Il faut encorner Lecornu
par Alexandre Gerbi
mardi 14 octobre 2025
Le taureau France est couvert de banderilles. A ses flancs, plusieurs plaies béantes. L’œuvre de redoutables picadors après une interminable corrida. Pourtant, l’énorme animal est encore debout. Sanguinolent. Ecumant. Vacillant. Or voici que pénètre dans l’arène le petit matador Lecornu, dans son habit d’imposture. Il faut encorner Lecornu.
Le macronisme, c’est l’imposture.
Escroqueries covidienne, énergétique, climatique, belliciste. Des centaines et des centaines de milliards d’euros partis en fumée. Dilapidés. Jetés par les fenêtres. Un cyclopéen essorage de la France et des Français.
Mais si tout Macron n’est qu’imposture, avec Lecornu, le phénomène touche au sublime.
Car l’arnaque porte cette fois sur la formation même du gouvernement.
Admirez la statue triomphale de Lecornu Premier ministre. Allégorie grotesque de l’escroquerie suprême. Erigée sur le cadavre de la démocratie…
Pile ou face de la mort
Au crépuscule de l’ère Macron, l’avenir se joue à pile ou face.
Alternative simple. Une chance sur deux, peut-être, de s’en tirer.
Soit l’imposteur chute avant même d’avoir gouverné et, sans être sauvé, au moins le pays cesse de s’en remettre à son fossoyeur démontré ; soit le cauchemar va jusqu’à son terme, et le énième palotin macronien, mais le plus semblable à son maître, s’installe à Matignon avec un gouvernement adoubé, peu ou prou, par l’Assemblée nationale. Pour achever d’écraser notre malheureux pays contre le mur patiemment fabriqué…
Ce qu’on pourrait appeler « la roulette française »…
Feinte et désastre démocratiques
Récapitulons.
Macron a été défait aux Européennes en juin 2024. Il a répliqué par la dissolution de l'Assemblée nationale.
Jusque-là tout allait bien. Cette dissolution respectait admirablement la démocratie. Quoi de plus louable que de rendre la parole au peuple après avoir été désavoué par lui ?
Mais on connaît Macron. Ce beau geste n’était que feinte. Loin de respecter la volonté du peuple, la dissolution fut l’occasion de la piétiner.
Ainsi, en juin 2024, Macron a laissé une fois de plus les médias d’État (France Télévision, France Inter, etc.) et les médias subventionnés par lui (Le Monde, Libé), sous le silence assourdissant de l’Arcom, traîner le RN dans la boue, sur le thème habituel : « le fascisto-racisme est à nos portes ».
« En même temps », le président de la République s’est joint, par le truchement de son palotin Attal, aux alliances électorales croisées de ses complices de l'UMPS – UMPS dont il constitue, depuis le début, une synthèse.
Alliances contre-nature pour Assemblée disloquée
Des alliances contre-nature (du moins en apparence…) qui couraient allègrement de LR jusqu’à LFI. Avec Mélenchon, vrai-faux mouton noir, vieux de la vieille des réseaux trotsko-socialistes, s’alliant avec ce que le capitalisme financier a produit de pire… sous prétexte de contrer la menace fasciste !
Malgré ces combinaisons, Macron fut défait aux législatives. Les alliances scélérates, encouragées par lui, orchestrées avec les autres chefs des partis du Système, ont accouché d'une Chambre éclatée à la majorité introuvable.
Résultat, après avoir fait durer Attal aussi longtemps qu'il le pouvait, l’homme le plus détesté de France a fini par nommer à Matignon, successivement, les ectoplasmes Barnier et Bayrou. Siamois caricaturaux de la collusion avec le Système, ces deux culbutos blanchis sous le harnais ont prolongé le macronisme, dans la fadeur duplice et destructrice de l'UMPS, toujours lui. Il est vrai que Les Républicains (LR, ex-UMP), d’où vient Barnier, aussi bien que Bayrou (Modem), participent à l'aventure macronienne depuis le départ, depuis 2017, par transfuges interposés, de Le Maire, Darmanin et Philippe, jusqu’à Dati, Retailleau et Lecornu…
Or voici qu'au bout du chemin de la décomposition du pays, après huit ans d'un des pires règnes de l'histoire de France, Macron au plus bas dans les sondages, complètement discrédité, de plus en plus souvent haï, identifié par une large majorité de Français, au mieux comme un incapable, de plus en plus souvent comme un traître, un ennemi intégral de la France et du peuple français, voici que Macron entend nous fourguer comme Premier ministre... sa plus caricaturale marionnette : Lecornu !
