Frêche, un populiste confortablement installé
par fresh
lundi 1er février 2010
Georges Frêche, comme un histrion bling bling, utilise le leurre électoral de la démagogie décomplexée au ras du comptoir du café du commerce, prétendument contre la pensée unique ; quand l’un ramène l’élection présidentielle à ’changer de trottoir’, le trottoir du clientélisme électoral, l’autre résume le clientélisme électoral à faire campagne ’auprès des cons’ pour ramasser les voix ’en masse’ : la technique de ces politiciens est le ’parler vrai’, à qui critique leur vulgarité et leurs basses pratiques est opposé le fait qu’eux, au moins, ont le ’courage’ d’assumer ce que la plupart des politiciens pratiquent, en d’autres termes, il faudrait les remercier d’être francs dans leur arnaque politique, sauf à risquer de se faire taxer de bien-pensance !
En réalité cette technique est l’expression du cynisme le plus éhonté, ils ne se cachent même pas, inutile de mettre les formes, quand d’autres politiciens ne craquent qu’épisodiquement, comme Chirac avec ’le bruit et l’odeur’, ou le font avec une prétention littéraire, dans le registre de la victimisation anti-média à la Bayrou ou judiciaire à la Villepin .
Frêche a l’art d’embrasser au gré des publics tout le kaléidoscope des idéologies politiques .
Le parcours politique de Frêche commence par une imposture éthique et intellectuelle, un maoïsme antérieur au maoïsme post-1968, que Frêche continue d’assumer, ayant dernièrement manifesté l’intention d’installer des statues des criminels Lénine et Mao à Montpellier .
Après avoir rejoint les Amitiés franco-chinoises, Frêche adhère en 1964 à la Fédération des cercles marxistes-léninistes, groupuscule lié à la Chine, en lutte contre le PCF . Les contacts avec les hiérarques chinois s’effectuent à l’ambassade chinoise à Berne. Frêche écrit dans le journal marxiste-léniniste L’Humanité nouvelle sous le pseudonyme de Georges Lierre, d’où le surnom de plante grimpante ! Comme les trotskistes, le courant marxiste-léniniste se divise alors en de nombreuses sectes aux conflits ridicules : au sud, la FCML, au nord, un Centre marxiste-léniniste de France, que Frêche essaie de rassembler . Décrit comme un ’élément’ à l’origine d’ ’une situation sérieuse qui vise à saper l’unité de la FCML’, ’brillant d’éloquence et
faisant étalage d’une grande érudition marxiste-léniniste’, ’curieux personnage (qui) a pu illusionner quelques honnêtes militants’, Frêche est exclu . Frêche n’abandonne pas, lors d’un essai de réconciliation est arrêté à Berne avec d’autres militants et expulsé. Puis Frêche rallie le CMLF appellant à voter de Gaulle, pour ’barrer la route à Mitterrand, le candidat américain’ !
De cette expérience groupusculaire Frêche a gardé de la politique une ’éthique’ de jeu de pions.
Sans perspectives politiques dans ces groupuscules et dans sa région d’origine, le Languedoc toulousain, Frêche s’en est allé représenter la SFIO dans le Languedoc méditerranéen .
Il réussit à être élu député de l’Hérault en 1973 par des tractations de report de voix anti-gaulliste avec le FN, devient maire de Montpellier en 1977, à une époque où dans le Midi gauche et droite se partageaient tacitement campagnes et villes, et président de la région Languedoc-Roussillon en 2004 . Plusieurs fois battu aux élections législatives, en 1993 et en 2002, enfin installé au Conseil régional, après trois mandats de Jacques Blanc, neuro-psychiatre également expert en démagogie et clientélisme électoral, Frêche reste associé au succès marketing de la ville de Montpellier .
Trois phases d’essor ont marqué Montpellier :
- du XIIe siècle au XIVe siècle, Montpellier est une ville marchande, commerce avec l’Orient, où elle a plusieurs comptoirs, Montpellier devient une ville universitaire cosmopolite avec l’établissement de l’école de médecine en 1220, d’enseignements de droit et de théologie, accueille des savants de toutes les confessions, Montpellier est la deuxième ville du Royaume de France après Paris
- aux XVIIe et XVIIIe siècles Montpellier acquiert, grâce à Richelieu et Louis XIV, le statut de capitale du Bas-Languedoc, sont construits le Canal du Midi, de nombreux édifices et hôtels particuliers, la Promenade du Peyrou, autour de la ville des ’folies’ inspirées des villas vénitiennes
- à la seconde moitié du XXe siècle et au début du XXIe siècle, le climat méditerranéen, la proximité de la mer, le cumul des fonctions universitaires et administratives héritées des précédents essors, ont donné à Montpellier un potentiel de croissance plus important que d’autres villes méditerranéennes, plus excentrées ou au moindre rayonnement universitaire ou au peuplement touristique plus ancien
Frêche a su comprendre ce potentiel, a lancé la construction du quartier Antigone en 1983, où s’érige le plus bel hôtel de région de France, une réussite architecturale, a construit un nouveau palais des congrès, inauguré une politique culturelle ambitieuse symbolisée par un marketing de ’Montpellier la surdouée’, jusqu’à payer 35000 euros par mois un surintendant de la musique.
