François Hollande dispose-t-il encore d’une majorité ?
En démocratie on est élu pour une certaine durée. La constitution laisse à la disposition au Président de la république un mandat de Cinq ans. Elu sur un programme, tout écart de route peut coûter cher, très cher … Enfin, il faut disposer d’un minimum de crédibilité dans l’opinion public et d’une majorité au moins à l’Assemblée nationale, sans compter le soutien de sa formation politique et de ses élus.
François Hollande est réellement en difficulté sur tous ces plans et voit sa légitimité s’effilocher au fil des jours. Elu en mai 2012, il lui reste encore trois ans pour faire ses preuves, c’est peu. Déjà le passage du septennat au quinquennat a affaibli considérablement les marges de manœuvre présidentielles. Pour gouverner, surtout en période de tempête il faut disposer de temps. François Hollande n’en a plus beaucoup.
Sur son programme, il suffit d’ausculter l’opinion des français, il est en plein dérapage. Ses faces à face à Carmaux avec quelques électeurs socialistes lui ont jeté en pleine face : « Monsieur le président vous ne respectez pas vos promesses ! ». Sur l’Europe, sur la finance, sur l’espoir en des jours meilleurs, les belles paroles de campagne résonnent faussement aux oreilles des français.
L’opinion publique … à 18/20% d’opinions favorables, il bat tous les records d’impopularité de la Ve république. Il est donc particulièrement difficile dans ces conditions d’opérer des réformes de fond ou de faire passer des programmes de redressement comme le pacte de responsabilité dans un climat aussi délétère. Ses hésitations de début de mandat lui deviennent fatales.
Enfin, si la défaite aux municipales ne devrait pas engager sa responsabilité politique, le retour de bâton, via les élus PS et plus particulièrement les députés, est aujourd’hui à la fois terrible et inédit.
A cette heure la stratégie engagée par François Hollande pour reprendre la main est en train de se heurter au mur de sa propre majorité. Ni la nomination de Valls, la mise en place d’un nouveau gouvernement resserré, le changement à la tête du PS, ne sont efficients.
A quelques jours d’un vote à l’Assemblée nationale, on voit des députés et pas les moindres faire connaître, de manière tonitruante et inédite, leur opposition à la politique proposée. C’est une tribune publiée dans le journal Libération de trois parlementaires proches de Martine Aubry (Laurence Dumont, Jean-Marc Germain et Christian Paul) qui annoncent ne pas vouloir voter le plan d’économie du premier ministre, ce sont encore d’autres députés qui s’interrogent publiquement. C’est au sein même du PS et du gouvernement que l’on entend des voix s’élever pour remettre en cause non seulement le cap politique mais la compétence même du chef de l’état.
Les élections européennes sont annonciatrices d’un nouvel maelström, qui lui laissera peu de répit, puisque les sénatoriales arrivent déjà en septembre. Elections indirectes, dont on connaît déjà le résultat. L’application stricte des municipales va priver les candidats PS au Sénat d’un nombre important de grands électeurs désignés par les nouveaux maires. Ce n’est pas la perte de la présidence du sénat qui va venir conforter sa légitimité.
Et dès l’année prochaine ce seront les élections cantonales et régionales. On imagine bien ce qu’il adviendra des 21 régions présidées par le PS.
Bref ce n’est pas la politique qui pourra voler au secours du président … seul des résultats tangibles sur le plan de l’économie et de l’emploi peuvent encore le sauver.
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