Epstein : la nécessité d’un tribunal international
par Jean-Paul Foscarvel
lundi 16 février 2026
Suite à l'affaire Epstein, l’horreur de ce système est désormais évidente, au grand jour, patente. L’Occident est gangrené par l’hybris de ses oligarques, et sa pourriture est désormais sue et vue par le monde entier. Ces gens doivent être condamnés par un tribunal international de type Cour Internationale de Justice, étant donné l’ampleur et la gravité des crimes, le caractère international des victimes et des bourreaux et la protection que ces derniers trouvent dans les institutions nationales.
L’affaire Epstein est révélatrice de jusqu’où peut aller le libéralisme. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Elle révèle le fonctionnement de l'oligarchie, non pas des travers d'une partie de l'élite, mais son fonctionnement "ontologique".
L'élite (fonctionnelle, ni intellectuelle, encore moins morale), a changé au cours de ce siècle et le précédant, passant de l'attitude austère des maîtres de forge et des capitalistes à base surtout protestante qui voulaient créer un monde entre eux et les prolétaires, par la distinction, à un comportement où la recherche du bonheur et de plaisir à tout prix est devenu la norme. L’interdit d’interdire de 1968 est passé par là. Car s’il est interdit d’interdire, il est également interdit de protéger le faible contre le fort. La civilisation s’arrête là.
Optimiser les plaisirs et les profits sans entrevoir les conséquences, voir en l'autre, non l'être humain avec ses droits, mais l'utilité que l'on peut en tirer, jusqu'à le traiter comme un objet, ne plus reconnaître en l'autre sa condition humaine.
L’idéologie capitaliste utilise l’optimum de Pareto pour justifier les contraintes qu’elle impose sur la société au nom du libéralisme. Un libéralisme, soit dit en passant, qui impose ses propres choix sans se soucier le moins du monde des libres choix des peuples.
L’optimum de Pareto est celui pour lequel le surplus de bonheur de quelqu’un a pour conséquence la baisse d’un autre, ce qui justifie, aux yeux des libéraux, la privatisation de tout. Mais la perte de bonheur inhérente à cette privatisation n’est pas prise en compte.
Car l’augmentation inhérente des tarifs et la perte de notion de service public sont des conséquences qui privent les usagers de services auxquels ils avaient droit.
Que se cache-t-il donc derrière cette omission ? Ce qu’il est important d’optimiser, ce n’est pas le bonheur de la population en général, mais celui de l’oligarchie. La privatisation augmente ses capacité de bonheur.
Le droit au bonheur sans limite d’une infime partie de la population, l’oligarchie, justifie la souffrance du reste de la population. C’est appliqué sans vergogne à l’économie. C’est bien Macron qui disait que dans les gares, il y avait des créateurs de startup et des gens qui ne sont rien. Ceux-ci n’ont alors aucun droit.
Epstein a simplement projeté dans la sphère privée les dogmes du libéralisme dans la sphère publique.
Le droit au bonheur sans limite d’une cohorte de pervers multimilliardaires justifie la souffrance sans borne, voir la mort, de quidam pris au hasard dans la population, si possible sans famille et originaires de l’Est, car vivent là-bas des contre-hommes.
Quant au côté sordide de l’affaire Epstein, nous sommes dirigés par une « oligarchie jouissive ». Son but est le bonheur à tout prix, donc la jouissance à tout prix. Une phrase clef de Jean Laplanche, psychanalyste est : « la jouissance à tout prix est le travail sans fin de la pulsion de mort ».
Ils n’ont pas de limite et considèrent l’autre non comme un alter ego, mais, comme le dirait Heidegger, comme un « util », comme un outil de leur jouissance.
Ceci est vrai pour les mineures qu’ils violent, voire assassinent, mais aussi pour les populations qu’ils détruisent, c’est-à-dire nous-mêmes.
Ce sont les mêmes qui violent des enfants et qui veulent imposer une économie de la destruction. Epstein avait d'ailleurs des idées "avancées" sur l'économie du monde.
