Kadhafi, le retour
par stéphanie
jeudi 26 juillet 2007
La Libye vient de se rappeler à notre mauvais souvenir.
Tout le monde se félicite de la libération des infirmières bulgares ainsi que des deux médecins, dont un Palestinien, qui étaient détenus en Libye depuis huit très longues années. Certains iraient jusqu’à remercier le colonel Kadhafi et les autorités libyennes d’avoir permis cette libération, mais où va-t-on ?
Doit-on rappeler que ces personnes ont été condamnées injustement et faut-il encore souligner qu’elles subissaient des sévices dans les geôles du colonel Kadhafi ? Aucun Libyen n’a été accusé pour la contamination, et aucun condamné non plus pour les tortures infligées.
L’argent versé n’est pas le sujet, s’il sert à soigner les enfants infectés par le virus du sida, mais la manière de l’obtenir relève du grand banditisme. Si les accusations mensongères, la détention et la torture sont maintenant les moyens de réintégrer la communauté internationale, commençons ou continuons à désespérer des grands de ce monde.
Les responsables de la contamination avec le virus IVH ou HIV, ce qui rappelle quelques douloureux souvenirs aux Français, ne peuvent être que libyens car des enfants étaient déjà malades avant l’arrivée des infirmières, d’après les déclarations de sommités scientifiques dont le professeur Luc Montagnier, découvreur du virus.
Les responsables de nombreux attentats ont-ils voulu récupérer les millions de dollars versés pour l’explosion du Boeing de la PanAm à Lockerbie et du DC10 d’UTA au-dessus du Niger ? On peut se poser la question. La coopération avec la Libye de Muammar Kadhafi, une des récompenses du chantage fait pour la libération des infirmières, prévue dans de nombreux domaines comme le nucléaire civil, ne peut être perçue qu’avec réticence ou indignation par ceux qui croient encore à la justice et à l’humanité. Pensons maintenant aux enfants qui souffrent à cause de la négligence du système de santé libyen.
L’avenir n’était déjà pas rose et il vient encore de s’assombrir.