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Et la mascarade continue.... encore quatre d’échappés ! (2)

Et la mascarade continue.... encore quatre d’échappés ! (2)

par morice
samedi 18 septembre 2010

Des djihadistes manipulés sortis de prison ? Pour la deuxième fois ??? Et pas vraiment les seules ! D’autres exemples se sont produits auparavant. Et ailleurs : en Angleterre, dans ce qu’on appelé le Londonistan, et en Algérie également, ou le pouvoir en place est allé loin dans la manipulation médiatique, embarquant la France au passage. Le DRS algérien n’a rien a envier à la CIA, loin de là : logique qu’un jour ces deux-là se croisent... et travaillent ensemble. Aujourd’hui où on commence à enfin savoir un peu mieux ce qui s’est passé à Tibérine, on y resonge : la manipulation et la désinformation vont de pair et sont le propre d’états peu regardants, notamment sur les droits de l’homme. Les prisonniers irakiens qui s’évadent avec la bénédiction des américains sont les mêmes que ceux qui disparaissent du paysage après avoir donné un sérieux coup de main au pouvoir algérien. La manipulation est la même et obtient le même but, celui de renforcer le pouvoir en place.

Les informateurs de la CIA au sein même d’Al-Qaida ne sont pas une vue de l’esprit. Pour cela, il suffit de regarder ailleurs qu’en Irak. En Algérie, par exemple, où les USA tissent tranquillement leur toile après des années d’implantation soviétique. Une base spéciale, bien cachée, l’exploitation du pétrole, et ô, miracle, depuis qu’ils sont là, tiens, un hasard, voilà aussi qu’apparaît Al-Qaida.. miraculeuse apparition ! En 2004, déjà, le site Algeria Watch annonçait clairement la couleur : le GIA puis le GSPC avaient été infiltrés depuis longtemps par l’armée algérienne...
 
Mais revenons aux années noires de l’Algérie, en 1994 où des groupes sanguinaires semaient la terreur dans le pays. A leur tête, des hommes qui suivent les idées de leurs "penseurs" tels que le jordanien d’origine palestinienne Abou Qotada Al Falestini, Abou Hamza El Misri (de son vrai nom Moustafa Kamel, le capitaine crochet de l’histoire) ou même le soudanais Hassan Abdallah al-Tourabi, un membre des frères musulmans, en 1995 directeur pour l’Afrique du Congrès mondial islamique. Un de leurs recrutés, 10 ans après accepte de témoigner sur les méthodes de recrutement de ces tueurs sanglants : "Il raconte par contre et avec plein de détails, qu’il a été « horrifié » par les méthodes, les qualifiant de « sataniques » de recrutement employées par les groupes armés. Selon lui, cela commence au début par la mise de petites sommes d’argent à la disposition de jeunes chômeurs âgés de 17 à 20 ans. Ces sommes sont multipliées par 2, 3 ou 10, selon l’aptitude du « sujet ». Au moindre blocage, on passe au stade de « compromission » en leur faisant accomplir des actes en apparence « anodins » et sans danger pour les faire chanter par la suite. La situation dans laquelle se retrouve le « sujet » est simple : aller en prison ou rejoindre le maquis. « Une fois au maquis, déclare notre interlocuteur, c’est place à l’endoctrinement sur la base d’une appréciation erronée des textes du « djihad » d’Ibn Taymia ou Sayyed Qotb, en plus des fatwas djihadistes (que certains repentis n’hésitent pas aujourd’hui à qualifier de « novices » sortis tout droit des laboratoires de services étrangers). L’endoctrinement se poursuit jusqu’au passage au premier acte terroriste. » La folie des djihadistes, en quelques phrases. Effrayant.
 
