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Évangile de Jean, essai de décryptage

Évangile de Jean, essai de décryptage

par Emile Mourey
vendredi 25 juin 2021

Les déportés de Babylone.

Le roi de Babylone festoyait lorsqu'apparut dans une nuée une inscription divine : Les jours de ton royaume sont désormais comptés et Dieu va y mettre fin (Daniel, 5, 25 et 26). il s'agit là d'un appel au soulèvement adressé au peuple hébreu déporté par un mouvement de libération qui s'est donné le nom de Daniel.

En - 155, plus de 300 ans après, Daniel réapparaît dans un document essénien de Qumrân, le Réglement de la guerre, pour prophétiser, temps par temps, une guerre totale des fils de la déportation, fils de la lumière contre ceux qui avaient pris leur place pendant leur absence, fils des ténèbres... une guerre totale qui devait se terminer par la victoire écrasante de l'ancienne déportation en présence du Dieu d'Israël. J'ai fait le total du nombre d'années de préparation prévues, temps par temps, sans oublier les temps de pause. Que ce soit en -130 ou en - 95, l'Histoire ne relate aucun grand affrontement. Toutefois, ô surprise ! il y en a eu un en + 70 (7x10), mais ce fut une grande défaite juive.

Je date l'évangile de Jean vers l'an 30 ; c'est, pour moi, le premier évangile 

 La naissance de Jésus ayant été annoncée prophétiquement par Jacques dans son dit protévangile, en l'an - 4, mais étant déjà survenue en -6 (?), il ne pouvait donc apparaître, raisonnablement, dans la vie publique qu'à un âge d'homme. C'est un Jésus galiléen, essénien du nord, comme l'indiquent les récits de l'enfance dits apocryphes... Question : le Jésus que Jean-Baptiste, l'essénien du sud, "adoube" en le baptisant (= onction) est-il le même ? Oui ! les deux disciples de Jean, André et Simon, qui habitent Bethsaïde, la ville de Philippe, l'ont trouvé, c'est Jésus, fils de Joseph de Nazareth (traduction courante : Jn I, 45). Je corrige : c'est Jésus, fils du conseil essénien de Nazareth. (Le consetl Joseph siège à Nazareth/Sepphoris, le conseil Jésus, son fils, siège à Behsaïde sur la montagne de Gamala).

Gamala, le rocher de Dieu.

  Où se trouvait la maison des apôtres Simon et d'André ? L'évangile de Jean nous dit que les deux frères ainsi que l'apôtre Philippe habitaient Bethsaïde... Qui est Philippe ? Dans son Autobiographie, Flavius Josèphe nous parle d'un Philippe qui joua à Gamala un rôle important à la tête des Juifs babyloniens. La prudence de ce Philippe, son sens de la mesure, sa sagesse, son honnêteté, son humanité sont très proches de la doctrine de Jean-Baptiste. Pourquoi le Philippe expérimenté et sage de Flavius Josèphe ne serait-il pas le jeune Philippe de l'Evangile ? Dans la tourmente des graves événements qui précédèrent la guerre de Jérusalem de 70, ce Philippe combattait aux côtés de Saul ... autrement dit : Paul ???
  Dans la communauté de Philippe, nous voyons des Juifs babyloniens revenus au pays après leur exil de Babylone.

Tibériade, ville d'immigrés, ville impure...  ?  

 La fondation de Tibériade avec l'intrusion d'une population étrangère en pleine Galilée essénienne marque une véritable rupture de société, d'autant plus qu'Hérode Antipas avait l'intention d'en faire la nouvelle capitale de la Galilée aux dépens de Sepphoris (Flavius Josèphe, Autobiographie). Il est impensable que le Yeschoua de l'évangile de Jean n'ait pas réagi et qu'il n'ait rien fait à Tibériade, alors que les évangiles suivants n'ont pas manqué de s'y manifester, mais toutefois, là encore, dans un langage crypté.   