Il s'agit d'un global-capitalisme de même obédience que le national-socialisme. Ils ont "simplement" remplacé les camps de concentration par des camps de prostitution.
Ce sont des "pancriminels", ils sont criminels dans tout ce qu'ils touchent, leur hybris n'a pas de limite, et celui qui est cité dans cette affaire, quoiqu'il ait commis, quels que soient ses crimes, dira "Ah ? Oh non, je ne savais pas, ou si peu". Mais comme ils ont tous les pouvoirs, ils resteront impunis, jusqu'au jour où la population, leur victime fondamentale, réagira.
Ce n'est pas par hasard si Elon Musk et Bill Gates sont cités. Ce sont des piliers du nouveau capitalisme immatériel, et n'ont aucune raison d'avoir quelque limite que ce soit.
Il faut bien se rappeler que l’un des premiers pays qui a appliqué quasiment à la lettre l’idéologie de l’école de Chicago avec notamment Milton Friedman était le Chili, sous Pinochet. Le libre droit au bonheur des latifundistes justifiait amplement le coup d’État, le meurtre d’un Président légitime, Salvador Allendé, et la torture et l’assassinat des opposants.
Ils sont allés jusqu’au bout au niveau anti-social, et continuent encore aujourd’hui avec l’enlèvement d’un Président en fonction, Nicolas Maduro, ils vont jusqu’au bout au niveau privé, avec l’ouverture de camps de prostitution.
La jouissance à tout prix dans le côté privé a pour pendant les profits à tout prix dans le côté social, c’est-à-dire économique.
Mais le profit à tout prix se solde par la dialectique de son effondrement via la croissance des coûts dans l’immatériel. D’une part, l’énergie, d’autre pas les matériaux dont les sources se tarissent. C’est la raison pour laquelle le turbo-capitalisme immatériel devient le militaro-capitalisme, basé non plus sur les technologies aux profits désormais incertains, mais sur la guerre, permettant des ponctions du budget au profit des capitalistes grégaires.
Le CMI (Complexe Militaro-Industriel) passe alors de support nécessaire du turbo-capitalisme à la base même du militaro-capitalisme. Le but étant toujours le même, l’optimisation des profits.
En ce sens, il n’est pas surprenant qu’ils aient voulu, suite à l’échec de la pandémie, qui finalement causé trop peu de morts, une guerre atomique, nous dans les radiations, eux dans les bunkers sécurisés.
Mais c’est fini, ce n’est plus possible.
Avec les missiles hypersoniques, par exemple « Oreshnik », leurs bunkers ne servent plus à rien. Ils se retrouvent comme les seigneurs du moyen âge dans leurs châteaux désormais inutiles face aux canons.
Pavel Douguine va jusqu’à dénoncer un système de recrutement des élites politiques. La participation aux activités d’Epstein constitue un billet d’entrée à l’élite, comme le bizutage des Grandes Écoles françaises. Être capable de violer, torturer, assassiner avant de pouvoir « en être ».
Il s’agit à la fois de s’assurer que les « young leaders » seront capables de faire n’importe quoi et de commettre les pires crimes, mais aussi d’avoir des enregistrements compromettants qui seront ressortis en cas de non-respect des consignes.
Aux États-Unis, c’est le système dans son ensemble qui est gangrené. Les démocrates avec Bill Clinton comme les républicains avec Trump.
Au Royaume uni, la couronne est directement impliquée ainsi le Premier ministre.
En France, le pays servait de plaque tournante en Europe et les élites de gauche et de droite sont impliquées.
Tous ceux qui dans ces pays ont au du pouvoir sont passés d’une façon ou d’une autre par le réseau Epstein.
Tous ces gens-là doivent être jugés et si leurs crimes sont avérés, condamnés fermement, avec inéligibilité permanente.