Voilà pour la méthode ; que les djihadistes vont soupoudrer d’une bonne dose de drogues pour améliorer le ’rendement" des troupes : "il affirme qu’au maquis, « on faisait ingurgiter aux jeunes recrues des hallucinogènes et un mélange de barbituriques et de mescaline qui annihile toute volonté et toute réflexion ». Ce mélange explosif faisait perdre aux jeunes recrues toute notion de réflexion. Les drogues, de « l’héroïne » importée d’Afghanistan, sont disponibles et distribuées à ceux qui ignoraient de quoi il s’agissait". L’horreur peut alors se déclencher : fanatisés et drogués, on a affaire à de vrais zombies ! Les SS faisaient de même avec leurs troupes en leur donnant de la Pervitin, autrement dit de la méthamphétamine, aussi appelée benzédrine. "Elle donne une impression de grande confiance en soi, et permet de rester éveillé longtemps (on l’a appelé « la drogue des camionneurs »). Elle est appréciée dans certains milieux (militaires, sportifs etc.) car elle augmente l’agressivité et donne le sentiment d’avoir une énergie hors du commun". Tout aussi effrayant.
 
Le système parfait pour fabriquer des tueurs : le résultat ne se fait pas attendre : "ce mélange explosif faisait perdre aux jeunes recrues toute notion de réflexion. Les drogues, de « l’héroïne » importée d’Afghanistan, sont disponibles et distribuées à ceux qui ignoraient de quoi il s’agissait. Dès 1996, on convainquit les terroristes que le « musc » empêchait l’hémorragie. Conditionnées et disposées à tout après avoir mélangé le musc de la sève et des graines de pavot, les jeunes recrues et futurs sanguinaires sont jugés par leurs chefs, aptes pour le premier acte terroriste. Selon notre interlocuteur, « une fois, le premier assassinat (égorgement) accompli, la série noire commence », un zombie est né. Il sème la mort et la désolation. Les nouvelles recrues devenaient « accro » aux drogues et au sang. Cette discipline diabolique les poussait à se disputer le « privilège »d’égorger tout être qui tombait entre leurs mains. Les fatwas d’Abou Qotada El Falestini et Abou Hamza El Misri, assimilées, deux agents de MIS et, leur font croire que plus la victime souffrait plus cela les rapprochait de Dieu. Ils étaient également convaincus que les enfants, quel que soit leur âge, doivent être envoyés à Dieu pour leur éviter de tomber dans l’apostasie ou l’athéisme". A partir de là ; les criminels se déchaînent et l’Algérie est à feu et à sang., et l’islamisme à bon dos !
 
Or qu’apprend-t-on, justement, dix ans après ? Que l’un de ces ignobles agitateurs jouait à un autre jeu tout aussi malsain, celui de la traîtrise : "Abou Qotada Al Falestini, l’imam d’origine jordanienne qui est considéré comme le chef spirituel du GIA puis du GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) à Londres, a été durant 7 années une « taupe » des services secrets britanniques dans les milieux islamistes algériens en Grande-Bretagne. Celui qui a été à l’origine de la publication Al Ansar du GIA entre 1992 et 1995 et qui a permis de recruter des dizaines d’afghans algériens à Londres est depuis quelques jours impliqué dans une sombre histoire d’infiltration des groupes terroristes algériens. C’est le quotidien britannique The Guardian qui rapporte l’information selon laquelle Abou Qotada Al Falestini a travaillé pour les services du contre-espionnage britanniques du MI5 depuis 1996, soit trois années après sa venue à Londres en 1993, et avoir bénéficié de l’asile politique". Le "Londonistan, "surveillé" de près par les services secrets anglais ? Mais voilà qui nous ramène à notre épisode précédent ! Et à Mohammed Hamid et son groupe de poseurs de bombes déficientes du métro ! 
 

Et en effet, car le monde étant très petit, notre sanguinaire rencontrait obligatoirement les chefs du "Londonistan" dans un endroit que lui aussi fréquentait : "ce prédicateur de 43 ans est connu dans les milieux islamistes algériens comme étant le principal organisateur des réseaux salafistes algériens à Londres lorsqu’il officiait à la mosquée de Finshbury Park, lieu de regroupement des islamistes algériens dans la capitale britannique. Selon The Guardian, Abou Qotada a proposé un deal aux services secrets anglais pour « contrôler » les activistes algériens contre une immunité et un statut de réfugié politique et afin de prémunir le territoire britannique d’attentats terroristes par les groupes terroristes". Le responsable de la mosquée travaillait pour le MI5 ! 