Il y avait des Grecs à Tibériade. Ils se rendirent auprès de Philippe qui se trouvait à Bethsaïde et ils le supplièrent, disant : « Nous voulons voir Jésus. »Philippe se rendit auprès d'André, l'apôtre. André fit part de ce vœu à Jésus, c'est-à-dire à la communauté essénienne rassemblée en grand conseil. Et la communauté rassemblée dans l'esprit (Jésus), après en avoir délibéré, décida que l'heure était venue, et que le Fils de l'homme (la communauté rassemblée en corps) devait se sacrifier pour la multitude de Tibériade. « En vérité, je vous le dis, le grain de blé jeté dans le sillon, s'il ne meurt pas, reste égal à lui-même ; mais s'il meurt, il donnera naissance à d'autres graines qui donneront à leur tour d'abondantes moissons. » (Jn 12, 24)
    On se doute qu'une aussi grave décision ait jeté le trouble dans la communauté. Mais une voix, aussitôt, descendit du ciel, rappelant aux jeunes l'exemple que leurs anciens leur avait donné à la fin du règne d'Hérode le Grand. « Comme tu m'as jadis glorifié, de nouveau glorifie mon nom ! » (Jn 12, 28). Alors, la foule (la population laborieuse de la région) entoura Jésus (les futurs martyrs) disant : “Il est écrit que l'oint du Seigneur (la communauté essénienne) devait demeurer à jamais parmi nous. »
     « Vous avez vu la lumière, leur répondirent les disciples, croyez en elle et vous serez fils de lumière. » Ensuite, ils se retirèrent dans leurs maisons (Jn 12, 34-36) et les premiers candidats au martyre se rendirent à Tibériade (la nouvelle Jérusalem) pour porter la Bonne Parole et pour y mourir.
     Malgré tous les signes que les disciples faisaient, la population immigrée de Tibériade ne croyait pas en eux. Certains chefs crurent, mais à cause des Pharisiens, ils ne faisaient pas état de leur croyance de peur d'être exclus de la synagogue.
     Les disciples de Jean-Baptiste criaient à la foule (de Tibériade) : « Si vous croyez en nous, ce n'est pas en nous que vous croyez, mais en Celui qui nous envoie.(Jn 12, 44). Nous sommes la lumière qui éclaire les ténèbres. Nous ne venons pas pour vous juger comme le font les Pharisiens, mais pour vous sauver, et par-delà la foule (de Tibériade), sauver le monde entier. » (Jn 12, 47)
     Puis, ils se rendirent au bord du lac de Galilée, et en signe d'humilité, toutes les communautés du bord du lac, ils leur lavèrent les pieds, et même les Esséniens non convertis aux idées de Jean-Baptiste (Pierre), ils leur lavèrent les pieds malgré leurs réticences.(Jn 13,7)
     Avant le sacrifice suprême, ils se retrouvèrent tous à Gamala, sur la hauteur, autour de la table du conseil. S'y trouvaient Jean (la communauté baptiste des bords de la mer Morte) et Pierre (les Esséniens de Bethsaïde en puissance de conversion). Jésus trempa le pain (de sa parole) dans la mer de Galilée et le tendit aux Esséniens en puissance de refus et aux Pharisiens de la maison de Juda.
     Poussés par ceux-là (la maison de Juda de Jérusalem), le Sanhédrin de Tibériade décida de sévir contre les disciples de Jean-Baptiste qui venaient de Gamala et des bords de la mer Morte pour évangéliser la foule de Tibériade.
      Les Esséniens presque convertis (Pierre) assurèrent les Jean de leur soutien. Hélas ! trois fois, ils les renièrent.
     Voyant que les disciples de Jean-Baptiste se préparaient à la mort, la population judéo-babylonienne de Gamala leur demanda : « Seigneur, avant que tu partes, montre-nous le Père. » Ils répondirent : « Comment pouvez-vous dire cela ? Ne voyez-vous donc pas que nous sommes dans le Père comme le Père est en nous. C'est le Père qui est en nous qui fait ses œuvres. Si vous ne croyez pas en nous, croyez au moins aux œuvres. En vérité, je vous le dis, si vous croyez en nous, vous ferez les œuvres que nous faisons. Et vous en ferez de bien plus grandes, car en ce qui nous concerne, l'heure est venue de retourner vers le Père. » (Jn14, 8-13)

Le jardin des tombeaux.

