Guerre ou Paix
par politzer
mardi 10 février 2026
Une proposition de Bernard Monot
Impasse du réformisme ?
Bernard Monot : un projet souverainiste pour une « Alliance européenne des nations » et le retour stratégique à l’or
Bernard Monot, économiste politique, ancien député européen (2014-2019) et vice-président du Cercle National des Économistes (CNE), est l’une des voix les plus cohérentes et radicales du souverainisme français contemporain.
Ancien cadre du Front National (devenu RN) où il fut conseiller économique de Marine Le Pen, il a quitté le parti en 2018 pour rejoindre Debout la France (DLF) de Nicolas Dupont-Aignan, avant d’adopter une posture indépendante.
Son slogan personnel résume sa grille de lecture du monde :
« Comprends l’or, et tu comprendras l’économie, la politique et l’Histoire. »
Son projet central, exposé dans son ouvrage « L’Eurovision pour les peuples : De l’échec de l’Europe fédérale au succès de l’Europe des patries (2019) »
et dans de nombreuses interventions sur TV Libertés (Politique & Eco, 2024-2026), repose sur deux axes indissociables :
-Une refonte radicale de la construction européenne et
-Un retour stratégique à l’or comme pivot du futur système monétaire, face à la chute imminente du dollar et à l’agressivité accrue des États-Unis.
1.Une « Alliance européenne des nations » confédérale
Monot propose de remplacer l’Union européenne actuelle – qu’il qualifie d’outil « mondialiste » et supranational – par une Alliance européenne des nations inspirée du gaullisme (« Europe des patries ») :
- Une Europe intergouvernementale où chaque État reste souverain sur sa monnaie, sa banque centrale, son budget, ses frontières et son système bancaire.
- Coopération volontaire et pragmatique sur les domaines stratégiques : défense commune (sans OTAN obligatoire), énergie, immigration, commerce extérieur.
- Fin de la Commission européenne comme pouvoir exécutif central, de la primauté du droit UE et de la Cour de justice supranationale.
- Abandon progressif de l’euro unique au profit d’une souveraineté monétaire retrouvée (monnaies nationales ou euro réformé avec clauses dérogatoires nationales).
- Objectif : Multiplier la puissance de chaque nation sans céder de souveraineté, pour une Europe « libre et souveraine » au service des peuples, capable de résister à la vassalisation atlantique et à la pression américaine.
2. Le retour à l’or : clé de la souveraineté et extincteur à dette face à la chute du dollar.
Pour Monot, le système monétaire fiat post-1971 (dollar et euro sans ancrage physique) est condamné par le surendettement explosif (dette US 38-40 trillions $, France 120-130 % du PIB).
La dédollarisation progressive en cours – accélérée par les BRICS, -The Unit backed à 40 % or physique + 60 % panier de devises nationales, et
-l’accumulation massive d’or par la Chine, la Russie et l’Inde –
annonce une chute imminente du dollar : effondrement silencieux du pétrodollar, perte totale de confiance dans le billet vert, et fin de sa suprématie dans le commerce mondial.
Cette bascule vers un SMI 2.0 multipolaire rend l’or pivot neutre et anti-inflation incontournable.
Dans ce contexte, Monot défend un retour stratégique à l’or pour la France, comme bouclier antibanqueroute et extincteur à dette de manière douce :
- Audit immédiat des 2 436 tonnes d’or de la Banque de France (90 % à Paris, 10 % à la Fed NY) pour vérifier l’intégrité physique et auditer les ventes passées.
- Réévaluation comptable / officielle du stock existant : passer d’un prix de marché actuel ( 2 800-3 000 $/oz) à un prix beaucoup plus élevé → création d’une plus-value comptable massive (centaines de milliards €) qui dilue relativement la dette réelle sans hyperinflation immédiate ni austérité brutale.
- Programme d’achats massif (plan triennal proposé par le CNE) : racheter 645 tonnes pour revenir au niveau pré-2004 (3 100 tonnes), avant les 589 tonnes bradées sous Sarkozy (2004-2009). Coût estimé 61 Md€ (cours 2025), financé par réductions de dépenses de fonctionnement de l’État (40 Md€/an, gaspillages administratifs – pas les prestations sociales).
