Immigration
par Jacques-Robert SIMON
mardi 26 décembre 2023
Les Hommes sont-ils interchangeables et malléables à l’envi ? La notion de civilisations a-t-elle un sens et sont-elles mortelles. ? Lorsqu’on a une source froide et une source chaude peut-on les isoler suffisamment jusqu’à empêcher tout transfert de chaleur ? Qui profite de quoi dans un monde où les profits sont devenus les seules sources de richesse ?
L’épigénétique est une discipline de la Biologie qui étudie les processus qui modifient de façon réversible mais transmissible à une descendance l’expression des gènes sans changer la séquence nucléotidique. Les conséquences peuvent être spectaculaires : un renard polaire normalement brun foncé devient blanc en hiver. La Nature ne confie pas au seul hasard l’évolution d’une espèce, des caractères acquis, donc contrôlables, peuvent être transmis même si la stabilité de la modification est moins grande que lorsqu’il s’agit d’une modification de la séquence d’ADN. Tous les Hommes ne sont pas biologiquement semblables mais ils peuvent être grandement modifiés par leur environnement physique ou mental. Mais dire qu’un Norvégien est forcément blond n’a aucun sens, de nombreux siciliens le sont aussi. En revanche, en moyenne, il y a bien plus de blonds en Norvège qu’en Sicile.
Quant aux civilisations, elles n’ont évidemment qu’un temps. L’Empire Romain s’effondra sous les coups d’Alaric. La chute de l’Empire Inca serait associée à des rivalités entre ethnies. La fin de l’empire chinois, encore florissant en 1820, serait dû aux intrusions étrangères, à des famines, à de multiples soulèvements de population. Comme tout corps organique, une civilisation naît, grandit, vieillit et finalement meure pour toute une série de raisons inextricables.
Revenons plus prosaïquement à l’immigration. Il faut en premier lieu constater ce que personne n’énonce clairement : ceux qui veulent le plus ardemment chasser les personnes immigrées du territoire sont exactement les mêmes que ceux qui ont fait des pieds et des mains pour les faire venir il n’y a pas si longtemps. Cette apparente contradiction s’explique pourtant aisément.
Georges Pompidou était déjà effaré par les désirs de certains de faire venir des immigrés. Il a eu cette parole : « Ils en veulent toujours plus ». Dans le même temps, de 1948 à 1961 la Confédération Générale du Travail (CGT) a systématiquement demandé de restreindre l’immigration. Georges Marchais en 1981 a même déclaré : « Il faut stopper l’immigration ». Dans l’esprit des communistes de l’époque il s’agissait de défendre nationalement toutes les classes ouvrières, en concertation mais indépendamment les unes des autres. Des apports exogènes ne pouvant que fracturer la classe des travailleurs et donc interdire d’obtenir des acquis voire de prendre le pouvoir. Par la suite, la Gauche a choisi de défendre les démunis sans tenir compte de leur origine. L’effondrement des forces populaires s’en suivit même si les valeurs étaient verbalement préservées.
A compter de cette époque ladite Gauche se concentra sur les revendications salariales sans plus se préoccuper de qui prenait les décisions. Elle se tourna aussi vers les sujets sociétaux (IVG, mariage pour tous, féminisme…) qui permettaient d’obtenir des succès d’audience si ce n’est des changements structurels dans l'économie.
Ce n’est pas parce que des gens sont nuisibles qu’ils sont inintelligents. Pour conserver leur statut social essentiellement représenté par le nombre d’employés à leurs ordres, la caste dominante a parfaitement compris qu’un régime bien plus énergique que les Démocraties ayant émergées de la seconde guerre mondiale devenait nécessaire. Elle avait déjà privé la classe ouvrière de sa dignité, encore fallait-il qu’elle se tourne contre ceux d'où provenaient (prétendûment) leur malheur : les immigrés.
La Gauche coincée entre ses valeurs et les nécessités populaires ne pouvait que succomber.