Karachi : la fable de Sarkozy

par Imhotep
samedi 19 juin 2010

Chaque fable de La Fontaine (Esope) se termine par une morale. C’est sans aucun doute la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy a parlé de fable concernant l’affaire Karachi. Vendredi 18 juin, en curieux rappel d’un fameux jour de 1940 à 70 ans juste après, l’avocat des familles des victimes déclare que le juge marc Trévidic a confirmé l’existence de rétrocommissions illicites.

 Un miracle va t-il arriver ? On peut se le demander. Tous les leviers sont dans les mains du pouvoir et lorsque l’on sait comment le procureur Marin a traité l’affaire Clearstream, accourant au sifflet du château avant de prendre au moins deux décisions : la première alors qu’un non lieu était envisagé, la poursuite en correctionnelle de Villepin, et ensuite la seconde de faire appel et de l’annoncer à la presse ce qui ne se fait pas. (n n’en est pas à cela près) on a de quoi ne pas en être très sûr.
 
D’un côté Marin qui sans même connaître la plainte déposée par maître Morice en début de semaine déclare les faits prescrits (Le NouvelObs) : L’avocat des familles des victimes de l’attentat de Karachi, Olivier Morice, a accusé mercredi 16 juin le procureur de Paris Jean-Claude Marin d’avoir pour unique préoccupation de "protéger Nicolas Sarkozy" en tentant d’éviter toute enquête sur d’éventuelles rétrocommissions qui auraient bénéficié à la campagne présidentielle d’Edouard Balladur.
 
Le procureur de Paris a estimé mardi que les infractions dénoncées dans une plainte déposée le même jour par des familles de victimes de l’attentat de Karachi, notamment contre le club politique d’Edouard Balladur pour corruption, étaient "manifestement prescrites".
 
"Nous constatons la précipitation, la fébrilité et l’inconvenance de la prise de position du procureur de la République de Paris puisque son seul souci est de protéger le pouvoir politique, de protéger le président Sarkozy, de protéger Edouard Balladur et tous ceux qui sont concernés par le financement de la campagne présidentielle de M. Balladur", a-t-il dit lors d’une conférence de presse. L’avocat espère que Jean-Claude Marin viendra s’expliquer vendredi lors de la rencontre des parties civiles avec le juge antiterroriste Marc Trévidic "sur le choix qui a été fait de communiquer dans la presse alors qu’il n’a nullement connaissance du contenu de la plainte et que sa position est en pleine contradiction avec ses propres écrits du 22 novembre 2007".
 
Marin bloque donc tout début de commencement d’enquête pour cette nouvelle plainte déclarant sa prescription d’office. Mais ce n’est pas le seul levier mis à la disposition du pouvoir. Il y a l’enterrement lent, le double frein, le rétropédalage, toute technique de mort lente (Libération) : Or, le juge accuse l’Etat de freiner son enquête et a déploré devant les familles « le fait d’être seul et de manquer de moyens pour enquêter », a ajouté Me Morice. Le juge a ainsi « regretté (...) un certain manque de coopération de la DCRI » (Direction centrale du Renseignement intérieur, NDLR), selon l’avocat.
 
« Absence totale de coopération de l’exécutif »
 
De même, il ne reçoit plus l’aide d’Yves Jannier, le magistrat à la tête du pôle antiterroriste du tribunal de Paris, pourtant saisi avec lui sur ce dossier. Ce juge, absent de la rencontre avec les familles, ne « croit pas à la thèse d’un mobile financier pour expliquer l’attentat » et a par conséquent « décidé de ne pas travailler sur cette thèse », a déploré Magali Drouet, fille d’une victime de l’attentat.
 
« On a un peu l’impression qu’on se moque de nous. Michèle Alliot-Marie (ministre de la Justice) et les membres du gouvernement disent qu’ils veulent donner les moyens de faire la lumière sur cette affaire mais on voit bien que ce n’est pas le cas », a regretté une proche de victimes, Sandrine Leclerc.
 
En mai, le député socialiste Bernard Cazeneuve, rapporteur d’une mission parlementaire sur Karachi, avait déjà déploré que le travail de la mission ait été entravé par « une absence totale de coopération de l’exécutif et du gouvernement ».
 
L’autre frein c’est du côté du ministère de la défense. De ce côté là, cela fait un an de promesses que les documents seront transmis. Lorsque Morin transmets du papier c’est inutilisable, de la camelote. C’est le même Morin qui disparaît derrière Léotard que l’on cite plus que lui alors que Léotard lui-même déclare qu’il en savait plus, ce qui est souvent le cas (sauf quand on a un Sarkozy qui fait tout du ministère de la parole à celui des voyages organisés) dans les ministères.
 
Mais cette fois-ci la commission ad hoc a décidé de lever le secret défense encore reste-t-il à savoir sur quoi et si les déchiqueteuses ne sont pas passées par là. Cependant, il semblerait que le juge ait des biscuits par devers lui (j’aime cette expression) (Le NouvelObs) : Le juge Marc Trévidic, chargé de l’enquête sur l’attentat de Karachi en 2002, a confirmé l’existence de "rétrocommissions illicites" en marge du contrat de vente de sous-marins au Pakistan, a indiqué vendredi 18 juin un avocat de familles de victimes, Me Olivier Morice.
 
Il a aussi suggéré que Nicolas Sarkozy savait "parfaitement" les motifs qui ont conduit à l’arrêt du versement des commissions versées sur ce contrat, a ajouté l’avocat à l’issue d’une réunion avec les parties civiles.
 
"Il est clair qu’au plus haut niveau de l’Etat français on sait parfaitement les motifs qui ont conduit à l’arrêt du versement des commissions", a dit Me Morice.
 