Le chantier du nouvel hôtel de ville coûtera 130 millions d’euros. Bien que Frêche soit un bâtisseur, le développement de Montpellier a été mal maîtrisé, Montpellier étant la seule agglomération d’un demi-million d’habitants à ne pas avoir de rocade.
Comme de nombreux élus locaux, Frêche a privilégié la croissance démographique sur la qualité de vie, si Montpellier et sa région ont la plus forte croissance démographique en France métropolitaine depuis 35 ans, le Languedoc-Roussillon est la dernière région métropolitaine en matière de taux de chômage, de revenu par habitant, de disparition des entreprises. La situation, déjà peu brillante au début du mandat de Frêche à la présidence de la région, s’est aggravée. Le marketing ne fait pas oublier la paupérisation de la ville. Les façades des hôtels particuliers du centre historique sont taguées, le jardin botanique, le plus ancien d’Europe, a récemment été saccagé par des barbares, des forces centrifuges signalent la fin du troisième essor, l’arrivée d’IBM date d’avant l’ère Frêche, depuis, aucune arrivée de grande entreprise.
L’équipe municipale de Frêche a été constamment réélue par clientélisme d’aides sociales, de subventions aux associations, y compris des subventions aux francs-maçons illégales, ce que de nombreux politiciens savent faire . Cependant l’opposition à Frêche a été forte dans les communes avoisinantes et la mise en place de l’intercommunalité difficile.
De la ville de Montpellier à l’agglomération de Montpellier à la région Languedoc-Roussillon, Frêche a instauré un potentat, jusqu’à essayer de changer le nom de la région en Septimanie, nom historique de la plaine littorale entre Rhône et Pyrénées, le sud-est des Pyrénées et du Massif-Central étant d’autres parties de cette région aux terres contrastées : terres cathares, protestantes, légitimistes, Midi rouge.
Frêche a rallié un groupuscule appelant à voter de Gaulle contre Mitterrand, puis critiqué le gaullisme se servant du FN pour devenir député, puis a hurlé avec les bien-pensants quand Blanc a conservé la présidence de la région avec le FN, a voté la loi Voynet puis dragué les chasseurs : il n’y a pas de cohérence politique, pas plus que pour n’importe quel politicien, apparatchik ex trotskiste, démagogue à la Chirac ou à la bling bling, la seule cohérence c’est l’arrivisme !
En 1998, voyant la présidence de région lui échapper, Frêche, furieux, invente une rue de Vichy en référence à l’alliance de Blanc avec le FN, le maire de Vichy proteste. En 2004 Frêche dissout le Centre Régional des Lettres de Montpellier en rétorsion à la non acceptation par cette association des diktats de Frêche quand ce ’démocrate’ a essayé de faire un putsch contre Blanc. En rétorsion aux régions légitimistes d’élection de Blanc, Frêche a fortement diminué les subventions au monde rural, la région Languedoc-Roussillon a plusieurs années de retard sur l’Auvergne en couverture haut-débit des communes, à l’approche des élections de 2010 Frêche ose décrire dans le magazine régional la région comme précurseur, c’est de la désinformation, à noter que le département de l’Hérault, dirigé par André Vézinhet, est le seul à ne pas bénéficier du soutien de la région pour une couverture dans toutes les communes, signe de l’incapacité de Frêche à travailler avec les socialistes du Conseil général de l’Hérault . Lors des élections sénatoriales de 2008, Frêche a inventé deux listes afin de faire perdre un siège de sénateur à la gauche départementale qui ne lui est pas inféodée, et s’en est vanté, Frêche a aussi menacé d’exclusion du PS les grands électeurs qui ne voteraient pas.
Le PS devrait en tirer des conclusions : Frêche, habitué à gagner les élections municipales, a souvent perdu d’autres élections, et fait désormais perdre la gauche.
