Grand débat

par bocaorne
vendredi 8 février 2019

Bocaorne                                            Tinchebray Bocage

Sans y croire : Ma contribution au grand débat (lecture 7 minutes)

Dans sa lettre aux français le 15 Janvier, le président affirme qu’il n’y aura pas de « questions interdites ». Pour orienter les discutions, il indique quand même, les quatre grands thèmes choisis. (Les impôts, l’organisation de l’état, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté).

Des thèmes semblent oubliés, pourtant objet de préoccupation journalière pour tous, (riches ou pauvres) c’est L’ALIMENTATION/AGRICULTURE. La première dépendant étroitement de la seconde ! ….

Que ce soit dans les riches assiettes de l’Elysée à 400 € pièce (canard enchainé du 13 Juin2018), dans la gamelle du compagnon, ou dans le sandwich du chômeur ou du smicard pour leurs restaurations hors domicile, tous ont besoin chaque jour à 100% de produits agricoles, ou piscicoles.

L’agriculture est la plus ancienne des activités. Depuis 10.000 ans et sa naissance dans le « croissant fertile » elle a été le pivot de la vie et l’origine du développement de l’humanité.

Toutes les activités économiques ou administratives ont leur utilité. Mais nous pourrions nous en priver pendant un certain temps. Personne ne peut prétendre pouvoir se priver momentanément des services de l’agriculture.

Pendant très longtemps, l’agriculteur a été perçu comme un réducteur de risques. En effet, sa fonction dans la société consiste à fournir de la nourriture, c’est-à dire à préserver la population du risque de famine et à ce titre il devrait bénéficier de la reconnaissance et de la considération de ses concitoyens.

L’agriculture française fut la plus performante au monde. Le solde du commerce extérieur des céréales et des produits de leur première transformation a ainsi pu atteindre un solde positif de 8,4 milliards d'euros en 2014, soit l'équivalent de 76 Rafale. Pour la paix dans le monde faut-il mieux vendre du blé ou des Rafales ?

La France démontre une fois de plus sa capacité à fournir sans faille aux pays du sud de la Méditerranée, ainsi qu'à ceux de l'Afrique subsaharienne et du Proche-Orient, le blé qui leur manque. Il est indispensable pour ces pays, dont les progrès agricoles ne peuvent suivre la progression des besoins, que la France réponde à leurs attentes.

Selon le think tank AgriDées. « Si demain, la France n’exporte plus de blé, elle finira par en importer, puis par importer de la farine ! »

Pourtant il ne se passe plus une journée sans que le monde agricole ne soit attaqué et accusé de tous les maux. Cela s’appelle l’«  agribashing*  ». Il est très facile de manipuler les consommateurs et de leur faire peur. Rien qu’à la télévision, il y a une émission anxiogène sur l’alimentation tous les trois jours, soit 80 par an, avec une présentation frauduleuse de la réalité constate Gil Rivière-Wekstein, auteur de l’excellent livre Panique dans l’assiette,.

Les consommateurs sont de plus en plus confrontés à une surenchère médiatique de livres, films documentaires et interviews de « spécialistes », toujours les mêmes, qui leur assènent leurs croyances et leurs certitudes, sans contestation possible, sur la toxicité des aliments et sur la responsabilité des méthodes de production agricole sans conforter leurs intimes convictions par des études scientifiques sérieuses.

Exemple d’affirmation gratuite d’un député de la France Insoumise « le contenu de nos assiettes est encore aujourd’hui une attaque caractérisée contre notre santé »

Les auteurs de ces pseudo études utilisent très prudemment le conditionnel. C’est souvent le cas dans les publications de Générations Futures, (un organisme qui use de pseudoscience et de chimiophobie pour alimenter son fonds de commerce). Pour éviter toute contestation il est précisé à la fin des communications « les résultats contenus dans ce dossier n’ont pas de valeur statistique significative au regard du faible nombre d’échantillons analysés »

Avec les méthodes modernes d’analyse, les appareils de mesure de plus en plus performants permettent de détecter des traces de tout et partout ! Avec le progrès, « le zéro devient de plus en plus petit » (déjà au procès de Marie Besnard (1952) l’un des experts s’était fait fort de trouver des traces d’arsenic dans le cuir du fauteuil du juge).