Onze morts
 
"Il a confirmé sans équivoque possible l’existence de rétrocommissions illicites en expliquant qu’il démontrait cela notamment par les propres documents internes de DCN", la Direction des constructions navales (DCN) signataire du contrat avec le Pakistan, a ajouté l’avocat.
 
Les commissions versées sur ce contrat pourraient avoir donné lieu à des rétrocommissions pour financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, selon des témoignages et rapports versés au dossier.
 
Selon Me Morice, qui a déposé mardi une nouvelle plainte pour corruption, le juge a aussi confirmé que la "seule piste crédible" envisagée était "la piste financière", à savoir celle de représailles pakistanaises à la suite de l’arrêt du versement de commissions sur le contrat de vente de sous-marins Agosta au Pakistan.
 
Un magistrat critiqué
 
Les familles de victimes de l’attentat de Karachi (Pakistan) ont par ailleurs critiqué vendredi Yves Jannier, le magistrat à la tête du pôle antiterroriste du tribunal de Paris, auquel elles reprochent de ne pas enquêter sur la piste d’un mobile financier à l’origine de l’attentat.
 
Premier vice-président du tribunal de grande instance de Paris en charge de l’instruction antiterroriste, Yves Jannier, qui a succédé à Jean-Louis Bruguière, est un des deux juges avec Marc Trévidic en charge de l’enquête sur l’attentat de Karachi, qui a causé la mort de 15 personnes dont 11 Français en mai 2002.
 
Or, il n’a pas participé à la réunion des parties civiles organisée vendredi matin par le juge Trévidic, en présence de la chef de la section antiterroriste du parquet de Paris, Anne Kostomaroff.
 
 
 
Trévidic dénonce le manque de moyens
 
"Le juge Trévidic nous a expliqué qu’Yves Jannier ne croyait pas à la thèse d’un mobile financier pour expliquer l’attentat et que par conséquent il avait décidé de ne pas travailler sur cette thèse", a déploré Magali Drouet, fille d’une des victimes de l’attentat.
 
"Il y a deux juges mais il y en a un dont on se demande ce qu’il fait là", a-t-elle ajouté, regrettant également l’absence du procureur de Paris, Jean-Claude Marin, alors que cet attentat "a laissé 11 veuves et 27 orphelins".
 
A ceci s’ajoute cela (Libération) : Il est également avéré, selon de nouveaux documents versés au dossier, qu’un intermédiaire libanais Ziad Takieddine, imposé dans le contrat par le cabinet du ministre de la Défense, François Léotard, selon plusieurs témoignages, a perçu quatre pour cent du montant du contrat, soit environ 216 millions de francs.
 
Nous savons également que Jean-Marie Boivin, a touché du gouvernement français, en avril 2009, 8 millions d’euros (confirmation du tribunal de l’Île de man) dont on se demande si c’est le prix de son silence. Ce même Jean-Marie Boivin a changé de nationalité (pour éviter de mauvaises surprises ?), devenant Luxembourgeois, et aurait déposé des preuves dans un coffre de banque (sorte d’assurance vie) prouvant les rétrocommissions. On parle notamment d’une sortie d’argent qui correspondrait au montant exact du gros paquet de billets de 500 F déposés dans une banque du nord sur le compte de campagne d’Edouard Balladur. Ce même Boivin dirigeant de la société Heine autorisée par le ministère du budget de l’époque sous la responsabilité et l’aval d’un certain Nicolas Sarkozy.
 
Quand il s’agit de retrouver le scooter du prince Jean, il n’y a pas trop de monde, en revanche on laisse ce juge bien seul, on lui entrave sa marche en avant, on ralentit la transmission de documents (et si on peut faire disparaître des scellés dans l’affaire Boulin, j’imagine que ce ne doit pas être difficile de faire disparaître quelques documents du ministère de la défense, de l’économie, de la DCN, des douanes et même de la police puisqu’une première enquête allant dans le sens des accusations actuelles n’a pas donné lieu, grâce au ou plutôt à cause du procureur de la République qui a décidé de tout arrêter, de suite investigatoire et judiciaire).
 
Depuis plus d’un an au moins, tous les faits convergent vers les possibles rétrocommissions illicites à partir de vente, qu’il faut rappeler sans cesse, à perte (c’est donc le contribuable français qui a payé : une partie des sous-marins pakistanais, les commissions et les rétrocommissions, ce qui en plus d’être exécrable humainement, moralement ignoble, illégal, est aussi parfaitement anti-démocratique), celles-ci ayant possiblement abouties sur les comptes de campagnes d’Edouard Balladur.
 
Si j’étais le juge Trévidic je regarderais en traversant la rue, sous ma voiture, j’éviterais de me pencher par la fenêtre, je ferais des doubles et des triples de tout le dossier. Dans l’affaire des frégates il y a eu quelques morts suspectes, dont le fils du général Imbot qui est tombé du 3é ou 4é étage de son tout nouvel appartement en voulant fermer, soi disant, les volets. Deux jours auparavant, si je me souviens bien, il avait porté plainte au commissarait à cause d’un accident où une voiture avait foncé sur lui de façon étrange. Il revenait se réinstaller en France et avait travaillé pour Thomson. Il devait faire des révélations à un journaliste. Son père ne croyait en rien à un accident, son père ancien responsable de la DGSE.
 
On devrait demander à madame Bettencourt sous la supervision de la famille Woerth de financer un détective privé (pourquoi pas Bruguière, tiens ?) pour clarifier des trucs comme ça.
 
Faisons donc confiance à La Fontaine, au judicieux prénom de Jean, et que cette fable se termine par un peu de morale.
 
Vignette photo prise sur le NouvelObs.fr

Lire l'article complet, et les commentaires





https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/