  Ayant dit cela, les disciples de Jean-Baptiste se rendirent à Tibériade, dans le jardin des sources chaudes (Jn 18,1). « Ce parc, éternellement vert, est en été un véritable oasis. De nombreux fragments de marbre, datant de l'ancienne Tibériade, gisent ça et là sur les pelouses et se détachent sur un fond d'arbustes aux couleurs éclatantes. On jouit d'un beau point de vue tout en haut du flanc abrupt où sont situées les vieilles grottes funéraires, reste de la nécropole dont la destruction changea le sort de la Tibériade hérodienne. » (guides Nagel, Israël, p 248 et 249)
   La nuit était tombée lorsque les fils de la maison de Juda, trahissant leurs frères dans le judaïsme, conduisirent au jardin la cohorte romaine pour les faire arrêter. Mais soudain, les soldats effrayés reculèrent et s'agenouillèrent sur le sol : Jésus sortait des tombeaux (ma thèse).
  « Qui cherchez-vous ? » leur dit-il. Les soldats s'écrièrent : « Jésus le Nazôréen, c'est lui que nous cherchons. Réponds-nous ! » ILS répondirent : « Jésus, c'est moi ». (Jn 18,4)
  Alors, les Esséniens en puissance de conversion (Pierre) prirent la défense de Jésus. Mais celui-ci les en empêcha. « Remettez, leur dirent-ils, vos épées au fourreau ; la coupe que le Père a prévue pour moi, ne la boirions-nous pas ? »(Jn 18, 10-11)...

Le non-jugement de Pilate

... Le grand prêtre interroge Jésus et celui-ci, manifestement, parle au nom de la communauté : « Quand (nous) avons enseigné la foule de Tibériade, (nous) l'avons fait sans nous cacher, dans la synagogue et le temple. » Et devant Pilate, il affirme hautement que son royaume n'est pas de ce monde. Il ajoute qu'il est né pour être roi (étant de pure et ancienne race juive issue de la souche de David). C'est pour cette raison qu'il est venu dans la foule de Tibériade pour y prêcher la vérité.
  Pilate, qui ne trouve contre Jésus aucun motif de condamnation, propose à la foule de libérer le Fils de l'homme (les Esséniens disciples de Jean-Baptiste) ; mais la foule en délire vocifère : « Pas lui, nous voulons que tu libères Barabbas (le fils du Père) ». Ce “fils du Père”, ce brigand, selon Jean, qui était-ce ? C'était tous les Zélotes, auteurs de multiples attentats, qui croupissaient dans les geôles du pouvoir.
  Pilate livre donc Jésus aux soldats ; et ceux-ci le fouettent jusqu'au sang. Sur la tête, ils lui posent une couronne d'épines et sur les épaules un manteau de pourpre.
  En se moquant de lui, ils lui disent : « Toi qui te prétends l'oint du Seigneur, nous te saluons, roi des Juifs ».
  Car les Juifs disaient : « En se prétendant l'oint du Seigneur, (la communauté acquise aux idées de Jean) s'est faite fils de Dieu. Un tel blasphème mérite la mort. »
  Pilate fait conduire Jésus à l'emplacement du tribunal. C'était un lieu pavé de mosaïques (du grec Lithostrotos), probablement situé dans le quartier juif de Hammat, proche de Tibériade. On peut y voir encore aujourd'hui un pavé de mosaïques représentant l'arche d'alliance ainsi que les douze signes du Zodiaque autour du soleil. C'est là, aux portes de Tibériade, que Pilate exposa Jésus. Il dit aux Juifs : « Voici votre roi ! », et eux s'écrièrent : « crucifie-les ! ».(d'après Jean 18, 15-19, 16)

