abstraire des difficultés de la loi sur la presse difficile à gérer pour des familles d’enfants harcelés. Là où chaque post ou tweet était évalué séparément, la loi permettait de juger de l’effet de meute. Certes et, encore une fois qu’une dizaine de gamins se liguent constitue effectivement un harcèlement particulièrement difficile à réprimer. Seulement, une personne qui a choisi de participer à une campagne de plusieurs milliers d’articles va forcément générer un effet de meute apparent. Des millions de personnes subissent les interventions médiatiques de madame Macron, si une personne sur cent mille répond avec agacement, nous avons là une meute. Par exemple, les dix Français conduits devant le tribunal.

Si madame Macron ne pouvait pas supporter des rumeurs qui sont, pardonnez-moi de le dire, assez classiques, il ne fallait pas participer. Seulement, pouvait-elle ne pas participer ? Refuser la gloire médiatique, les avantages d’un secrétariat payé par nos impôts, les sorties et les avantages en nature ? Le prix est d’effectivement accepter de vivre avec des propos d’opposants. Ceux-ci peuvent ne pas grandir leurs auteurs, mais ils existent. Madame De Gaulle reçut ainsi le surnom de Tante Yvonne en raison de son image de mère, la morale et la critique ne pouvant l’attaquer sur ses mœurs sexuelles lui est tombée dessus en raison d’un supposé manque de modernité.

L’imagine-t-on porter plainte pour cyberharcèlement ? Non, mais vous me direz, elle savait garder son calme lors de l’attentat du petit Clamart et personne n’a jamais trouvé d’intervention de sa part dans l’affaire. Inutile de pousser la métaphore.
On reconnaît là les méthodes de la Macronie : abuser des moyens du pouvoir dont leur propre déchéance morale devrait les rendre indignes.

 

Malgré l’indignité, la justice enquête, des policiers sont mobilisés. Je rappelle que nous manquons de forces de police pour protéger nos musées, mais pas pour les poules de Madame Braun Pivet ou les enquêtes pour protéger et investiguer les plaintes de madame Macron.

Les prévenus seront suivis pendant des mois pour connaître le moindre de leurs mouvements, comme quoi on trouve des moyens lorsque le désir existe.

Xavier Poussard a bénéficié de commissions rogatoires en Italie. Désormais, nous avons l'arrestation de citoyens mis en garde à vue dans le cadre des tweets. Le poids de l’état pèse sur les "coupables" de la lèse-majesté.

Il semblerait d’ailleurs que les promotions pleuvent sur ceux ayant participé à cette affaire :
 

- Marion Adam, responsable de l’enquête au parquet de Paris, a été promue à la Cour de cassation après son rôle dans l’affaireii.

- Aline Olié, qui a supervisé Adam et avait auparavant travaillé en étroite collaboration avec Brigitte Macron, a été exceptionnellement promue à la tête du tribunal de Fort-de-Franceiii.

- Grégory Weill, impliqué dans l’affaire Mila et connu pour avoir importé des théories de la Ligue anti-diffamation dans la Plateforme nationale de lutte contre la haine en ligne (PNLH), a été promu à la tête de la section P20 du parquet de Parisiv.

- Patrice Faure, directeur de cabinet de l’Élysée et superviseur du commandement militaire dans la procédure selon *Le Monde*, a été promu préfet de police de Paris la semaine précédentev.

Les promotions peuvent être vérifiées, pas le rôle, bien sûr, mais les fonctions occupées crédibilisent l’accusation. Si l’analyse est avérée, la lettre de cachet coûte cher au contribuable.

 

Dans cette affaire, pas de procureur pour classer sans suite, alors que souvent la justice a refusé de poursuivre les attaques contre les hommes politiques au nom de la liberté d’expression. Certains apprécieraient sans doute de bénéficier d’une telle bienveillance, par exemple.

Là encore, selon que vous serez puissants ou misérables, les jugements de cours vous rendront blanc ou noir. Les institutions judiciaires françaises restent à la hauteur d’une histoire qui a condamné les templiers, Fouquet, Dreyfus et Zola, bon sang ne saurait mentir.

Le procès semble d’ailleurs s’orienter vers l’évitement de menues questions, comme l’âge de madame Trogneux et de l’élève Emmanuel Macron lors de leur rencontre. Celles-ci posant la question d’une éventuelle accusation de pédophilie par adulte ayant autorité, la justice concentrera fort aimablement les débats sur la question selon laquelle B. Macron serait un homme.

Bravo, la partie la moins intéressante, la moins pertinente du débat, la plus propre à ridiculiser les accusés.

 

Soyons clairs, il ne s’agit pas d’une erreur, mais d’une stratégie délibérée. L’objectif n’est pas la condamnation, le macroniste se moque de ce qui arrive aux sans dents, mais, selon toute probabilité de propager le narratif pour justifier la mise en place de nouvelles règles destinées à brider l’expression individuelle sur les réseaux sociaux. Les moyens mis en place sont à la hauteur de cet enjeu, vital pour un pouvoir aux abois qui voit dans la censure son ultime moyen de perdurer.

Tel est l’enjeu, notre président a convoqué dans le même temps deux cents experts pour organiser la répression. Les moyens de l’état sont alors mis en place pour préparer le rouleau compresseur destiné à installer le décor de l’élection à venir de 2027.

 

iQui est Mimi Marchand, papesse de la presse people et proche du couple Macron, soupçonnée d’avoir extorqué Karine Le Marchand ? - ladepeche.fr

iiMarion Adam | Cour de cassation

iiiAline Olié, présidente du tribunal judiciaire et Yann Le Bris, procureur de la République, installés au sein de la juridiction
On rappelle que les tribunaux dans les DOM TOM sont associès à de sérieux avantages.

ivLumière sur Grégory Weill, organisateur des procès-spectacles des affaires Mila et Berdah sur commande de Marlène Schiappa puis de l'Elysée

vPatrice Faure — Wikipédia

 


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