Fleur Pellerin 0/20
par Le Parisien Patriote
mardi 4 novembre 2014
Dimanche 26 octobre 2014, la Ministre de la Culture n'avait pas réussi à citer un titre de roman de Patrick Modiano. Votre livre préféré de Modiano, lui avait demandé la journaliste de Canal+ : "Euh, euh", avait-elle d'abord répondu. "J'avoue sans aucun problème que je n'ai pas du tout le temps de lire depuis deux ans. Je lis beaucoup de notes, beaucoup de textes de loi, les nouvelles, les dépêches AFP, mais je lis très peu".
Je commence cette tribune hebdomadaire par ce micro évènement médiatique. Une ministre de la Culture qui ne lit pas ou plus. Sujet assez fascinant qui pousse à s'interroger sur le "niveau" de la Ministre. Mais à peine ai-je le temps de poser les bases de mon raisonnement qu'une interrogation en appelle une autre, j'apprends le 29/10 que la ministre tente de se rattraper en se disant "scandalisée" par les attaques dont elle est, bien évidemment, victime. Si l'on en croit sa fiche wikipedia Fleur Pellerin, est pourtant une excellente élève et un modèle d'intégration à la française :
"Née Kim Jong-Suk le 29 août 1973 à Séoul, en Corée du Sud, elle est adoptée à l'âge de six mois par une famille française. Élève au lycée franco-allemand de Buc (académie de Versailles), elle est titulaire du baccalauréat scientifique et de l'Abitur obtenus à l'âge de seize ans. Elle intègre les classes préparatoires commerciales à l'Ipesup. Admise à l'ESSEC, elle en sort diplômée à vingt et un ans. Elle poursuit ses études à l'Institut d'études politiques de Paris, où elle choisit alors la section Service public. À vingt-quatre ans, elle réussit le concours externe d'entrée à l'ENA. Elle deviendra alors élève de la promotion Averroès (1998-2000)."
Qu'a-t-il bien pu se passer pour qu'une personnalité aussi brillante se trouve soudain prise en flagrant délit d'incompétence ?
Une question qui pousse à s'interroger sur la compétence de la personne qui l'a nommé à un poste aussi exigeant sur le plan culturel, le plus exigeant de France. De fait, Fleur Pellerin ne peut pas être coupable d'être ce qu'elle est. Le coupable c'est ce qu'il a mis en place. On pourrait s'arrêter à Manuel Valls et sur son manque de sensibilité culturelle, digne avatar de Sarkozy qui a fait tant de mal à l'image de la France dans le monde. On attend le "Casse toi Pauv'Con" de Manolo qui ne saurait tarder à arriver. Mais Valls lui-même n'est qu'un rouage d'une mécanique d'appauvrissement culturel qui a commencé bien avant sa nomination comme chef du gouvernement. Ce qui a mis Fleur Pellerin en flagrant délit d'incompétence, c'est cette incapacité de la France à comprendre ce qui fait justement son excellence et sa grandeur. Car ce n'est ni l'ENA, ni l'ESSEC qui ont fait et feront la grandeur de la France mais c'est le fameux "Génie Français" cette capacité à manier le concept, à disserter, à raisonner et non pas à réciter. Si Fleur Pellerin, n'a pas pu citer un livre de Modiano, ce qu'elle n'a pas jugé utile de connaître ne serait-ce qu'un titre. C'est que tout au long de son brillant parcours, elle n'a pas été sensibilisée à l'importance de la littérature pour la France et l'importance de la France dans la littérature.
Quand d'autres, plus sensibles, plus éduqués, se seraient rattrapés dans une déclaration d'amour pour la littérature française et ses œuvres, la petite Pellerin répond : "J'ai dit que je lisais moins, je n'ai pas dit que je ne lisais pas, j'ai beaucoup lu pendant mes vacances". Elle a décidément la vue courte. On en reste presque bouche bée devant un tel manque de tact, de mesure, de sensibilité culturelle et historique. On comprend qu'être Ministre de la Culture cela ne s'apprend pas à l'ENA, on comprend aussi qu'on ne demande plus à la ministre de la culture d'être le Ministre de la Culture, on comprend qu'elle n'est qu'un relai, qu'un administrateur, d'une politique plus large, plus vaste, décidée à Bruxelles, peu soucieuse des intérêts de la France et de sa Grandeur. Je n'ai rien contre Fleur Pellerin elle n'est que le produit d'une machine intellectuelle qui a décidé bien avant qu'elle n'entre au lycée d'enterrer la France des Lumières. Une machine qui a créé des gentils administrateurs, des "professionnels" de la politique qui occupent des postes de Ministre comme on occupe un poste de fonctionnaire de catégorie A. Fleur Pellerin, censée incarner l'excellence à la française, n'est en fait que l'image de son déclin. Un déclin souhaité, pensé, imaginé. Un déclin si soudain, si vulgaire, si provocateur, qu'il sera balayé bientôt par la Résistance que j'incarne.