Hommage à Jean-Jacques Le Chenadec et Jean-Claude Irvouas, assassinés il y a dix ans (émeutes de 2005)
par Jehan
mardi 19 mai 2015
Une certaine France a alors pris fait et cause pour les émeutiers. Bagnoles incendiées, mobilier urbain saccagé, policiers blessés, une véritable descente aux enfers pour les habitants des quartiers populaires qui ont subi la loi des voyous durant plusieurs jours. Beaucoup ont réclamé l'intervention de l'armée pour mettre fin au bazar, en vain. Cette démarche aurait fait mauvais genre au pays des droits de l'homme, où, inversion des valeurs oblige, l'assisté et le délinquant ont le dernier mot face au brave citoyen.
Certains ont ainsi perçu un "mal-être" des jeunes (!), une révolte face aux "discriminations", au "chômage", aux "injustices" etc. bref le baratin habituel des intellectuels des beaux quartiers, qui, loin des quartiers à problèmes, entendent refaire le monde. Un monde où l'onirisme des bisounours prédomine, à des années-lumières des réalités vécues par nos concitoyens les plus humbles.
Deux d'entre eux ont d'ailleurs trouvé la mort, assassinés, durant les "évènements". A Stains (93 encore), le brave ouvrier à la retraite Jean-Jacques Le Chenadec, qui a voulu empêcher un groupe de "jeunes en colère" de foutre le feu à sa poubelle. Conséquence : un tabassage fatal de la part de son agresseur, Salahadine Alloul, vingt-deux ans à l'époque, qui en prime a refuser d'assumer son meurtre devant le tribunal. Il fut puni de... cinq ans de prison (!), soit l'équivalent de la sentence pour un délit routier grave. A Epinay-sur-Seine (93, là-encore et toujours), c'est le photographe Jean-Claude Irvoas qui fut massacré par trois lascars, qui l'avaient pris pour un policier en civil en train de poser des caméras de vidéo-surveillance. A ma connaissance, personne ne commèmore ces deux crimes odieux, prémédités, dont les bien-pensants semblent se laver les mains...
Car défendre Zyed et Bouna c'est plus parlant, plus tendance. Et puis "niquer les keufs" ça passe mieux en France que "protégeons les braves gens". Nous sommes au pays des droits de l'homme ; lesquels au fait ? A voir. Car la presse nous a seriné avec le procès(!) des policiers de Clichy, suspectés de ne pas avoir porté secours aux deux loulous en fuite ! Du délire à la française. Je me souviens d'un voisin, en Bretagne, qui avait mis en fuite un cambrioleur qui s'était introduit dans sa maison. Il avait frappé le jojo avec une pelle de chantier... quand la gendarmerie arriva sur les lieux, je vous laisse deviner qui fut embarqué (!) (véridique).
Nous vivons au pays des contre-valeurs. J'ai vécu au Raincy, limitrophe de Clichy-sous-Bois, au moment des émeutes. Je peux témoigner que les "insurgés" n'avaient rien de victimes sociales. Il s'agissait de petits voyous qui réclamaient le droit à l'impunité. Personne connaissant ces quartiers ne pourra me contredire. Seuls les éternels bobos viendront repasser... et j'en sais quelque chose.
L'autre jour, place St Michel à Paris, j'ai défendu une touriste américaine contre un pickpocket roumain qui tentait de la voler. Légère bousculade agrémenté d'un "retourne chez Dracula" qui n'a pas fait broncher l'interessé, qui a déguerpi. Un bobo à lunettes m'a alors apostrophé de "raciste" (!) ; on en finit pas d'halluciner. Après avoir demandé à cet abruti ce qu'il cherchait au juste et de quoi il se mêlait, je lui ai proposé d'offrir son porte-feuille au premier dace venu, ces gens qu'il aimait tant défendre. Dialogue stérile. Il vit dans son univers protégé, moi dans le mien. J'ai passé ma vie en quartier populaire, j'ai enseigné en banlieue, et les braves gens m'ont toujours respecté. Peu m'importe le sort des délinquants.
Alors à chacun ses combats. Pour ma part, j'aurai une pensée pour le brave retraité de Stains et pour le photographe d'Epinay, honnêtes français qui ne demandaient rien à personne. Juste le droit de vivre et travailler en paix. J'espère que vous serez nombreux, amis internautes, à faire de même...