Extrémistes mais pas trop !

par politzer
vendredi 9 octobre 2026

 

Extrémistes mais pas trop : pourquoi les duettistes évitent les solutions Zucman, Prats, Peyrelevade… et la micro taxe Cheney

 

La France s’enfonce dans une crise budgétaire profonde. Les taux montent, les déficits s’accumulent, les agences de notation menacent. Dans ce contexte, les deux duettistes ennemis qui saturent le débat public évitent soigneusement les solutions structurelles capables de rééquilibrer durablement les finances du pays : Zucman, Prats, Peyrelevade… et désormais Cheney, avec sa proposition radicale de remplacer l’ensemble des impôts par une micro taxe sur les transactions financières. Pourquoi ce silence ? Parce que ces solutions exigent du courage politique, et qu’aucun des deux camps n’en a.

1. Un pays au bord du mur, mais un débat qui reste dans le décoratif

La France approche d’un point où certains économistes évoquent une possible mise sous surveillance internationale. Dans un tel contexte, on pourrait s’attendre à un débat sérieux sur les leviers structurels.

À la place, on nous sert :

Rien sur les marges de manœuvre réelles.

2. Les trois mousquetaires : Zucman, Prats, Peyrelevade — les solutions qu’ils n’osent pas toucher

Zucman : taxer les multinationales

Réformer les prix de transfert, imposer les profits là où ils sont réalisés. Potentiel : 30 à 40 milliards.

Prats : stopper la fraude à la TVA

Carrousels, sociétés-écrans, réseaux criminels. Potentiel : 20 à 25 milliards.

Peyrelevade : réduire la rente financière improductive

Limiter les dividendes excessifs, suppression du plafonnement fiscal ; réorienter l’épargne vers l’investissement productif. Potentiel : 20 à 30 milliards.

Total : 70 à 100 milliards.

Mais ces trois leviers impliquent d’affronter les multinationales, les lobbies financiers, certains États européens. Les duettistes préfèrent ne pas y toucher.

3. Le quatrième levier : la “solution Marc Cheney” — remplacer les impôts par une micro taxe sur les transactions financières

Marc Cheney : supprimer la quasi totalité des impôts et les remplacer par une micro taxe sur les transactions financières

Le principe est simple :

Objectif : remplacer l’impôt classique par une taxe indolore mais massive en rendement

Les avantages avancés par les partisans :

Pourquoi les duettistes n’en parlent pas ?

Tabou absolu.

4. Le paradoxe : radicaux dans les mots, conservateurs dans les actes

Les duettistes jouent les extrémistes :

Mais ils évitent :

Ils sont radicaux dans le discours, modérés dans les actes, conservateurs dans les intérêts.

5. Et si ceux qui pourraient agir étaient justement ceux qui profitent du système ?

C’est la question qui dérange — et que personne ne pose dans le débat officiel.

Les acteurs qui pourraient mettre en œuvre les solutions Zucman, Prats, Peyrelevade ou Cheney sont souvent les premiers bénéficiaires du statu quo :

Ceux qui pourraient agir sont souvent ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change.

Ce n’est pas un complot : c’est un mécanisme structurel classique en économie politique.

6. Synthèse

Face au risque d’une tutelle du FMI, les deux camps évitent soigneusement les solutions structurelles — Zucman, Prats, Peyrelevade et Cheney — qui permettraient de récupérer entre 70 et 150 milliards par an. Et ils les évitent d’autant plus que les acteurs capables de les mettre en œuvre sont précisément ceux qui profitent du système actuel.

7. Conclusion : un pays qui joue à se faire peur, mais refuse de se réformer

La France n’est pas condamnée. Elle est simplement empêchée par un débat politique qui contourne les vraies marges de manœuvre.

Les solutions existent. Elles sont connues. Elles sont chiffrées. Elles sont documentées.

Mais elles sont taboues, parce qu’elles touchent les intérêts de ceux qui ont le pouvoir de les bloquer.

 


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