L'hypothèse Lecornu aurait dû être balayée à l'instant même de sa formulation
Que Macron puisse espérer, en dépit de ses défaites électorales successives et de son vertigineux discrédit, alors qu'il aurait dû être destitué des dizaines de fois pour des faits gravissimes relevant de la haute trahison voire du crime contre l'humanité, que Macron puisse espérer placer à Matignon son clone, voilà qui touche à la suprême provocation. L'hypothèse Lecornu aurait dû être balayée à l'instant même de sa formulation. Cette velléité macronienne à elle seule aurait dû faire scandale. Les médias nous narrent pourtant avec délices, depuis plus d’un mois, les pourparlers et les promesses du nouvel imposteur avec les autres imposteurs de l'opposition, au premier rang desquels, bien sûr, le Parti Socialiste et LR…
Lors de son premier et éphémère gouvernement (moins de vingt-quatre heures), pour amadouer son monde, le Premier ministre de la guerre de Macron a immédiatement déclaré qu'il renonçait à l'odieux projet de supprimer deux jours fériés. En réalité, l’abandon de cette ignominie, du moins tel est le calcul, doit permettre d’en perpétrer d’autres, nombreuses et encore pires. A commencer par la course à la guerre avec la Russie. A condition que tout se déroule, bien sûr, comme Big Brother Macron nous l'annonce, avec de plus en plus d’insistance, depuis des mois. En réalité, comme nous en avait instruits Orwell dans 1984, la guerre perpétuelle sert le programme politique, lui aussi orwellien, de destruction des libertés publiques et individuelles. Et surtout la poursuite du pillage du pays, notamment avec l'escroquerie de l'ARENH. Cette stupéfiante et colossale arnaque qui coûte à chaque Français, à chaque entreprise française, à chaque collectivité, en permanence. Et coule peu à peu le Pays déjà saccagé, notamment, par l'escroquerie covidienne et ses conséquences désastreuses en termes de dette et de paupérisation.
Ribambelle d’escroqueries
Cette aberration de l'ARENH qui contribue à sucer le sang du pays, Lecornu n'y changera rien. Comme il ne changera rien à tout ce qui déraille en France. D'ailleurs, depuis cinq semaines qu’il nous balade, jusques et y compris après sa vraie-fausse démission, il n’a pas dit un mot de l’escroquerie électrique. Et comme de bien entendu, il ne viendrait à l'idée d'aucun journaliste de questionner le Premier ministre sur la raison pour laquelle EDF a été torpillée depuis quinze ans par tous les gouvernements successifs. Ni de demander pourquoi l'Etat maintient et aggrave le système de sangsues (dernier épisode en date, signé Bayrou avant de partir, visant les barrages hydro-électriques) qui se goinfrent aux dépens des Français et la France, au profit d'un minuscule nombre de petits veinards.
Mais il est vrai qu’interroger sur ce sujet, invoquer ce dossier explosif du dépeçage et pillage d’EDF, ce serait tirer le fil d'une énorme pelote de l’escroquerie générale, covidienne, climatique, énergétique, belliciste, qui pourrait bien conduire à discréditer sinon le régime, du moins une grande partie de ses dirigeants. Une poignée d’individus qui nous ont littéralement trahis depuis au moins un quart de siècle, pour ne pas remonter plus loin. Mensonge après mensonge, escroquerie après escroquerie, imposture après imposture.
Il n'est évidemment pas question d'y mettre un terme, nous ne le savons que trop bien…
Dissolution impossible
C’est aussi pourquoi Macron veut éviter à tout prix la dissolution. Car si d’aventure le peuple français, au bout du bout du bout du ras-le-bol et du dégoût (car même si nombre d’entre eux ignore en grande partie la trahison, elle finit tout de même par leur apparaître par la force des choses, ses dégâts étant très avancés) donnait, malgré la propagande habituelle, la majorité au redoutable RN, ce dernier pourrait bien se livrer à un grand déballage, qui mettrait en évidence l’ampleur de la trahison. Alors Macron serait foutu. Avec quelques autres. Et beaucoup de fortunes encore à faire tomberaient à l’eau…
En un mot comme en cent : avec cette dissolution qui lui pend au nez, Macron jouerait sa peau…
En attendant, si d'aventure Lecornu devait, après tant de pitoyables péripéties, obtenir la confiance, cette pantalonnade présenterait tout de même un avantage. Elle démontrerait qu'un président mal élu deux fois, parvenu à la magistrature suprême dans des circonstances discutables voire extrêmement suspectes (par exemple, et dans des genres différents, l’affaire Alstom et l’affaire Fillon), fossoyeur acharné et cynique de son pays, agent étranger patenté et amplement démontré dans les actes, un tel personnage peut perdre deux élections et maintenir l’essentiel de son pouvoir.
Autrement dit, si d’aventure le matador Lecornu Premier ministre devait obtenir le soutien de l’Assemblée nationale, la preuve serait administrée que nous ne sommes plus dans une démocratie.
Et que le taureau France court à l’estocade.
Il faut encorner Lecornu.