Hortefeux condamné, il doit quitter le gouvernement

par Imhotep
lundi 7 juin 2010

Il n’y avait bien que l’UMP pour voir dans les propos d’Hortefeux une galéjade d’Auvergnat, il n’y avait bien que le procureur pour penser que cette déclaration n’était pas publique devant une caméra à laquelle et Copé et Hortefeux avaient jeté un œil, caméra du service éminemment public puisqu’il s’agissait de Public Sénat (en association avec la Chaine Parlementaire de l’Assemblée Nationale), procureur qui avait en plus demandé la relaxe. La justice a en décidé autrement, notre ministre de l’intérieur a été condamné pour injure raciale.

 Il y avait la jurisprudence Balladur (ce qui prête à sourire quand on connaît les développement du Karachigate (la porte derrière laquelle se cache bien des misères et turpitudes)) qui avait valu les démissions des Longuet, Carignon, DSK (tiens le futur candidat) et Michel Roussin. Il s’agissait, même non condamné, mais simplement inquiété par la justice, de démissionner jusqu’à que le supposé fautif soit blanchi ou non. Bon Santini, avec plusieurs casseroles sur le feu de la justice avait déjà bafoué cette jurisprudence, puisque resté au pouvoir malgré les ébullitions à gros bouillon. C’est vrai qu’il est du 9-2, lui le blagueur fumeur de cigare, là où l’inutile toujours ministre Devedjian voulait nettoyer certaines écuries.
 
Sarkozy, lui, avait fait campagne sur une République irréprochable, presqu’au pain sec et à l’eau pouvait-on croire pendant la période électorale, évidemment c’était plus difficile après le Paloma, air Boloré pour l’Egypte, Wolfeboro, la villa mexicaine, le voyage d’Estrosi en jet privé, l’appartement de fonction de Fadéla Amara mis à disposition de ses deux frères (très exigeants lesdits frères paraît-il) avec maître d’hôtel et cuisinier, le 14 juillet avec 7 500 invités et près de 750 000 euros, le cocktail de NY à 250 000 € et autres réjouissances payées par la cassette ruinée des Français, il s’était même fendu de cette déclaration : Si un ministre devait être envoyé en correctionnelle, il devrait quitter le gouvernement. S’il était relaxé, il reviendrait.
 
De cette simple phrase sans même aller chercher plus loin, Hortefeux aurait dû trouver tout seul le chemin de la sortie, lui qui avait sanctionné avec fougue et des mots durs un certain préfet (vous savez à l’aérogare en conflit avec du personnel) et avait déclaré un certain 14 août 2009 (juste avant de déraper sur la peau de banane de son esprit taquin de bougnat (Libération) : Je ne tolèrerai jamais que des propos racistes ou discriminants soient tenus dans notre pays, d’autant plus par un représentant de l’Etat, quel qu’il soit. Ces comportements sont indignes des valeurs de notre République. En bon chrétien je lui dirais : charité bien ordonnée commence par soi-même. Allez : exécution ! (je veux dire, non la guillotine mais exécution de la conséquence de ne pas tolérer ce comportement indigne).
 
Il faut noter qu’à l’unisson de la position de Nicolas Sarkozy, qui souhaite avant même une condamnation, juste à l’odeur d’un renvoi, que le ministre démissionne, l’Hortefeux avait suivi la consigne pour un autre puisque : Dans l’attente des résultats de l’enquête en cours, j’ai décidé de suspendre immédiatement l’intéressé de sa mission de coordinateur local, pour la Réunion, des Etats généraux de l’Outre-mer. Il avait donc suspendu par mesure conservatoire le supposé coupable.
 
Vous pouvez aussi savourer ce petit bijou à l’époque de cette suspension : Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a justifié vendredi dans un communiqué la suspension du préfet Paul Girot de Langlade de sa fonction de coordinateur local pour la Réunion des Etats généraux de l’Outre mer, après le dépôt d’une plainte pour « injures à caractère raciste ».
 
Et pour quelle raison notre ministre de l’intérieur est-il condamné ?
 
Selon la jurisprudence Balladur, selon la République irréprochable de Nicolas Sarkozy et selon ses propos absolus et définitifs sur un ministre renvoyé en correctionnel, selon les propres propos de Brice Hortefeux lui-même, ce dernier se devait de réagir dans la dignité et l’honneur, dans le respect de notre République, et aurait dû démissionner dans la seconde qui a suivi sa condamnation, bien qu’il eût dû démissionner dés sa mise en cause par la justice. Il est vrai que sa parole vaut autant que la promesse de l’UMP que tout élu sur ses listes aux européennes siègerait au parlement, ce que n’a évidemment pas fait Brice Hortefeux, trahissant un engagement de campagne.
 
Il fait appel et déjà parle de cassation, comme s’il pensait qu’il perdrait encore en appel, cette fameuse cassation qui devient une autre cour d’appel alors qu’elle ne juge que la forme et non le fond. Mais il est évident pour l’édification de notre jeunesse, bien plus profitable que la lettre de Môquet ou du parrainage d’un enfant de la Shoah, qu’un ministre si haut placé ne peut rester en fonction sous le coup d’une condamnation et en plus de quelle condamnation ! La République est une et indivisible de ce fait une injure raciale, jugée comme telle par la justice souveraine de notre pays, la souille et oblige son auteur, s’il est dans les plus hauts postes de l’Etat, à la démission. Il ne peut plus exercer de pouvoir exécutif. Il ne le peut d’autant moins qu’il est au poste qui par sa nature se doit d’être le plus irréprochable qui soit en matière d’injure raciale. Il est garant de l’ordre public, il est le chef ministériel du culte. Il ne le peut pour des raisons de morale, de moralité, de justice et tout simplement parce que la police est déjà considérée comme raciste et qu’elle ne peut en aucun cas supporter un soupçon de plus, le soupçon infamant et destructeur qu’à son plus haut niveau l’injure raciale ait droit de cité.
 
Nous ne sommes plus dans des supputations d’opposants, nous sommes dans la réalité judiciaire des faits et vérités. Hortefeux est devenu depuis la semaine dernière un condamné pour injure raciale et sans doute l’interprétation que cette injure n’aurait pas été publique lui aura évité une condamnation pour racisme ou incitation à la haine raciale.
 
Allez, ouste, dehors !
 
Vignette Brice Hortefeux, Wikipédia
 

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