En observant les commentaires haineux des lecteurs de ces « dossiers » on constate que cette industrie de la peur a atteint son but : diaboliser l’agriculture transformer celui qui les nourri en empoisonneur. Cela peut même dégénérer en psychose : Le 31 octobre 2018 autour de la commune de Nort-sur-Erdre en Loire Atlantique un agriculteur semait de blé, Un voisin (qui ne s'est pas présenté) lui a téléphoné. "Il lui a dit que si quelqu'un revenait mettre des pesticides, il viendrait avec son fusil

Suivant une analyse The Economist Intelligence Unit (EIU),a effectué un classement des pays basé sur des données de Juin 2016 en fonction de leur performance en termes de qualité et sécurité de l’alimentation la France se classe en 2èmeposition (juste après le Portugal), commente France Agrimer qui a communiqué l’information.

En France avant 1914, 15 % des décès étaient dus à des intoxications alimentaires qui n’existent pratiquement plus aujourd’hui avec l’agriculture conventionnelle ( plus de 93 % de la production), et les contrôles accrus de la DGCCRF

Cela n’empêche pas certains qui travaillent dans le catastrophisme d’initier des pétitions pour faire pression sur le gouvernement et « exiger l’interdiction totale de tous les pesticides. » avec un slogan : « Nous voulons des coquelicots ! », ce qui prouve leur naïveté, leur ignorance, leur incompétence, ou leur mauvaise foi. Ils professent une agriculture qui N’A JAMAIS EXISTE ! « La protection des cultures est apparue il y a fort longtemps. Le soufre est utilisé en Grèce antique, dès 1 000 avant J.-C. L’arsenic est recommandé dès le début de notre ère en tant qu’insecticide par Pline l’Ancien, naturaliste romain, et les aconits (plantes de la famille des Renonculacées) sont employés au Moyen Âge pour lutter contre les rongeurs »

Peut-être que dans quelques décennies, les progrès de la génétique végétale, et la mise au point de produits éliciteurs et de biocontrôle permettront de diminuer très fortement l’usage de la chimie de synthèse, mais pour le moment les produits de protection des plantes homologués qui sont de moins en moins toxiques, et utilisés à très faible dose hectare. ( 20 à 30 gr/ha pour les sulfonylurées.) sont indispensables pour assurer la sécurité alimentaire

Plus que des incantations, les statistiques relativisent les propos anxiogènes des « lanceurs d’alerte » Pour 2015 le pourcentage de cas de cancers en France métropolitaine attribuable au mode de vie : Le tabac se classe premier 19,8% suivi de l’alcool 8%. Les pesticides n’apparaissent que dans la catégorie « exposition professionnelle ». qui englobe divers causes avec 3,8% en sixième position Cela concerne les agriculteurs, qui sont exposés à des doses plus élevées que la population générale soit environ 160 cancers par an.

Proposition ? ? Personne ne peut prétendre détenir seul la vérité. Il n’est évidemment pas question d’empêcher quiconque d’exprimer ses intimes convictions sur tel ou tel supports médiatiques qui acceptera de l’héberger.

Par contre il faudrait peut-être exiger que les argumentations soient assorties de preuves irréfutables. Il ne suffit pas d’affirmer que les résultats d’analyse détectent des traces de pesticides en ne précisant rien sur les doses de chaque, et rien sur les risques d’une consommation normale de l’aliment.

Le pouvoir cancérigène d’un verre de vin 13 gr d’alcool équivaut à la consommation de 150 baguettes de pain à 200 mg de Furfural ou 25 millions de pommes à 3 gr de Captan

Les quantités trouvées dans ces analyses sont souvent affichées en Nanogramme qui correspond à un millionième de milligramme : 1 Nanogramme C'est l'équivalent d'un seul cachet d'aspirine partagé entre le demi-milliard d'habitants

L’avis de M Mortureux, ancien directeur de l’ANSES (agence de sécurité des aliments) pour lequel « "On ne peut pas faire le raccourci selon lequel, dès lors qu'on détecte des traces de quelque chose, ça veut dire que c'est dangereux pour le consommateur", explique d'emblée Marc Mortureux, soulignant que les quantités sont inférieures aux limites légales et qu'il "s'agit parfois de picogrammes (millième de milliardième de gramme,)

Le 4 Juillet 2017 Un tribunal suédois décide que COOP doit payer 1 million de couronnes s'il continue à affirmer que les aliments bio sont « plus sains » ou « plus sûrs  » – en l'absence de preuves. Pourrait-on suivre cet exemple de moralité ?                                                          l

La France a progressé dans le contrôle de la sécurité alimentaire, selon le rapport annuel de la Cour des comptes rendu public mercredi. 06/02/2019 à 12:34

 


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