Georges Frêche et l’humour gaulois
par jack mandon
mercredi 3 février 2010
- Si tu veux connaitre la vérité sur ton compte, offense ton voisin.
- La vitesse de la lumière étant
supérieure à la vitesse du son bien des gens paraissent brillants
jusqu’au moment où ils ouvrent la bouche.
La vérité
d’un homme c’est ce qu’il cache.
« On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui »
Pierre Desproges.
Georges Frêche n’est pas un homme politique ordinaire. Cela voudrait-il dire que la France est pourvue de politiciens très ordinaires ?
La spontanéité langagière de ce monsieur est authentique, brute de décoffrage et sincère. Le Languedoc ne s’y trompe pas.
En fait il dit ce que beaucoup de gens pensent tout bas, il réagit dans un premier temps, caractérologiquement, c’est un primaire.
"Qu’on lui foute la paix, il a grandement fait pour la Région Languedoc-Roussillon et Montpellier, qu’on le laisse poursuivre sa tâche", ajoute Gérard Depardieu. Dans son courrier, l’acteur se souvient : "Combien de fois ai-je entendu dire, dans mon dos, peut-être parce que mon père buvait, que nous habitions un quartier pauvre et qu’il vendait le quotidien L’Humanité, alors qu’il ne savait ni lire ni écrire, que cette famille ’n’a pas l’air très catholique’ ? Combien de fois ai-je entendu dire des calembours sur les politiques..." Il s’interroge en fin. "Le talentueux pamphlétaire Stéphane Guillon ne dit-il pas, sur France Inter, des choses encore plus énormes que la fameuse expression proustienne usitée dans notre langue par tous et par Georges Frêche ?"
Le franc parler est le parler franc, c’est le parler vrai. Nos ancêtres nous ont légué leur patronyme, leur francisque, leur susceptibilité et leur geste prompt. Ils se sont illustrés dans le temps et l’histoire en croissant et multipliant mais en tapant férocement sur les voisins qui ne partageaient pas leurs idées. Dans l’ensemble, cela nous a réussi.
Nous bénéficions dans le monde d’une renommée qui souvent nous dessert. Pour faire court nous avons des grandes gueules et beaucoup d’arrogance. Le coeur sur la main, la main gauche, et l’autre sur la figure de celui qui chatouille notre persona et ridiculise notre fierté.
Le coq gaulois ne déroge pas à la règle. Il peut être beau, remarquable dans son cadre, entouré de ses femelles. Néanmoins il semble un peu fragile, par exemple, à côté de l’aigle impérial teuton et ridicule en face de l’ours soviétique. Bref, chacun sa catégorie, les coqs et les lourds.
Pour revenir à celui de qui la tête au ciel est voisine et dont les pieds patauge dans le socialisme dogmatique et la fange politicienne de gauche et de droite confondues.
Les critiques qu’il subit sont à la mesure de son dérapage de langage. Des intérêts politiques mais aussi des craintes de beaucoup d’hommes et de femmes calomniés dans l’exercice de leur fonction. Les insultes et l’irrespect croissent exponentiellement.
Georges Frêche a l’emportement facile, l’accélérateur surpuissant et le frein défaillant.
Quant au fond, cet homme me donnerait envie d’être socialiste, pas pour sa tête de catholique, qui est surtout cathare, albigeoise et rabat-joie...mais pour le courage dont il fait preuve en affrontant seul un système ou tout le monde pense comme un seul homme...ça, c’est le vrai danger, la pensée grégaire. Tout ce qui fait la force et la faiblesse d’un homme politique ou religieux...le groupe, la pensée unique, la foi unique.
Laurent Fabius, lisse, tout propre, un vrai politique, même les adhérents l’ont exclu de l’ultime tournoi. Le bon sens populaire sans doute.
C’est vrai qu’ils avaient été sensibles au charme de Ségolène, une femme pour changer de tous ces mecs machos qui ont pour principal appui la raison, surtout la raison du plus fort...d’ailleurs Ségolène en a fait les frais...adieu Ségolène. Dommage que tu ne sois pas un homme pour servir ton ambition. Un François Mitterrand en jupon c’est moins crédible avec l’usure du temps, d’ailleurs François lui même en a perdu la vie. Et cet homme tellement sympathique, Pierre Bérégovoy. Il avait de l’amour dans les yeux, un homme d’exception pris dans la tourmente médiatique, la tempête politique et la trahison du même nom. Pas besoin de faire une analyse très pointue, il suffit d’écouter et de se laisser aller. Un brave homme simple que j’aurais bien voulu approcher. Le bon côté du socialisme...ils l’ont assassiné...qui on ? le système médiatique et politique, de concert ! La fatigue, l’usure du pouvoir et la dépression.
Revenons à G. F. ( Gaffes Fulgurantes) Les commentateurs militants et autres politiques sont un peu légers pour se laisser aller à faire de lui un anti-sémite, un anti-con , pour rester gaulois, assurément. Il n’est manifestement pas assez parisien et son verbe est à l’image des cimes pyrénéennes, rocailleux, coupant et irritant.
Les organisations anti-racistes sont mécontentes ? Encore des groupes qui se nourrissent de la même tambouille et qui se montent la tête dans leur pseudo différence. Un anti-raciste, c’est un raciste inversé...un raciste qui s’ignore. La vraie solution réside dans l’oubli de sa différence.
Quand un plongeur se trouve en face d’un requin qui fonce sur lui, il s’identifie à l’agresseur et celui ci dévie sa course, S’il essayait de s’enfuir, le requin le mettrait en pièce.
Selon le proverbe chinois, " On marche sur un homme couché, on contourne un homme debout. "
Pour la même raison, quand Georges Frêche affronte les anciens combattants algériens, (les harkis) en les traitant de "sous hommes", malgré la rudesse du premier degré il veut certainement dire qu’ils n’ont pas su affronter le pouvoir gaullien de l’époque héroïque. Ils ont été trahis et abandonnés par la France mais se sont souvent résignés...l’humilité ancestrale de la religion sans doute. Hors du contexte, je le propos de G. F. fait désordre.
C’est un peu en réaction que leurs enfants brulent les poubelles et les voitures. Ils ont la mémoire vivante et tenace...et le geste violent et malheureux.
En politique, ce qui ferait tellement plaisir aux citoyens, ce n’est pas le parler fleuri, mais l’idée et l’action sincères et vraies. La littérature et l’art en général, c’est autre chose, c’est pour le plaisir de chacun.
Le parler politique existe pour faire tomber l’autre, c’est le jeu, un drôle de jeu. La première phase, c’est la joute oratoire, le combat de coq. Après c’est plus périlleux.
Quand les responsables politiques auront compris que la critique de l’adversaire les dessert. Elle trahit souvent le manque d’idée et de proposition. Ils commenceront à réfléchir et à agir utilement, d’une manière originale en oubliant un peu l’adversaire.
La sincérité et l’intelligence sont apolitiques et ignorent naturellement la différence.
Le vrai problème, c’est la puissance de l’argent sur tous les hommes, le manque de conscience, la précarité de la liberté humaine et son aliénation. L’opium du peuple, c’est aussi nos fausses croyances et notre manque d’humour.
N’oublions pas de vivre heureux en attendant la mort. Pierre Desproges.
La peinture de F. Goya nous parle d’un combat vain car les deux hommes seront engloutis avant la fin des hostilités.