Ils appellent ça un complot...
par Lucia Gangale
vendredi 29 octobre 2021
La télévision italienne non alignée sur le récit dominant (le vaccin sauve des vies et le pass sanitaire encore plus), à travers l'émission Report, diffusée sur Rai Tre, a révélé que les risques thrombotiques d'Astrazeneca étaient connus, mais le Comité Scientifique Technique les a ignorés, laissant place aux journées portes ouvertes pour les vaccinations de masse.
Nous vivons un moment étrange et malheureux de l'histoire. C’est une époque où la science est devenue un dogme absolu, comme une religion, et où, au nom de ce dogme, des personnes peuvent être privées de leurs droits les plus élémentaires. D’abord, ils vous demandent de rester à l’intérieur comme des souris. Ensuite - et cela se passe en Italie, le seul Pays au monde -, on vous dit que vous n’avez plus le droit de travailler et de salaire si vous n’avez pas de pass sanitaire (qui, comme on le sait, n'a rien à faire avec les soins de santé parce que son détenteur peut être infecté et propager la contagion).
C’est aussi un moment où, comme l’affirme le philosophe italien Massimo Cacciari : « Nous n’avons pas vu depuis des décennies un État capable de faire disparaître dans le silence des dizaines de milliers de personnes qui protestent. Indépendamment de ce que ces gens prétendent, le fait que ces manifestations aient été ignorées (alors que des reportages nationaux ont été diffusés, avec même des reporters sur place faisant état d'expulsions de rave non autorisées) devrait donner des frissons à tout le monde ».
Le philosophe allemand Günther Anders (1902-1992), pour sa part, a déclaré : « Pour étouffer à l'avance toute révolte, il ne faut pas la faire violemment. Les méthodes comme celles d'Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un tel conditionnement collectif puissant que l’idée même de révolte ne viendra plus à l'esprit des hommes ».
L’histoire est aussi étrange et pleine de surprises. En effet, le pass sanitaire est désormais en vigueur en France, berceau des Lumières, et en Italie, patrie de la période fasciste et de la sous-culture qu'il a exprimée à tous les niveaux.
L’establishment médiatique, dans les deux cas, a gardé le silence sur l’ampleur des manifestations de rue continues, dont il n’y a presque aucune trace à la télévision et dans les journaux, mais que l’on peut retrouver sur Twitter et sur différentes chaînes Telegram.
De même, l’histoire porte toujours en elle quelque chose d’impondérable par rapport aux calculs des vils hommes d’affaires, des banquiers au pouvoir, des profits stellaires des entreprises pharmaceutiques. Il s’agit des révolutions d’en bas et de la capacité de jugement que les puissants aspirent perpétuellement à faire taire. En Italie, les habitants des dockers de Trieste ont cédé la place à une révolte massive contre le pass sanitaire. Ainsi, le pouvoir qui divise et conquiert, s’est retrouvé devant un peuple de possédés, mais de gens au jugement critique, qui protestent le chapelet à la main (les dockers de Trieste qui ont été battus et attaqués aux bouches d’incendie par la police).
Il s’est retrouvé face non pas aux personnes non vaccinées, mais à une population déterminée composée en grande partie de personnes vaccinées.
Il songea à discréditer les gens à qui il prend de plus en plus de droits, pensant pouvoir les qualifier de "conspirateurs", "ignorants", "violents", et au lieu de cela, le pouvoir, qui est toujours arrogant et récidiviste dans ses erreurs, il s’est retrouvé devant des philosophes (comme Agamben), de hauts prélats (comme Viganò), de hauts juges, des psychologues, des avocats, des médecins.
Les mots ont toujours été importants dans l'histoire de l’humanité et aujourd'hui, à l’ère des réseaux et du partage, ils le sont encore plus.
Le pouvoir est prompt à étiqueter les gens, mettant en œuvre le processus de déshumanisation qui sert si bien ses intérêts. Mais les gens veulent juste vivre en paix. Il n’y a que le pouvoir qui complote. Elle l’a fait tout au long de son histoire.
Dans la photo : la police tire au canon à eau sur des manifestants pacifiques à Trieste