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Accueil du site > Tribune Libre > Espana que viva la Republica [abdication de Juan Carlos]

Espana que viva la Republica [abdication de Juan Carlos]

Protégé de Franco, mis en place à la mort du dictateur pour conjurer les risques d’offensive populaire et républicaine que comportait la « transition », le roi Juan CARLOS vient d’abdiquer.

Le personnage, mensongèrement présenté comme garant de la démocratie par la presse bourgeoise, est surtout signalé depuis trente ans par son train de vie somptueux, par les affaires de corruption dans son entourage et par son hostilité viscérale envers le Venezuela bolivarien.

Sa présence sur le trône d’Espagne devenait une menace pour la monarchie et pour la bourgeoisie espagnole, au moment où l’euro-austérité martyrise la population, provoque d’énormes manifestations et suscite la remontée des revendications républicaines, accompagnées de l’exigence du socialisme.

Il est à signaler que la consolidation des BOURBON sur le trône d’Espagne n’a pas seulement été voulue en 1976 par la réaction néo-franquiste du Mouvement National. Elle a aussi été portée par l’oligarchie européiste qui y voyait le moyen d’intégrer en douceur l’Espagne à l’UE Atlantique, de tenir en laisse le prolétariat espagnol aux fortes traditions communistes et anarchistes ; enfin, et c’est le plus triste, le retour au pouvoir des BOURBON a été soutenu par l’un des pires renégats du communisme occidental, chef de file de l’eurocommunisme - de plus en plus d’euro, de moins en moins de communisme -, le sinistre Santiago CARRILLO.

Divisant profondément le PCE, poignardant dans le dos la Révolution portugaise des œillets et le PCP d’Alvaro CUNHAL, avec l’aide de l’italien BERLINGUER, dénigrant sans cesse l’URSS et le Marxisme-Léninisme, ce personnage a considérablement nuit au PCE de DIAZ, de LISTER et de Dolores IBARRURI : en pleine « transition » il a renié le drapeau républicain et, par syndicat interposé, il a accepté le Pacte de la MONCLOA qui a paralysé le combat de classe pendant cette période.

Rappelons qu’à l’époque, l’Europe latine et la Grèce risquaient de virer au rouge (PCF à 22% en France, PCI à 34% en Italie, Révolution portugaise, chute de la dictature des Colonels en Grèce). Bourbonnisation de l’Espagne, construction européenne et dé-communisation des PC occidentaux ont alors marché du même pas.

Aujourd’hui, le régime de Madrid change de monarque pour sauver la monarchie. Mais la réalité, c’est que l’Espagne reste en ébullition, que la gauche populaire est de plus en plus républicaine et anticapitaliste. Une bonne partie des patriotes espagnols a d’ailleurs compris que l‘euro-monarchie des BOURBON avait aggravé la division des peuples d’Espagne, menaçant l’Etat d’éclatement. (Prochain référendum sur l’indépendance de la Catalogne et du Pays Basque dans le cadre de l’Europe fédérale des régions et du « big-bang territorial » annoncé par François HOLLANDE en France).

Dans ces conditions, le PRCF salue les mobilisations de masse qui se succèdent à Madrid et où la « bandera tricolor » est omniprésente, ainsi que la montée en puissance du communisme léniniste et opposé à l’UE, avec notamment l’émergence du PCPE.

Plus que jamais, le PRCF s’associe aux forces populaires espagnoles qui crient « Vive la République, Vive le socialisme, Vive la fraternité entre les Peuples d’Espagne, Vive la renaissance léniniste du Communisme espagnol, point d’appui pour tous ceux qui veulent combattre l’euro, l’UE, l’OTAN et le capitalisme.

Pour le secrétariat politique du PRCF :

  • Jean-Pierre Hemmen, président du Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe (CISC), fils de Jean Hemmen, militant de l’Internationale Communiste, commandant des Brigades internationales d’Espagne et de la Résistance française, fusillé au Mont-Valérien,
  • Annette Mateu-Casado, fille de communistes républicains d’Espagne, trésorière nationale du PRCF,
  • Jany Sanfelieu, secrétaire à l’organisation du PRCF, fille de Jean Sanfelieu, combattant républicain antifasciste espagnol.

Rassemblement à la Puerta del Sol de Madrid de 50.000 personnes exigeant la tenue d’un référendum pour la III è République et l’abolition de la monarchie.

source : http://www.initiative-communiste.fr/articles/international/espana-viva-republica/

Retrouvez le PRCF Pôle de Renaissance Communiste en France sur les réseaux sociaux :

 


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8 réactions à cet article    


  • César Castique César Castique 4 juin 2014 10:46
    « Divisant profondément le PCE, poignardant dans le dos la Révolution portugaise des œillets et le PCP d’Alvaro CUNHAL, avec l’aide de l’italien BERLINGUER, dénigrant sans cesse l’URSS... »

    Mais tout le monde dit que c’était pas le vrai communisme là-bas, et même qu’il a jamais été mis en oeuvre nulle part, faudrait savoir...


