Front de Gauche : Le Monde entre approximations et contre-vérités

par Fab81
jeudi 22 novembre 2012

L'ancien quotidien de référence trompe ses lecteurs sur le positionnement du Front de Gauche : amateurisme ou désinformation ?

Au Front de Gauche, on doit commencer à avoir l'habitude. D'un côté, les lepénistes qui ricanent sur le thème : "vous vouliez Hollande, vous l'avez eu !". De l'autre, l'extrême-gauche qui intime l'ordre de rejeter sans examen ni discussion tout texte socialiste, sous peine d'être catalogué comme traître réformiste bon à fusiller au soir de la révolution. Entre les deux, les socialistes, pour qui être de gauche signifie être dans la majorité, et être dans la majorité implique le port de la laisse et de la muselière.

Face à toutes ces caricatures, le Front de Gauche peine à faire entendre son positionnement ! Qu'on ne compte surtout pas sur les médias pour en rendre compte avec rigueur. Ainsi, Le Monde, dans un article du 20 novembre consacré à la tentation centriste du PS, nous apprend que le Front de Gauche est passé sans transition du "soutien sans particpation" à "l'opposition sysytématique". Diantre ! En fait de soutien sans participation, ses parlementaires s'abstenaient dés le vote de la déclaration de politique générale de Jean-Marc AYRAULT. En fait d'opposition systématique, ils ont voté les emplois d'avenir, se sont abstenus sur la première partie du budget, et soutiendront sans doute le mariage pour tous.

Voter ce qui mérite de l'être, combattre le reste sans complaisance. Est-ce trop demander au Monde que de rendre honnêtement de ce qui a toujours été le choix du Front de Gauche ? On ne demande pas aux médias d'occulter le manque de lisibilité de ce positionnement pour un public habitué aux aternatives binaires entre majorité et opposition. On ne leur réclame pas de passer sous silence les débats que ces votes peuvent susciter. Mais au moins exiger d'eux de faire preuve d'un minimum d'honnêté.

Les raccourcis opérés par le Monde montrent les travers d'un certain journalisme trop rapide, trop superficiel. Mais ils pourraient aussi relever de parti-pris politiciens évidents. On présente ici le Front de gauche en force politique inconstante et sectaire. Ce peut être un moyen de dédouaner le PS en pleine dérive néo-libérale de sa responsabilité dans la fracture qui se creuse au sein de la gauche. Ce peut-être une façon de préparer le terrain pour une alliance du PS au centre-droit. Et surtout une stratégie pour discréditer la seule alternative aux politiques d'austérité.
 Pour le plus grand bénéfice de l'oligarchie financière et des populistes de tout poil.


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