Le cas des intellectuels compromis par le réseau Epstein montre à quel point le système utilisait également ce réseau pour pervertir ses opposants, lorsqu’une faille apparaissait. Enrichir l’opposant jusqu’à ce qu’il se considère « en être » et l’inviter dans les réseaux pour le compromettre, en offrant une aide qui est en réalité un piège fatal. Une fois tombé dans le piège, il est foutu. Mais bien entendu, ce sont des personnes fragiles économiquement, mentalement ou psychologiquement, qui ne font pas la distinction entre l’offre d’aide et ce qui est derrière, entre le bien et le mal, entre le fantasme et sa réalisation, entre un désir interdit et son franchissement, qui en sont à la fois victimes, mais aussi bourreaux. Ils sont victimes du piège qui se referme sur eux, mais bourreaux dans le réseau. Ce sont des personnages sans éthique. Même si ce furent des opposants qui nous ont appris les méfaits du système, même si ce furent des artistes géniaux, ils doivent comme tout citoyen répondre de leurs actes. Le cinéaste d’origine polonaise Roman Polanski s’était réfugié en France pour éviter la justice de son pays, mais même si ces films sont géniaux, il n’avait pas à être protégé de quelque crime que ce soit car appartenant, par exemple, à l’académie des beaux-arts. Comme le dit un académicien « nous avons l’esprit de corps ». Lorsque cet esprit passe par le corps d’adolescentes mineures et violées, cet esprit est une complicité de crime. Dans tous les cas, la lumière sans censure sur les faits et les actes réellement accomplis est indispensable.
Ces élites occidentales sont des pancriminels non pas dans un contexte de déviance, mais dans un contexte systémique. C’est le fait d’être pancriminel qui leur permet de faire partie de l’élite. Comme dans une entreprise où on teste le futur dirigeant en le mettant dans une situation où il doit accepter un ordre de déclassement, ou de brimade d’un collègue, si possible proche. Sa capacité d’accepter une carrière au détriment de n’importe quel collègue sera un gage de soumission et de transmission des ordres les plus infondés. Sauf qu’ici on est à un autre niveau, et qu’il s’agit de viol de mineurs et de meurtres. Il ne s’agit pas de devenir chef d’une unité ou d’un département, mais chef d’un État ou d’une mégastructure du capitalisme international. On peut parler d’élites occi-dentales, qui sont capables d’occire n’importe qui, y compris l’humanité elle-même par la destruction atomique si leurs intérêts l’exigent. Ils auront leurs bunkers prêts. Sauf que leur utilité même est en train de s’effondrer. D’où leur panique.
Pour se dédouaner de ses forfaitures, Trump risque d’attaquer l’Iran, sous la férule de Netanyaou, également poursuivi par la justice dans son pays. Les dirigeants cachent leurs forfaits sous d’autres forfaits, leurs vilenies sous d’autres vilenies, leurs crimes sous d’autres crimes. La population en est la cible profonde, mais reste muette face au sort qui l’attend et à l’effondrement éthique visible au grand jour de ses dirigeants.
Quel être humain un tant soit peu responsable peut supporter d’être dirigé par des pervers choisis comme tel par le système lui-même ? Comment ne pas y voir la chute de la démocratie et son remplacement par le fascisme, car ce sont des méthodes fascistes que le refus de la dignité d’autrui, y compris et peut-être surtout mineur, jusqu’à son viol et son assassinat. Nos dirigeants ainsi mis à l’épreuve et choisis pour aller jusqu’au bout rejoignent l’indignité fondamentale des dirigeants nazis, ou celle des dirigeants les plus barbares que l’humanité ait connus, Calligula, les Borgias, Gilles de Ray. Comment peut-on dire que l’Occident a des valeurs démocratiques alors que c’est devenu une barbarie, agressant des États souverains, engendrant la faillite de régions entières du monde, fomentant de fausses révolutions téléguidées, assassinant ou kidnappant des chefs d’États dans l’exercice de leurs fonctions, censurant l’information interne et surveillant systématiquement leurs propres populations ?