Et les liens ont été étroits : "Entre 1996 et 1997, Abou Qotada a eu trois réunions secrètes avec deux officiers du MI5 afin de travailler comme une « taupe » pour les services anglais. Abou Qotada a eu à superviser les activités subversives des islamistes radicaux à Londres, principalement les Algériens du GIA puis du GSPC, afin qu’ils n’envisagent pas une action contre les intérêts britanniques en Algérie ou sur le sol anglais. Ce « deal » a permis aux services du MI5 de connaître la complexité des réseaux islamistes au Londonistan et de suivre l’évolution des courants soit confrériste, soit djihadiste salafiste. Il lui a surtout permis de disparaître une année avant l’entrée en vigueur de la loi antiterroriste britannique, avec la bienveillance de ses protecteurs, et d’être, actuellement, maintenu en détention à la prison de Belmarsh sans qu’aucune charge précise soit retenue contre lui". Tiens, lui aussi est en prison.... après y avoir échappé de peu en 2002. Enfin, c’est un peu plus complexe que ça : libéré le 17 juin 2008 de la prison de Long Lartin...il sera à nouveau arrêté en 2009 lors de l’enlèvement de 4 touristes anglais au Mali.. pour être à nouveau libéré en janvier 2009 ! Un fort mauvais calcul anglais en réalité : le 22 janvier à la frontière entre le Mali et le Niger, un de ses ressortissants, Edwin Dyer est enlevé et... assassiné quand même le 31 mai 2009 alors que l’une des evendications portait justement sur la libération d"Abou Qotada ! Au moment même où on évoque sa libération, un témoignage effarant d’un gamin de 15 ans qui a failli être recruté par ses soins relance la polémique ; c’est bien du lavage de cerveau, la fabrication de kamikazes, et l’auteur est bien le même individu ! Recruter jeune, l’assurance d’avoir un ascendant facile !

"L’histoire de cet Algérien remonte à trois années puisqu’il a été approché et« recruté » à l’âge de 15 ans, selon lui (...) Cet enfant relate comment il a été approché par des « extrémistes » dans une mosquée au sud de Londres. Les auteurs du « lavage de cerveau » auraient eu l’intention de le préparer pour perpétrer un attentat à l’explosif en Angleterre. Cité par un journal britannique, cet enfant qui serait resté une année parmi ces « extrémistes », s’exprimait avec le pseudo d’« Adam », « de peur de représailles de la part de ces extrémistes », selon cette publication. « Ils ont déformé des versets coraniques pour en faire des textes arrangeant leurs visées », souligne cet enfant dans son témoignage. Les extrémistes dont il serait question montraient des vidéos à profusion à cet enfant, âgé alors de 15 ans, lui disant voilà comment les gens meurent en Irak. Ils l’encourageaient, est-il jouté, de faire le déplacement au Pakistan pour suivre des entraînements. « Adam », Algérien, est l’aîné d’une fratrie de six enfants. Son père est décédé alors qu’il avait huit ans. Il avait des difficultés de scolarisation, ce qui faisait de lui, aux yeux des « recruteurs » une cible privilégiée. « J’ai compris, de par les activités de ces extrémistes, que je n’étais pas fait pour ça. J’étais en colère mais je ne voulais tuer personne »", dira-t-il.
 

