Info à l’usage du Privé sur les grèves
par Gasty
jeudi 15 novembre 2007
Tout et n’importe quoi ! C’est ce qui fait recette dans les médias. Plus c’est confus, moins on comprend et mieux c’est ! De toute façon, si l’on veut plaire et faire carrière, il vaut mieux ne pas être trop regardant sur les coupures et censures pour l’information de masse.
Normalement un journaliste est là pour informer. Un journaliste de terrain rapporte les faits, les documents, les interviews qui deviennent malheureusement tellement tronqués, défigurés que plus un seul participant aux conflits sociaux ne veut voir un journaliste des chaînes traditionnelles.
Permettez-moi de vous faire un résumé sommaire de l’histoire des caisses de retraites.
Le financement des retraites a comme principe la solidarité. Solidarité entre les cotisants et cohésion sociale entre les caisses afin de garantir les compensations démographiques.
Chez les salariés on trouve :
- le régime général
- le régime des salariés agricoles
- les régimes spéciaux
Chez les non-salariés :
- artisans
- commerçants
- professions libérales
- professions agricoles
- avocats
Pour un total de 23 053 055 cotisants et 16 585 654 bénéficiaires (chiffres
01/07/01).
Chez les régimes spéciaux :
- fonctionnaires, militaires
- ouvriers d’Etat
- agents des collectivités locales et hospitalières
- mines
- EDF-GDF
- SNCF
- RATP
- invalides de la marine
- clercs et employés de notaires
- ministres du culte et membres de congrégations et collectivités religieuses
- Banque de France
Pour un total de 4 664 260 cotisants et 2 552 326 bénéficiaires (chiffres 01/07/01).
Il ne s’agit donc pas d’un petit dossier avec des empêcheurs de tourner en rond, comme on le présente trop facilement dans la presse quotidienne, mais bien d’une refonte totale organisée.
En 1969,
les pouvoir public acceptent d’améliorer les contributions aux charges des
retraites afin de se rapprocher des conditions normales de concurrence avec les
autres modes de transport.
(Règlement
de la CEE n°1192/69 du 26 juin 1969).
En 1974, la loi du 24/12/1974 met en place une compensation généralisée entre
les régimes dits « excédentaires » vers les régimes dits «
déficitaires » pour alléger la participation de l’Etat.
Ainsi, les autres régimes versent au régime spécial de la SNCF par solidarité. Effectivement ! Il faut bien reconnaître que la contribution des autres régimes est de 7%.
Mais il ne faut pas, dans ce cas, occulter le régime des exploitants agricoles qui est de 50%, celui des salariés agricoles de 26%, celui des commerçants de 10%, celui des artisans de 5%. (Evitons les parlementaires...)
L’alignement du régime spécial de la SNCF va résoudre un déficit de 600 millions.
Il faut se rendre à l’évidence, tôt ou tard, des mises à plat deviennent nécessaires. Les avancées technologiques et l’évolution des métiers doivent être débattues. Mais ce n’est pas avec des improvisations politiciennes à l’usage du MEDEF qu’on y arrivera. Les politiques ne sont plus les décideurs. Et la seule opposition qui reste aujourd’hui est dans la rue (ici).
Les cheminots savent qu’aucune amélioration globale pour tous les salariés ne sera réalisée, et que les profits sont en expansion et le partage loin d’être solidaire.
Reconnaître
la pénibilité de certains métiers, les dangers de manipulation de matériaux ou
de produits toxiques (quelques exemples : l’amiante, les huiles de vidange, vapeurs d’essence, cimenterie, etc.)
reviendrait à reconnaître la nécessité des régimes spéciaux. Qu’en est-il
aujourd’hui ? Un salarié détruit par l’amiante doit se démerder par
lui-même, doit porter plainte devant les tribunaux pour faire reconnaître ses droits.
Et de quel droit s’agit-il ? Celui de mourir la tête haute. Qui paye le
plus ? Qu’est-ce que le gouvernement propose ? Les privilégiés du service public... belle rigolade pour les vrais nantis !
Le peuple a voté. Cette réforme était dans le programme du président de la République élu au suffrage universel.
Que veut le peuple ??? L’alignement par le bas ???
Mais il faut regarder où sont les véritables privilèges. Un rapport de la Cour des comptes pour la sécurité sociale estime à 25 milliards d’euros le manque à gagner de la sécu dont 10 milliards pour les retraites.
Il manque 2,5 milliards pour les retraites au titre de l’épargne salariale et 1 milliard au titre des stock-options.
Les premières mesures gouvernementales ont été le paquet fiscal et je ne vous reparlerai pas des parlementaires ni des profits en expansion.
Déjà, à ce niveau, faites le compte.
Les 40 ans sont actés puisque le peuple a voté.
Le travailler plus pour gagner plus est aussi acté. Le travailler plus pour gagner moins n’est pas admissible (voir ici). Ceci n’est qu’une première étape vers un allongement des cotisations (de tous) de 41 à 42 ans.
Pour bénéficier d’une retraite complète il vous faudra conserver un travail au-delà de 57 ans. Plus dites-vous ? Qui voudra de vous et quelle retraite aurez-vous si vous n’avez pas vos annuités ? Pour les jeunes qui entrent dans le monde du travail vers 25 ans, posez-vous la question de savoir s’il réussiront à faire leurs 42 ans.
Le conflit des cheminots est légitime. Sachez que des associations comme Alternative libérale et Liberté chérie sont gérées par les véritables nantis et sont sans problème relayées par les journaux à forts tirages pour vous parler des otages que vous devez être.
Réveillez-vous !
Gasty