Et la terre trembla...

par Ariane Walter
mercredi 24 août 2011

Je me demande quelle est la probabilité pour qu'un tel évènement se produise : qu'un homme prenne la parole pour présenter sa justice et ayant à peine prononcé trois phrases, que la terre tremble sur les plus hautes villes du pays, s'attaque au Pentagone, le temple des armées, fasse exploser ses canalisations, mette à l’arrêt, bloquant même ses systèmes de secours, la centrale nucléaire de North-Anna en Virginie.

Il y a dans les anciennes mythologies des interventions divines de cette nature, quand les devins scrutent le ciel et les éclipses. Et soudain au moment de l’attaque, la terre tremble.

Certes, nous sommes matérialistes et ceci n'est pour nous qu'un tremblement de terre force 5, 9, totalement inhabituel en ces contrées. Sans aucun rapport avec aucun évènement humain.

Mais je ne le ressens pas ainsi.

Je crois que la terre en a ras le bol.  

Ras le bol de l'homme, de ses compromissions, de ses mensonges, de sa puanteur, de sa facilité de céder à l'intérêt.

Ce jour-là cet homme devait prendre la parole au nom de la justice. Mais il ne prit la parole qu'au nom de sa carrière.

Il présenta une femme qui avait menti face à un accusé qui avait menti, hier et aujourd’hui, dans un pays où il y a un nombre insensé de menteurs, dans la presse, dans les sphères boursières et gouvernementales, dans le monde d'une justice qui s'offre avec impudeur à l'argent. C’est le pays où un staff gouvernemental se fait photographier en prenant des airs effrayés quand il regarde le dernier épisode de « desperate housewives. »

Et la terre trembla…

Je crois qu'elle en a marre des mensonges des hommes, de la lâcheté des justes et de la pourriture de leurs maîtres. De leurs intérêts et de leur science sans conscience.

Marre de voir les cinq éléments suppliciés.

Les atomes explosés, la terre éventrée pour son sang noir, l’air chargé de poison, l’eau, la plus pure des créations, la plus avilie, les pluies charriant la mort sur tous les continents, elle la bienfaitrice, la porteuse de moissons, désormais porteuses d’isotopes mortels.

Mais il ne faut rien dire. Chut !

Marre des dauphins  étouffés du pétrole de Louisiane, des saumons entassés dans des cuves , eux autrefois les plus libres des animaux, des thons rongés de métaux et nous qui les mangions parce que leur splendeur libre nous nourrissait , aujourd'hui abêtis et abrutis par leur chair ,nous sommes gavés des poubelles de nos industries.

Il pleut des oiseaux morts, les rivières, soudain sont débordantes de cadavres.

Mais il ne faut rien dire, chut !

Il n'y a pas de profondeur qui ne soit souillée, irradiée, poubelles d'un profit aveugle.

Les coraux sont des champs de plastique à l'infini. Les neiges éternelles sont des photos.

 

Mais il n'y a pas que la terre, l'eau et le ciel qui soient malades et perdus...Notre paradis perdu...

Les corps des hommes sont gonflés de poisons. Les semences qui les nourrissent sont trafiquées et n'appartiennent qu'à certains.

Leurs âmes sont nourries de fausses vérités.

La parole a été donnée à l'homme pour qu'il offre ses vertus et non ses péchés.

Il n’est informé que par une presse de propagande. Elle martèle ses mensonges, grossièrement, vulgairement, annonçant jour après jour des victoires qui ne viennent pas, organisant un pays , la Libye, qui ne s’est pas rendu, qui agonise sous les armes des vieilles armées colonisatrices, à pied d’œuvre sur un terrain qu’à aucun moment elles ne devaient fouler. Mensonges !

Les dominations les plus cruelles, les plus injustes se sont établies. La plus grande puissance libératrice des anciens temps est devenue le bourreau le plus infâme. Les maîtres de ce monde sont des voleurs et des machines. Tout le monde le sait, tout le monde s'incline. Tout le monde se tait. La fortune de quelques-uns fait le désespoir de tous. Les mots les plus sains, démocratie, humanité, philosophie sont employés à contre-sens et vendus aux marchands d'armes. Mensonges !

 

Ce jour-là, quand cet homme prit la parole, au nom de sa justice, il prit la parole au nom de sa carrière qu'il voulait préserver.

Les règles de son pays lui en donnaient le droit.

Il s'agissait d'une femme violée.

Mais notre désir de vie simple et paisible n'est-il pas violé tous les jours ?

Notre désir de paix, promis aux armes effroyables, créant des enfants aux corps difformes, des peuples condamnés à souffrir pour que quelques-uns s'amusent. De cette science sans conscience qui s'impose et détruit tout, même l'espoir de vie.

Ras le bol de ce Japon qui tue son peuple à petit feu, qui laisse ses enfants jouer dans des jardins ou aucun enfant de Tchernobyl n'a joué.

Pauvres enfants, pauvre peuple du Japon qui lance à la terre entière des messages "Sauvez-nous, intervenez auprès de notre gouvernement ! "

Pauvres esclaves qui s'adressent à des esclaves !

 

Et la terre trembla.

Elle frappait généralement de misérables pays lointains. Puis elle frappa la puissance du Japon. Et aujourd'hui les villes maîtresses de ce pays impérialiste, fou de guerre, incapable de civilisation. L'empire romain apprenait une civilisation eux n'offrent à leur victimes qu'une décadence.

 

Ce n'était qu'un tremblement de terre force 5,9 sur une planète où la terre tremble depuis toujours.

Mais il y a des symboles dans les légendes et les mythes de l'humanité.

Tout le monde se souviendra de cet homme qui s'avance pour porter la parole de sa justice et de cette assemblée, qui soudain, terrorisée, court dans tous les sens.

Tout le monde se souviendra de cet homme qu’aucun procès n’avait jugé, qui, convoqué au civil pouvait dire d’un trait : "Je veux ce procès car j'ai confiance en ma parole. »

Non il voulait simplement son passeport.

Il le récupèrera dans trois jours seulement. Les bureaux des institutions judiciaires sont fermés.

 

Parce que la terre a tremblé.

Dans le lointain un ouragan se forme, il s'appelle Irène. Il se dirige vers la Côte Est des Etats-Unis.

Comment s’appellera l’ouragan de notre révolte ?

 


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