Le GSPC avait en effet de bien étranges comportements : le 23 octobre 2004, il diffusait par exemple un appel audio d’Abou Mohamed Al Yamani, (de son vrai nom Imad Abdelwaahed Ahmed Alwane) le chef du moment, évoquant ses liens avec Ben Laden : pratique, voilà les salafistes estampillés Al-Qaida, vite fait bien fait. Or depuis le 12 septembre, l’homme était mort... tué par l’armée algérienne dans une fusillade à Merouana, dans la région de Batna. Tout le monde soupçonne alors comme fabricant du faux message de soutien de Ben Laden l’émir Droukdel Abdelouadoud, alias Abou Moussaab Abdelouadoud désormais . Tout le monde se demande également où Droukdel, qui n’a pas énormément d’influence et aucun charisme, a bien pu trouver ce nouveau nom : il se fait appeler Moussaab Abdelouadoud : ce n’est autre que surnom du grotesque jordanien al-Zarqaoui, qui sera tué plus tard à Bakouba, en juin 2006 : le lien est donc plus que douteux, tant l’on sait que Zarqaoui n’est qu’une marionnette, un truand recruté pour faire la pub à un islamisme de pacotille et sanguinaire. Dans la vidéo diffusée le 11 septembre 2006 c’est le numéro 2 d’Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri en personne qui annonce donc que le GSPC a fait allégeance à Al Qaida et change de nom de mouvement pour devenir le BAQMI (qui devient l’AQMI l’année suivante). Au passage, le second d’Al-Qaida lance un missile médiatique à la France : le Baqmi est désormais selon lui "le bras armé d’Al Qaida pour frapper en France." Pour le pâle djihadiste Droukdel Abdelouadoud, ça ne suffira pas : en mars 2010 il se fait évincer du groupe devenu entre temps celui de l’Aqmi.... des faux messages audio au nom d’Al-Qaida ??? Voilà qui n’est pas sans en rappeler d’autres !

Au sein du GSPC, ça valse en effet... car dans le groupe il a de drôles de zèbres. Qui, un jour disparaissent comme nos évadés de prison irakiens. Ainsi Amari Saïfi, alias Abou Haïdara, alias Abderrezak El-Para, surnommé ainsi car étant un ancien parachutiste, passé par l’école militaire de Biskra ayant rejoint le GIA, un des plus sanguinaires du lot, justement. Une sorte d’ Al-Zarkaoui algérien, avec le même CV : montée en flèche rapide de sa carrière fulgurante avec des événements sanglants faisant la une des journaux, et carrière météoritique au sein du GSPC... La même méthode de publicité, à croire qu’ils partageaient la même agence ! "El-Para » a été notamment accusé d’avoir conduit, le 4 janvier 2003, une attaque contre un convoi militaire qui s’est soldée par la mort de quarante-trois soldats. Il atteindra une certaine notoriété en Europe en 2003 avec la prise en otage dans le Sahara de trente-deux touristes européens (dont seize Allemands, dix Autrichiens, quatre Suisses, un Néerlandais et un Suédois) entre le 22 février et le 23 mars 2003. Certains de ces otages ont été libérés trois mois plus tard, tandis que les autres resteront entre les mains du groupe armé pendant six mois. El-Para aurait obtenu des autorités allemandes une rançon de 4,6 millions d’euros en échange de ces libérations". "Rentable", la taupe sanglante, le djihadiste envoyé par l’état algérien... qu’il convient à un moment de retirer du jeu, car devenu un peu trop voyant. Ou un peu trop reconnu. Or il va lui arriver une drôle d’histoire à cet oiseau rare : le 16 mars 2004, il se fait bêtement par un minuscule "Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad" (MDJT), groupe d’opposition tchadien... qui ne trouve rien de mieux que de le vendre, carrément... à l’Etat algérien. Belle prise, beau prix, suppose-t-on. Jugé le 25 juin 2005, pour terrorisme, l’homme est automatiquement condamné à la prison à vie et son procès expéditif privé de presse. Un jugement qui va devenir sidérant, car donné "par contumance" signifiant que l’homme n’était donc pas sur le territoire algérien !

En résumé, on le condamne, mais comme s’il n’était pas là... sidérant ! Résultat pratique de l’histoire : depuis sa condamnation il est devenu aussi invisible qu’un évadé de geôle irakienne ! Jeter en prison à vie un allié qui a bien servi pendant des années : la encore c’est la même méthode que celle de la CIA : aux Etats-Unis, il y en a qui le sait bien. David Headley, l’homme qui a tant traîné ses guêtres à Mumbaï... même procédé, même technique. Des Lee Harvey Oswald, il en faut toujours. Demain, on va en voir d’autres, justement. Le monde des services secrets en regorge.

 

 
 

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