- Sanctuarisation constitutionnelle : inscrire dans la Constitution la protection du « trésor de la France » (or) contre toute ingérence de l’UE, de la BCE ou du FMI.
- Conseil aux citoyens : transformer l’épargne en euros en or physique avant l’envolée du cours, pour préserver le pouvoir d’achat face au chaos fiat.
3.Pour imposer ces mesures,
le CNE (sous l’impulsion de Monot) a adressé une lettre ouverte aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, ainsi qu’aux commissions des finances des deux chambres (fin 2025/début 2026). Cette lettre alerte sur le risque d’un krach obligataire et d’un effondrement monétaire systémique, et appelle à un audit immédiat des réserves d’or et à un programme d’achats urgent comme réponse institutionnelle transpartisane.
Impasse du reformisme ?
Réponse des politiques : À ce jour (février 2026), aucune suite officielle n’a été donnée. Silence total des présidents des assemblées (Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher à l’époque), des commissions des finances, et des partis majoritaires (Renaissance, LR, PS, LFI, RN). Aucun amendement budgétaire, débat parlementaire ou audition n’a été organisé sur le sujet dans le cadre du PLF 2026 ou des débats connexes.
Monot qualifie ce mutisme de déni ou de soumission à la logique UE/BCE/FMI, et appelle à une mobilisation citoyenne massive (lettres aux députés) pour forcer l’inscription du plan or au budget 2026 ou 2027.3.
L’agressivité des États-Unis : brigandage financier pour retarder la chute
Monot insiste sur l’agressivité croissante des États-Unis face à cette bascule : les USA, « hégémon blessé », pratiquent un brigandage financier via la weaponisation ( l arme) du dollar (sanctions unilatérales contre Russie, Iran, Venezuela, etc.), le gel de réserves étrangères (300 milliards $ russes gelés en 2022), et les menaces de tarifs douaniers massifs (100 % sur les pays BRICS qui challengent le dollar, comme répété par Trump en 2025-2026).
Ces pratiques répressives (financières et commerciales) visent à discipliner les récalcitrants et à prolonger artificiellement la suprématie du dollar, mais elles accélèrent paradoxalement la dédollarisation :
Les pays sanctionnés (et leurs alliés) fuient vers l’or, les monnaies locales et les systèmes alternatifs (BRICS Pay, mBridge).
Pour Monot, cette agressivité américaine – combinée à la fragilité des dettes occidentales – rend urgente une Europe souveraine des nations, capable de se protéger du chaos monétaire et de la vassalisation atlantique.
L’or devient alors l’assurance ultime contre le pillage des richesses nationales et la servitude par la dette( cf le jugement de M.Rocard sur la fonction de la dette comme moyen d asservissement des peuples).
4. Objectif social et géopolitique : éviter le saccage et la servitude
Monot lie explicitement le retour à l’or à la préservation du modèle social français :
- Éviter le saccage social (austérité imposée par Bruxelles/FMI, coupes dans retraites, santé, éducation, explosion de la pauvreté et des révoltes).
- Protéger les classes moyennes et populaires via un ajustement « doux » (dilution de la dette réelle par réévaluation or) plutôt que par inflation galopante ou impôts massifs.
- Préparer la France à la multipolarité mondiale (BRICS, SMI 2.0) et à la fin du privilège exorbitant du dollar, sans vassalisation à l’UE ni rupture violente.
Actualité et urgence (2025-2026)
Dans ses dernières interventions sur TV Libertés, Monot relie son projet à l’actualité : tensions Trump-BRICS, records historiques de l’or, réforme Bâle III (juillet 2025) qui revalorise l’or comme actif de qualité maximale, et risque croissant de krach obligataire.
Il appelle à une mobilisation citoyenne (lettres aux députés pour intégrer le plan or au budget 2026) et à un leadership intègre en 2027 capable de sanctuariser l’or et de négocier l’Alliance des nations.
En synthèse, le projet Monot est une réponse cohérente et patriotique à la triple crise :
-monétaire (chute du dollar et fiat surendetté),
-européenne (fédéralisme mondialiste) et
- géopolitique (agressivité US et dédollarisation).
Il mise sur l’or comme règle d’or ultime et
sur une Europe confédérale des nations souveraines pour éviter à la fois la servitude par la dette, le chaos social et le brigandage financier international. Une vision radicale, mais qui se veut réaliste face à la bascule historique en cours.