Incohérences
par Michel Koutouzis
vendredi 28 mai 2010
L’Allemagne, qui doit sa bonne santé à la consommation, (fort stimulée par elle même, parfois par des pratiques se situant à la frange de la légalité), aux dépenses des pays « fainéants » du sud, ceux là même qui travaillent plus pour gagner nettement moins que le citoyen allemand moyen, à contre courant, prend des mesures restreignant (enfin) la toute puissance du marché suivie par … personne. Quant à la Grande Bretagne, elle annonce à destination de la City, capitale des hedge funds, un plan de rigueur pharaonique qui ne sera de toute façon pas exécuté à cause, justement, de sa dimension que du fait qu’une alliance oxymore et contradictoire gouvernementale est censée l’appliquer. Le FMI, qui, comme la Banque mondiale, a pondu rapports sur rapports sur les bienfaits de l’économie informelle tout au long des années 1995-2008, faisant par là même son mea culpa des années précédentes ou toute activité économique hors comptabilité était synonyme de banditisme, revient aux année sombres qu’elle critiquait exigeant plus de rigueur pour les comptes, une plus grande flexibilité du travail, et son président « pense » que, puisqu’on vit plus longtemps, il faudra travailler plus. Cependant, avec la France comme championne, le chômage massif des seniors en Europe (50-65 ans) transforme du fait un déplacement comptable des dépenses pour les retraites à celles du chômage. Ainsi, les Etats allongent une ardoise pour restreindre une autre avec, comme première conséquence la précarisation d’une tranche d’âge qui était le refuge naturel de la solidarité familiale, nécessaire pour faire face au chômage, massif lui aussi, des jeunes.
On pourrait, pour décrire les incohérences de plus en plus concentrées dans le temps, des gouvernants (en Economie et en gestion des Etats), sur des pages interminables. Mais est-ce vraiment nécessaire ? Car l’impression qui se dégage est que tels les roitelets du moyen âge, se met en place une irresponsabilité de l’exécutif, ou plutôt que ce dernier n’a plus prise sur rien du tout. Cela s’appelle l’entropie. En effet, contradictoires, paniques, incohérents, les actes des uns et des autres ne font qu’augmenter le désordre ambiant qu’ils sont censés combattre. Tout devient gesticulation sémaphorique vers un destinataire invisible.