La pourriture est dans la tête même de nos structures étatiques et institutionnelles, y compris et surtout l’appareil médiatique qui appartient à ceux qui sont ainsi choisi par le système. La boucle est bouclée et nous nous retrouvons dans un ruban de Möbius diabolique où ceux qui assurent la dignité des hautes fonctions sont eux-mêmes choisi par ceux qui les testent en leur faisant commettre des forfaitures où la dignité humaine est niée à l’autre.
Plus rien ne tient et les piliers institutionnels, les fondements des États, sont ébranlés, fissurés, indignes de confiance. Ceux même qui assurent le respect des lois humaines ont des activités, non seulement illégales, mais monstrueuses, barbares, inhumaines. Alors, pour cacher ces fissures, cet ébranlement, cet effondrement, ils se protègent en déclarant des guerres, afin d’étendre finalement la barbarie de telle sorte qu’elle finisse par devenir normale. Les faibles seront vaincus et seule restera la force brute comme seul argument de droit. Puisque les faibles, c’est-à-dire les populations vivant, ou plutôt survivant, par leur travail honnête, ne sont rien, ils devront se soumettre ou disparaître. Un retour à la féodalité brute s’empare de l’Occident, un retour au XIVième siècle où les guerres incessantes rendaient inutiles la restauration des bâtiments de toute façon voués à la destruction rapide. Le capitalisme qui a débouché sur le turbo-capitalisme immatériel qui a lui-même échoué, est en train de devenir, au-delà de l’aspect carbo-capitalisme belliciste basé sur le CMI, mais un capitalisme barbare de la prédation pure.
Si aucune réaction, si aucun jugement, n’est établi suite au scandale Epstein, si un tribunal international n’est pas établi, si la guerre contre l’Iran réussi comme exutoire, l’Occident engendrera une pure barbarie où la seule valeur sera celle de la force brute sans limite, où le meurtre par les hauts privilégiés sera considéré comme un acte politique normal, où le reste de la population devra se taire et se soumettre, où le viol par des notables du régime restera impuni, où les mineurs ne seront plus protégés des prédateurs institutionnels, où l’ordre selon les règles sera soumis à la seule volonté de celui qui détient le pouvoir, sans aucun rempart, sans aucun garde-fou, sans aucune protection des droits ou de la vie de ses victimes, où les génocides seront monnaie courante et pratique admise. Les quelques humains encore un peu honnêtes seront alors considérés comme les derniers des imbéciles. L’idée même de justice aura disparu, avec elle les traces de ce que fut la civilisation.
Déjà, au lieu d’arrêter les prédateurs, les lois limitent la liberté de leurs victimes potentielles, comme cette loi absurde et liberticide d’interdire les réseaux sociaux aux moins de quinze ans. Comme si on demandait aux femmes de porter des habits stricts dans les rues au risque d’être harcelées, sans inquiéter en quoi que ce soit les harceleurs. L’État préfère ainsi brimer les victimes plutôt que d’agir contre leurs prédateurs, surtout si ceux-ci sont issus de la haute société.
L’horreur de ce système est désormais évidente, au grand jour, patente. L’Occident est gangrené par l’hybris de ses oligarques, et sa pourriture est désormais sue et vue par le monde entier. Ces gens doivent être condamnés par un tribunal international de type Cours Internationale de Justice, étant donné l’ampleur et la gravité des crimes, le caractère international des victimes et des bourreaux et la protection que ces derniers trouvent dans les institutions nationales.
Nous sommes à l’orée d’un basculement, soit celui du retour au droit, qui s’applique à tous et doit être défendu contre l’hybris des puissants, soit celui d’un chemin vers la barbarie pure où la force, notamment des puissants, justifiera toutes les forfaitures. Bien entendu, les médias du système luttent à fond pour la seconde option, étant eux-mêmes contaminés, voire dirigés, par la barbarie.