Faut-il rompre avec l’héritage de mai 1968 ?

par paolig
lundi 12 mai 2008

L’an passé, c’est en tout cas ce qu’a voulu nous imposer Nicolas Sarkozy. N’était-ce qu’un simple discours pour flatter sur sa droite la plus extrêmiste, ou bien affirmer clairement un discours réactionnaire, celui d’une droite sans complexe qui n’a plus peur d’affirmer ses valeurs paternalistes et patriotiques ?

Rompre avec l’héritage de 1968, c’est vouloir oublier notre Histoire, celle qui a construit notre société, celle qui a garanti aux femmes et aux hommes qui la formons aujourd’hui de nouvelles libertés. Oublier mai 1968, c’est ignorer la conquête des nouveaux droits, qu’ils soient civiques, politiques, sociaux qui ont permis de progresser dans notre combat pour l’égalité. Mai 1968, c’est la révolte contre l’ordre établi ; une volonté de changer les mœurs ; un combat pour donner à chacun les moyens de choisir sa vie librement.

Et de la contestation sont nées de sensibles évolutions dans la décennie qui a suivi : droit à l’avortement, majorité à 18 ans, intégration de la personne handicapée, émancipation des femmes par la libre disposition de ses revenus, réapparition du divorce par consentement mutuel, le chef de famille disparaît au profit de l’autorité parentale conjointe, abolition de la peine de mort… Et plus encore récemment, sous le gouvernement de Lionel Jospin, avec l’adoption du PaCS par exemple.


Nicolas Sarkozy veut-il s’engager dans une nouvelle société ? Une société paternaliste ? Une société marquée par le retour du chef et de l’autorité dans toutes ses structures ? C’est cela qu’il appelle une société moderne ?

La modernité réside-t-elle pour autant dans un concept non moins flou, mais lourd à défendre dans ce qui de plus est défini comme de gauche : l’ordre juste ? Car l’ordre, même juste, c’est le statut quo, le conservatisme, l’autoritarisme. Ne sommes-nous pas en train de renoncer aux valeurs qui ont animé la gauche ? La droite serait-elle dans le mouvement, alors qu’elle nous démontre jour après jour qu’elle casse et détruit le progrès ? La gauche serait-elle dans l’ordre établi alors qu’elle défend jour après jour ce qui permet à notre société de progresser ? La gauche est-elle contrainte de se laisser caricaturer dans la défense d’acquis, alors qu’elle doit être porteuse d’un projet qui ouvre vers de nouvelles frontières ?

Sûrement pas ! Nous, à gauche, devons nous inscrire dans la continuité des combats qui ont été mené depuis le siècle des Lumières. Oui, mai 1968 est encore un exemple pour notre jeune génération. Et plus encore ! Nous qui sommes la première génération qui vivra moins bien que celle de nos parents ; nous qui sommes une génération que l’école a émancipé par l’accès à la culture. Nous devons poursuivre ce combat.

Mai 1968-Mai 2008. Quarante années nous séparent. Et le progrès aujourd’hui, c’est moins dans la contestation que dans le débat que nous réussirons à avancer. Syndicats, associations, entreprises, mouvements politiques ou sociaux : c’est là que se situent les nouveaux lieux de combat.

Réagissons, proposons, débattons, innovons. C’est ainsi que nous progresserons pour l’égalité des droits et la conquête de nouvelles libertés… mariage homosexuel, homoparentalité, intégration, droit de vote des étrangers aux élections locales…


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