    • alinea alinea 4 juin 2014 11:20

      Le peuple espagnol a tout en lui pour s’en sortir, qui a connu la royauté, la guerre civile, le fascisme, la flambée illusoire de richesse et la grande dégringolade !! C’est de tout coeur que je le soutiens, à défaut de pouvoir faire plus !! Mais je lui souhaite aussi de s’en sortir en ne misant pas que sur le tourisme, grand destructeur de culture !!


      • Vipère Vipère 4 juin 2014 11:43
        « Rassemblement à la Puerta del Sol de Madrid de 50.000 personnes exigeant la tenue d’un référendum pour la III è République et l’abolition de la monarchie. »



        On ne peut que saluer l’initiative espagnole voulant se débarrasser définitivement de la Monarchie ibérique, aussi inutile que coûteuse.

        Car, l’abdication de Juan Carlos laissant la place à l’héritier est une belle farce faite aux espagnols qui ne supportent plus de payer pour des parasites.


        • Vipère Vipère 4 juin 2014 11:47


          Tous les européens résistent à l’Europe fasciste qui veut détruire les Nations.

          La seule réponse au fascisme est le nationalisme !

          • JP94 4 juin 2014 20:47

            Et si l’abdication de Juan Carlos n’était pas le meilleur moyen pour la monarchie de se maintenir et pour l’UE de maintenir l’Espagne sous contrôle ? 


            Cette abdication me rappelle celle du pape décrié .

            Après la 2de Guerre mondiale déjà : 
             - l’Europe a démissionné le Prince de Monaco trop imbriqué dans la collaboration avec le Reich !
            ... Et pour y mettre qui ? son fils , ( avec des certificats de bonne conduite faits les alliés occidentaux ) 
            Qui libéra Monaco de cette occupation et prit le pouvoir à la Libération ? la résistance communiste ...
            Cette question éclaire la précédente .

            -l’Europe démissionna aussi le roi Belge pour son implication forte dans la collaboration avec l’Occupant nazi . Cela posait problème pour sa légitimité . 
            ...Qui plaça-t-elle sur le trône ? son propre fils ( à nouveau avec des certificats de bonne conduite .)

            Même stratégie donc . Du reste , en Angleterre on anticipa un peu de la sorte en virant le fameux postulant au titre pour avoir collaboré contre son pays avec les nazis ...

            C’est donc une manie pour les têtes couronnées que de collaborer ...mais c’est justement pour ça qu’ils sont là . ( ces monarchies ont aussi un point commun c’est leur ascendance germanique qu’ils semblent placer avant le pays d’adoption ) .

            Changer de roi , pour ne rien changer à ce système et ne pas s’attaquer aux intérêts qu’il défend .

            • nofutur 5 juin 2014 10:00

              Bonjour,
              Fils et petit fils de républicains espagnols, bien évidemment je suis pour la république d’Espagne trahie par le clergé (cathos ?) et l’extrême droite (tient donc) représenté par le traitre Franco !
              Juste un petit point amical, Le n d’España fait mal aux yeux. Astuce :
              Le n avec le tilde minuscule s’obtient en tenant la touche alt enfoncé et de taper avec le clavier numérique le chiffre 164 le N avec le tilde en majuscule c’est la même séquence mais avec le chiffre 165
              Hasta siempre ! y que viva la republica Española !



              • Mmarvinbear Mmarvinbear 5 juin 2014 13:56

                Le personnage, mensongèrement présenté comme garant de la démocratie par la presse bourgeoise


                Il va falloir vous y faire : malgré ses erreurs, Juan Carlos est bel et bien l’homme qui a restauré la démocratie en Espagne.

                Franco voulait rétablir la monarchie, mais il se méfiait du comte de Barcelone, héritier d’ Alphonse XIII, trop « libéral » à se yeux. C’est donc son fils qu’il a choisi pour héritier à la condition qu’il se charge de son éducation. Le comte accepta, sachant que son fils était plus enclin à le suivre sur le plan idéologique et étant capable de donner le change.

                Pari réussi : Franco dans la tombe, Juan Carlos commença par mettre sur la touche les phalangistes les plus virulents au motif de leur âge avancé et privilégia les personnes les plus centristes.

                Neutralisant la menace du terrorisme catalan, il libéralise rapidement le régime, légalisant les partis politiques, profitant de la disparition des phalangistes historiques. Il négocie habilement la légalisation du PCE en échange de l’assurance de ne pas voir le pays sombrer dans une seconde guerre civile.

                Enfin, JC emporte le morceau en intervenant personnellement lors de la tentative du 23 février 1981 pour stopper l’escalade fasciste.

                Depuis, les républicains tentent de se faire entendre mais leurs manifestations annuelles ne réunissent que 5 à 10 000 manifestants en moyenne.

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