La mort de Jésus

   Portant sa croix, Jésus sort de la ville et monte sur un point haut voisin, au-dessus des grottes funéraires de Tibériade. C'est là qu'on les crucifie.
  Au-dessus de la croix, Pilate fait placer un écriteau sur lequel est écrit en latin, en grec et en hébreu ceci : “Jésus le Nazôréen, roi des Juifs”. Les Juifs voulaient que Pilate écrive : “Jésus qui s'est dit roi des Juifs”. Mais Pilate leur répond : « Ce qui est écrit est écrit. »
  Près de la croix sur laquelle Jésus souffre, se tiennent, sa mère, Marie de Nazareth, la soeur de sa mère, Marie de Gourdon, en Gaule, mère de Cléopas, et Marie de Magdala. Ces trois femmes s'appellent Marie : Marie, mère de Jésus (selon le protévangile de Jacques), Marie, sa sœur exilée en Gaule, et Marie la Magdaléenne de Magdala, celle qui survivra dans l'Histoire sous le nom de Marie-Madeleine.
  Marie, la nouvelle Jérusalem, a enfanté Jésus. Ce premier-né, elle l'offre à Dieu suivant l'antique tradition.
  Sur la croix, Jésus appelle la Jérusalem dispersée, en Palestine et dans la diaspora, à se rassembler. Voyant sa mère (la population juive du dernier exil) et auprès d'elle le disciple qu'il aimait (la communauté de prêtres qui en est issue : Jean), il dit à sa mère : « Marie, voici ton fils ! » et à Jean : « Voici ta mère ! ». A partir de ce moment-là, toutes les communautés de Saints, esséniennes ou autres, se devaient d'accueillir Marie (la population en exil), et tous les exilés se devaient de ne reconnaître comme prêtres et guides que les seules communautés esséniennes converties aux idées de Jean-Baptiste, face aux impies de Jérusalem... et cela dans le monde entier de la diaspora.
  Le mystère étant accompli dans l'esprit des Ecritures, Jésus dit : « j'ai soif ». 
  Il y avait là, dans une jarre, du vin tourné en vinaigre. On fixa une éponge à l'extrémité d'une branche d'hysope, on la trempa dans le liquide et on la tendit vers la bouche des martyrs 19. Lors donc que les martyrs eurent pris du vinaigre, ils prononcèrent leur dernière parole : « Tout est achevé ». 
  Et inclinant la tête, ils rendirent leur esprit. (d'après Jean 19, 17-30)

Joseph de Ramah
 Joseph croyait en Jésus, mais en secret par peur des Judéens de Jérusalem.
 Il habitait l'ancien bourg fortifié de Rama ou Ha-Rama. Il s'agit probablement de l'agglomération juive de Hammat toujours existante. C'est là que Jésus fut exposé à la vindicte de la foule. C'est tout à côté que l'agglomération cosmopolite de Tibériade s'est développée.
 Joseph (les Esséniens convertis de Hammat, issue de la tribu de Nephtali ?) demanda à Pilate le corps de Jésus. Nicomède (les Esséniens convertis de Jérusalem) vint aussi mais de nuit.
 Ils prirent le corps de Jésus, le vêtirent d'une robe de lin fin et le parfumèrent d'aromates.
 Jésus avait été crucifié au-dessus du jardin des sources chaudes de Tibériade. Dans ce jardin se trouvait un tombeau tout neuf qui n'avait jamais servi. C'est là qu'ils ensevelirent provisoirement son corps.
 Les vestiges de tombeau ne manquent pas à Tibériade. A la sortie sud de la ville, on peut encore voir deux portes de tombeau en basalte remarquablement sculptées (guide Nagel, Israël, page 247). Dans le jardin des sources chaudes, non loin du moulin disparu aux olives (Guethsémani), au pied des anciennes grottes funéraires, dorment dans le sol d'étonnants vestiges. C'est là que se trouve le tombeau du Christ de Jean. 

La résurrection de Jésus.

