Jack Lang, le coupable idéal qui masque le vide idéologique du PS
par pas perdus
mercredi 23 juillet 2008
La réussite de Sarkozy lors de la réforme des institutions est une petite victoire. Une fois de plus, la droite a profité de la faiblesse de la gauche.
Jack Lang est le coupable idéal. Le bouc émissaire. Julien Dray, Ayrault & co ne se sont pas privés de lui jeter l’anathème. Même nos pas perdus après avoir eu vent du vote du congrès à Versailles n’ont pas été tendres.
Après réflexion, ce serait trop facile d’accuser un seul parlementaire d’avoir trahi son camp, non ? On traite le coupable idéal comme un chien galeux, on lui fait son petit procès de Moscou et, comme ça, rien ne change au PS...
Après tout, Jack Lang, membre de la commission Balladur, peut considérer cette réforme comme la sienne. Finalement, son vote n’est pas si surprenant... En tapant sur lui, nos dignitaires du PS tentent de masquer une chose... Une seule mais elle est d’importance.
Cette réforme des institutions révèle une chose : l’état lamentable du PS.
Un état lamentable que n’arrivent même plus à masquer les victoires électorales locales.
Depuis la défaite de Jospin, le PS est une formation sans ligne politique directrice et sans idéologie. Les congrès de complaisance et les synthèses fantoches et vides ont juste permis au PS de garder son unité de façade. L’absence de véritables débats de fond lui a fait perdre toute ligne politique et idéologique.
Sur les institutions, les parlementaires socialistes n’ont pas défendu leur projet pour s’opposer à la réforme des institutions initiée par Sarkozy puisqu’il n’existe pas...
On ne peut donc pas trop reprocher à Jack Lang de ne pas respecter une consigne de vote, de circonstance et de dernière minute. Ni aux parlementaires du Parti radical de gauche puisque le principal parti de gauche, le PS, n’avait pas de projet. Lire le billet de J.-L. Mélenchon à ce sujet.
Sans projet, sans idée, sans ligne politique, le PS réagit au coup par coup et a perpétuellement un coup de retard par rapport au pouvoir.
Il faut souhaiter que le prochain congrès du PS tranchera dans le vif un certain nombre de questions gênantes, même si cela brise une unité qui n’est aujourd’hui que de façade : l’Europe, les retraites, les 35 heures, la fiscalité, les institutions.
Pour conclure, ce n’est pas la question d’un homme ou de deux qui ne respectent pas une certaine discipline, mais exclusivement un problème collectif qui prouve que les synthèses affaiblissent à la longue le PS, au niveau des idées et de son efficacité à s’opposer à la politique de la droite.