La forte opposition au potentat de Frêche crée des conditions politiques très ouvertes :
- deux ou trois listes à gauche, une liste PS menée par la maire de Montpellier, Hélène Mandroux, à la suite de l’affaire de la ’catholitude’, une liste Europe-Ecologie, ou une fusion des deux premières, et une liste Frêche, allié à certains écologistes, radicaux, citoyens, communistes, et chassseurs
- deux listes à droite, une liste UMP et une liste dissidente
- une liste MoDem et écologie indépendante menée par un ’people’
- union de la gauche de la gauche : NPA, PC, PG, perspective d’alliance au second tour avec toute la gauche non frêchiste
- FN probablement au second tour
- deux ou trois listes à gauche, une liste PS menée par la maire de Montpellier, Hélène Mandroux, à la suite de l’affaire de la ’catholitude’, une liste Europe-Ecologie, ou une fusion des deux premières, et une liste Frêche, allié à certains écologistes, radicaux, citoyens, communistes, et chassseurs
- deux listes à droite, une liste UMP et une liste dissidente
- une liste MoDem et écologie indépendante menée par un ’people’
- union de la gauche de la gauche : NPA, PC, PG, perspective d’alliance au second tour avec toute la gauche non frêchiste
- FN probablement au second tour
Afin de masquer l’inefficacité de sa politique, Frêche joue le régionalisme contre l’Etat, pour ce politicien habile, ami des Juifs et d’Israël, la pique de la ’catholitude’ contre le premier ministre préféré de Mitterrand, Laurent Fabius, juif, est un risque calculé, un pari à quitte ou double : être victime des bien-pensants peut être électoralement payant, cependant, si les roquets de la bien-pensance, les hypocrites Hamon et Peillon, qui n’avaient rien trouvé à redire à l’étrange parcours politique de Frêche, ont réagi, c’est que la situation politique est devenue très instable ; Bové qui avait soutenu Frêche en 2004 a pris ses distances, et Bayrou que ne dérangeait pas le parti-pris pro-Frêche de Marc Dufour, licencieur ex président d’Air Littoral, représentant local du MoDem, a enfin désavoué Dufour.
En bonus, Frêche enregistré par un étudiant en 2008
’On ruine les paysans africains en vendant nos produits subventionnés par l’Europe, mais c’est pas les agriculteurs qu’il faut subventionner, Blair a raison c’est les chercheurs. On s’en fout des agriculteurs, on s’en fout. D’ailleurs aujourd’hui avec 5 % d’agriculteurs en France, on produit autant qu’avec 40 % en 1945 et avec 2 % on produira aussi bien qu’avec les 5 % actuels, donc on peut encore en perdre les trois cinquièmes.’
Bon sens et caricature, Frêche semble ignorer le coût écologique de l’agriculture productiviste, cf côtes bretonnes polluées .
’Oui, Ce que je vous dis c’est l’évidence. Ah, mais si les gens fonctionnaient avec leur tête, mais les gens ils ne fonctionnent pas avec leur tête, ils fonctionnent avec leurs tripes. La politique c’est une affaire de tripes, c’est pas une affaire de tête, c’est pour ça que moi quand je fais une campagne, je ne la fais jamais pour les gens intelligents. Des gens intelligents, il y en a 5 à 6 %, il y en a 3 % avec moi et 3 % contre, je change rien du tout. Donc je fais campagne auprès des cons et là je ramasse des voix en masse.’
Caricature de la réalité sur le mode binaire, entre cons et intelligents, comme s’il n’y avait que des cons qui se comportent toujours, en toutes circonstances, comme des cons, ou des intelligents qui se comportent toujours, en toutes circonstances, intelligemment !
’Enfin, aujourd’hui je fais ce qui m’intéresse, comme Président de Région, j’aide les lycées, j’aide la recherche et quand je ferai campagne, dans deux ans pour être de nouveau élu, je ferai campagne sur des conneries populaires, pas sur des trucs intelligents que j’aurai fait. Qu’est ce que les gens en ont à foutre que je remonte les digues, les gens s’occupent des digues quand elles débordent, après ils oublient, ça les intéresse pas, les digues du Rhône, les gens ils s’en foutent, ah à la prochaine inondation, ils gueuleront qu’on n’a rien fait. Alors moi je mets beaucoup d’argent sur les digues du Rhône, mais ça ne me rapporte pas une voix, par contre si je distribue des boites de chocolat à Noël à tous les petits vieux de Montpellier, je ramasse un gros paquet de voix. Je donne des livres gratuits dans les lycées. Vous croyez que les connards me disent merci, ils disent non ils arrivent en retard, comme si c’était ma faute parce que l’appel d’offres n‘avait pas marché et que donc il y avait quinze jours de retard dans la livraison.’
