François Bayrou : le démolisseur !
par Jean-Pierre GALLEMAND
jeudi 18 février 2010
J’avais écrit ici, il y a du JJSS chez François Bayrou et je le pensais sincèrement.
Force est de constater que même leur fin de carrière politique seront identiques.
Lors que JJSS a pris d’assaut le parti radical socialiste, pour ultérieurement créer avec Jean Lecanuet le Mouvement Réformateur, il y avait un goût d’apporter, de mettre en valeur des idées nouvelles. Des idées qui s’imposeraient à tous quelque soit les origines politiques. Rassembler les meilleurs spécialistes de l’économie, de l’éducation...
Le Manifeste Radical avait attiré beaucoup de jeunes militants : pour la première fois un parti politique et quel parti ( au parti radical dans les années 70, il y avait encore des reflux de cassoulet, d’anticléricalisme primaire et de franc maçonnerie) écrivait dans un livre son programme. Dans un souci de clarté, les envolées lyriques et républicaines, cédaient la place aux techniciens : école maternelle obligatoire dès 2 ans, l’entreprise aurait été dirigée par les managers non issus du capital mais désignés sur leur compétence, l’héritage était limité à l’héritage des biens personnels...
La quasi révolution - et les jeunes voyaient en ce JFK à la française un grand avenir politique. Si JJSS fut un grand manager et un grand journaliste, il fut un homme politique de piètre qualité. Un grand penseur et visionnaire politique mais sa carrière politique fut de courte durée. Élu député en Lorraine, il alla mourir à Bordeaux en tentant de faire « un coup d’état » contre Jacques Chaban Delmas. Sa gestion du parti était simpliste : on était avec lui ou contre lui et le droit au dialogue démocratique était guère de mise.
Comme l’on écrit sur les génériques de films « toute ressemblance..... »
François Bayrou en 2007 a créé le Modem, c’était son parti radical, les pesanteurs historiques en moins.
Les idées de François Bayrou, sa culture, son anti-blingbling ont séduit de nombreux électeurs qui avaient pressenti que leur avenir n’allait pas nécessairement être rose et pas non plus être celui du pouvoir d’achat. Que la dette intérieure était oppressante et que notre économie ne pourrait se maintenir.
François Bayrou avait ce côté : « le bon sens près de chez vous », slogan d’une banque chère au milieu agricole. Ce poète paysan a séduit 18,5% des électeurs.
Le Modem est arrivé et les désillusions électorales avec. Candidats non préparés, parachutés, investis puis évincés, dysfonctionnements administratifs..
Le Modem a déconnecté François Bayrou de ses électeurs : ce penseur, ce visionnaire a été contraint de mettre les mains dans le cambouis ! Départ des ténors du parti, création de clubs, de sous-clubs, de mouvements, comme on disait à une certaine époque la chienlit !
JJSS avait perdu son crédit électoral en allant exhiber, alors qu’il était candidat contre lui, sa carte de journaliste devant Chaban Delmas lors d’une de ses conférences de presse pendant la campagne électorale à Bordeaux,pour poser une question, François Bayrou a perdu son crédit en faisant des insinuations aux relents de pédophilie contre Daniel Cohn Bendit.
Les élections régionales montrent l’incapacité chronique de François Bayrou à gérer un parti.
Les adhérents ont été bafoués et les choix parisiens ont indisposé la base des militants. Comment l’électeur de base peut-il se reconnaître dans ce Modem-écolo-socialo-divers droite ?
Quel intérêt d’aller se ridiculiser avec 4% des votants sinon d’obérer définitivement son crédit de présidentiable. Les « sondages » mais plus grave, les français ne considèrent plus François Bayrou comme le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy. Après les régionales, où en seront les finances du Modem, où seront ses militants - pour les élus la question ne se pose même pas !
JJSS a fini ses jours, ruiné vivotant d’une maigre pension de journaliste, dans le Calvados.
Il serait bien triste que François Bayrou finisse ses jours, isolé de tous dans son béarn natal.
Alors qu’il tente une dernière opération : JJSS quand il ne pouvait plus être, pour des raisons statutaires, président du parti radical, avait demandé à Françoise Giroud de rependre le flambeau. Que François Bayrou confie les clés de ce Modem, complétement HS et non paramétré, à Marielle de Sarnez et qu’il créé un club de réflexion avec Rocard, de Villepin, DSK et qu’ils nous donnent un programme politique, au sens le plus noble, pour la France et pour l’Europe.