Jeux sans frontières

par La râleuse
jeudi 28 novembre 2013

Ou la saga de jeux dont la violence dépasse les frontières de l’imaginable.

Des jeux que ne sépare aucune frontière avec la délinquance.

bagarre de jeunes

Entre 1960 et 1970, la délinquance des jeunes consiste principalement en vol d’objets qui peuvent être tout aussi bien des véhicules motorisés que des produits de consommation, des appareils, ou des disques dans des magasins. Vols qui, la plupart du temps, ne sont pas commis par nécessité, ou pour être revendus, ou par besoin de possession, mais pour un usage immédiat et ponctuel.

Les autres délits constatés se manifestent surtout par des agressions homophobes ou sexuelles, du fait parfois d’un seul individu mais plus souvent par des bandes jeunes, et, ce qui est une constante, quelle que soit l’époque, le désir de casser.

Dans les années pré et post 1960, il a beaucoup été question des « Blousons noirs » ; ces « Blousons noirs » utilisés par les médias pour terroriser les bourgeois. 

De fait, sans nier l’existence de bandes de voyous qui s’agressaient sans autrement se soucier des bourgeois et sans autre raison que le besoin d’en découdre, les « Blousons noirs » s’apparentaient plutôt à la mouvance mélo-dramatique avec un soupçon de romantisme traduisant le mal de vivre que connaissent tous les adolescents. Un mal de vivre dont se sont emparés des réalisateurs pour en faire des succès cinématographiques tels que « Les tricheurs  », « La fureur de vivre  » et le non moins mythique « West side story »

Entre 1970 et 2000, la violence des jeunes change d’aspect.

Les violences sont désormais commises par un bien plus grand nombre de mineurs.

On observe une expansion de la destruction des biens privés ou publics exécutée uniquement pour le plaisir de casser. Jusqu'aux cimetières qui font l'objet de dégradations immondes.

Les agressions sexuelles et homophobes, ainsi que les agressions verbales et physiques pour des causes futiles, sont en nette augmentation. 

Le recours au kidnapping de jeunes par d’autres jeunes, dans le but d’obtenir une rançon, est un élément nouveau qui concourt à l’escalade de la violence.

De même, l’apparition de la drogue, qui s’ajoute à l’abus délibéré de l’alcool, accentue la dangerosité de la violence commise par des jeunes.

Désormais, même l’autorité de la police est bafouée ; tout comme les personnels soignants, intervenant pour porter secours à des personnes, ne sont plus respectés et sont agressés de même que les pompiers se rendant sur des lieux d’incendie. 

Depuis 2000, la violence des jeunes va en s’amplifiant encore et toujours et ajoute aux méfaits devenus banalisés des précédentes décennies.

Elle commence dans les cours de récréation avec l’incitation à des jeux aussi idiots que mortels comme le jeu du foulard auquel s’adonnent les gamins, elle se poursuit avec les rackets et les harcèlements physiques et moraux qui pourrissent la vie d’adolescents.

Elle s’exporte sur les réseaux sociaux avec publications de photos intimes accompagnées de commentaires injurieux.

Enfin, le summum nous arrive en droite ligne des États-Unis - comme souvent, que ce soit le meilleur mais dans ce dernier cas le pire - avec ce que les médias osent appeler un jeu alors qu’il s’agit d’un crime odieux organisé par des bandes de sociopathes : le « knockout game » qui consiste à choisir une personne au hasard quel que soit son sexe, son âge, ses particularités individuelles, dans n’importe quel lieu : sur un trottoir ou un quai, dans un parc, sur un parking de supermarché, devant la porte d’un établissement scolaire,... et de la frapper par surprise avec une extrême brutalité de manière à la mettre KO.

Au moins, puisqu’il ne faut pas compter sur les supporters de foot pour donner l’exemple d’une bonne conduite à la jeunesse alors qu’ils se font un credo d’exprimer par la violence leur attachement à un infantilisme primaire, la violence des jeunes a-t-elle le mérite d’occuper ces messieurs et dames psys, philosophes, pédagogues, sociologues.,.. 

Voilà plus d’un demi siècle que ces éminents connaisseurs de la nature humaine discourent longuement d’un ton doctoral sur ce qu’ils appellent un phénomène de société. Voilà plus d’un demi siècle qu’on les entend pérorer à la radio, ou sur les plateaux de télévision en affectant des mines inspirées, qu’ils écrivent des livres sentencieux qui n’intéressent absolument pas le citoyen lambda, pour dénoncer la télévision, les jeux vidéos, les familles décomposées,...

Voilà plus d’un demi siècle que ces gens là se gargarisent de leurs discours dogmatiques pour expliquer les raisons de la violence des jeunes sans proposer la moindre solution réellement judicieuse pour tenter de l'endiguer.

Mais au moins, si ça ne fait pas avancer le schlimblik, ce n’est pas totalement inutile puisque ça leur fait de la publicité et que la publicité est un excellent vecteur de rentabilité pour la vente de leurs services ou de leurs écrits. 


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