François Hollande : la gauche naphtaline
par Denis Szalkowski
mardi 24 mai 2011
Homme providentiel, DSK l'aura été, le temps d'un automne et d'un printemps au cours desquels il fut le roi des sondages. Si elle l'emporte en 2012, la gauche pourra, sans doute, remercier la justice américaine.
Et, comme un malheur n'arrive jamais seul, la médiacratie française a choisi un nouvel adversaire à Nicolas Sarkozy en la personne de François Hollande. Mais sommes-nous en face d'un candidat à la présidentielle ou bien d'un tirailleur sénégalais que le général Nivelle envoyait à l'abbatoir sur le chemin des Dames ?
Dès le 15 mai 2010, j'avais indiqué en quoi Dsk et François Hollande incarnaient, à mes yeux, la post-modernité décatie de la social-démocratie française matinée de blairisme et de social-libéralisme. Je n'ai, vis à vis d'eux, rien changé de ce que je pensais alors.
La nature de la Présidentielle
Il y a deux critères qui fondent la légitimité d'un candidat et le vote des électeurs à la présidentielle : l'expérience et la personnalité. Je ne reviendrais pas ici sur l'expérience : François Hollande n'en a aucune : il n'a jamais été ministre, ni même secrétaire d'état. Pourquoi ? Or, de Giscard à Sarkozy, en passant par Pompidou, Mitterrand, Chirac ou de Gaulle, tous les Présidents de la Ve disposaient d'une solide expérience de gouvernement, piochée pour les plus vieux d'entre eux dans la IVe République.
Et puis, il y a la personnalité. C'est sans doute de ce point de vue que François Hollande pose le plus de problèmes. Les présidents de la République que nous avons eu ne sont pas des êtres que nous pouvons qualifier de normaux. Comme le disait Martine Aubry hier sur France 2, on attend un petit plus d'un candidat ou d'une candidate à la présidence de la République française. Il faut aussi avoir vécu. De ce point de vue, le parcours de François Hollande ressemble à celui d'un enfant gâté, dont on se demande, au regard de tout son talent comique, s'il ne s'est pas trompé de métier.
Face à Sarkozy, François Hollande ne pèse rien. Il n'est rien.
Source : Voie Militante