   Le dimanche suivant, Marie de Magdala, qui habitait sur une hauteur dominant Tibériade, arrive au tombeau alors que le jour n'est pas encore levé. Elle court à Gamala/Bethsaïde pour prévenir Simon Pierre et à Macheronte/Thamna/Qoumrân pour alerter Jean.
  Aussitôt que les messagers de Magdala arrivent chez les Saints de Gamala et chez les Saints de la mer Morte, ceux-ci accourent. 
  Mais bien qu'il soit le plus éloigné, c'est Jean qui court le plus vite ; c'est lui qui arrive le premier, avant Pierre.
  Jean et Pierre regardent le vieux cimetière de Magdala/Tibériade. Ils constatent que les tombeaux sont ouverts. Ils “voient” d'un côté les tuniques de lin, vides, et de l'autre, les suaires qui recouvraient le visage des défunts, roulés à part mais rassemblés en un seul endroit, comme s'il s'agissait des draps mortuaires d'un seul mort. Et alors, ils comprennent que Dieu a levé l'anathème dont Tibériade était victime, puisque les morts de la nécropole sont maintenant ressuscités.
  Marie de Magdala, voit, elle aussi, Tibériade. On peut dire qu'elle était aux premières loges par comparaison avec Gamala et Macheronte. Magdala pleure. Tout en pleurant, elle se penche en direction des tombeaux. Elle aperçoit de loin l'antique nécropole. Elle voit, de loin toujours, les deux paquets de linges funéraires, forme d'anges vêtus de blanc, comme s'ils étaient rassemblés l'un aux pieds, l'autre à la tête d'un immense cadavre. En voyant ces linges sacrés sans cadavre, elle comprend comme dans un message que le corps de Jésus a disparu.
  La voilà aussitôt descendue dans le jardin. La judéo-cananéenne Marie de Magdala — c'est une métisse — se retourne, et elle voit Jésus qui lui dit : « Qui cherches-tu ? ». Pensant que c'était le jardinier (de ce jardin terrestre, c'est-à-dire Dieu ou son ange), elle lui demande : « Où l'as-tu mis ? » Mais Jésus lui dit pour se faire reconnaître : « Tu es Marie. Toi aussi, tu feras partie de la nouvelle Jérusalem. » Et elle, se mettant à genoux, le touche en lui disant : « Tu es le Maître par excellence » et Jésus ajoute : « Va annoncer la bonne nouvelle au peuple cosmopolite de Tibériade et aux autres peuples de la terre. Dis-leur que la résurrection a eu lieu et que je monte vers le Père. Il est mon Dieu et il est le vôtre. » (Jn 20, 3-18).

Ite missa est

Allez ! La messe est dite... à la mémoire de ces jeunes gens qui, pour la première fois dans notre Histoire, se sont dits enfants de Dieu, proclamant sa Parole dans le monde jusqu'à monter sur la croix. Ils sont morts crucifiés pour le seul et unique crime de s'être dits enfants de Dieu. Nous-mêmes, ne sommes-nous pas enfants de Dieu ? Oui, nous le sommes, car ce sont eux qui nous l'ont révélé.
  Honneur à Jean-Baptiste, à ce grand maître de la Parole, qui voyait ses enfants spirituels, jour après jour, les uns après les autres, monter sur la croix en portant cette espérance. Leur meurtrier, c'est Pilate, incapable qu'il était de faire appliquer sa loi, et qui, tout en reconnaissant qu'il n'y avait rien à reprocher à ces "justes", s'en lavait les mains.
  En écrivant le kérygme de la Passion, c'est à leur Passion que Jean-Baptiste voulait rendre hommage. Dans leur sang qu'il vit couler, c'est Jésus qu'il vit naître. En portant cet évangile à Rome, c'est justice qu'il demandait contre les non-jugements iniques de Pilate. C'est celui-là, c'est nous qui les avons tués, nous qui ne voulons pas nous considérer et nous conduire comme des enfants de Dieu.
  Et vous qui avez tout laissé pour suivre le Seigneur, si vous n'êtes pas enfants de Dieu, alors qui peut l'être ?

Extraits de mon "Histoire du Christ tome II" publié en octobre 1996, dépôt légal.

Emile Mourey, château de Taisey, le 23 juin 2021, 88 ans, suite opération chirurgicale malheureuse, il s'agit là, probablement, d'un de mes derniers articles. Merci à tous.

 


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