La politique, quel métier ingrat ! Il faudrait songer à arrêter ! Les connards ont déjà payé assez d’impôts, ils n’ont pas à dire merci, c’est avec leur argent, comme dirait Coluche !
Dernière promesse démagogique de Frêche : un ordinateur portable gratuit par lycéen, c’est à dire payé par le contribuable . Une subvention à l’achat sous conditions de ressources suffirait, à moindre coût, et au maximum de justice sociale .
Dernière promesse démagogique de Frêche : un ordinateur portable gratuit par lycéen, c’est à dire payé par le contribuable . Une subvention à l’achat sous conditions de ressources suffirait, à moindre coût, et au maximum de justice sociale .
’Les gens, ils disent pas merci, d’ailleurs les gens ils disent jamais merci. Les cons ne disent jamais merci. Les cons sont majoritaires, et moi j’ai toujours été élu par une majorité de cons et ça continue parce que je sais comment les « engraner », « j’engrane » les cons ma bonne tête, je raconte des histoires de cul, etc…, ça a un succès fou. IIs disent, merde, il est marrant, c’est un intellectuel mais il est comme nous, quand les gens disent "il est comme nous", c’est gagné, ils votent pour vous. Parce que les gens ils votent pour ceux qui sont comme eux, donc il faut essayer d’être comme eux.’
Illustration de la comédie du politicien ’sympathique’ .
’Là, les catalans me font chier, mais je leur tape dessus parce qu’ils m’emmerdent, mais dans deux ans, je vais me mettre à les aimer je vais y revenir je vais leur dire, mon Dieu, je me suis trompé, je vous demande pardon, ils diront : qu’il est intelligent, ils me pardonneront, ils en reprendront pour 6 ans. C’est un jeu, qu’est ce que vous voulez il faut bien en rire. Avant je faisais ça sérieusement, maintenant j’ai tellement l’habitude de la manœuvre que ça me fait marrer. Les cons sont cons et en plus ils sont bien dans leur connerie. Pourquoi les changer, pourquoi voulez vous les changer ? Si vous arrivez à faire en sorte que les gens intelligents passent de 6 à 9 % voire à 11, vous ne pourrez pas aller au-delà. Mais les cons sont souvent sympathiques, moi je suis bien avec les cons, je joue à la belote, je joue aux boules. Je suis bien avec les cons parce que je les aime, mais ça ne m’empêche pas, mais après quand vous avez raison, après ils vous donnent raison, mais toujours 3 à 4 ans après.
Toujours 3 ou 4 ans après, ils disent, mais il est pas si con parce que après tout ce qu’il a fait ça marche.Donc vous faites des trucs, vous vous faites élire, 6 ans. Les 2 premières années vous devenez maximum impopulaire, vous leur tapez sur le claque bec, etc… ah salop le peuple aura t’a peau, on t’aura, moi je dis cause toujours, je vous emmerde. Ensuite 2 ans vous laissez reposer le flan, vous faites des trucs plus calmes. Et les deux dernières années, plus rien du tout, des fontaines, des fleurs, et des bonnes paroles, je vous aime, oh catalans, je vous aime, oh occitans mes frères je vous aime, vous faites un petit institut, une merde pour propager le catalan auprès de 4 gugusses, tout le monde est content, tout le monde est content, évidemment
ils parlent catalan comme ça personne les comprend à 3 km de chez eux.’
Leçon de timing électoral !
’Mais ça leur fait plaisir. Moi je m’en fous, je parle l’occitan, parce que ma grand-mère parlait occitan, mais je le parle pas, parce que j’ai peur qu’on pense que je parle patois, donc, en plus bêtement, on m’a pas appris l’anglais, alors moi je parle le latin, le grec, l’allemand, l’italien je suis donc un demeuré, parce que ça sert à rien. Aujourd’hui faut parler anglais, ça prouve rien du tout, ça prouve pas qu’on est intelligent, mais ça prouve qu’on peut communiquer avec les trois quart de la planète. Apprenez l’anglais, mais surtout pas avec les profs d’anglais de Montpellier et de France, qui sont parmi les plus mauvais du monde. Les 4/5èmes des profs d’anglais parlent l’anglais comme une vache espagnole. Non, vous apprenez l’anglais, si vous êtes une fille, vous baisez avec un mec, si vous êtes un garçon, vous baisez avec des anglaises, et là vous apprenez vite, rien de tel que la communication orale. Moi je suis allé en Angleterre, j’ai baisé une quarantaine d’anglaises (...)’
Il y a une contradiction !