Kavoshgar-3 : Iran et aérospatiale
par Renaud Bouchard
jeudi 4 février 2010
Bientôt un nouvel oiseau dans le ciel de l’Iran ; la présentation de l’engin spatial Sîmorgh à l’occasion du lancement de la fusée Kavoshgar -3, , lors de la célébration du 31ème anniversaire de la révolution islamique iranienne : same player shoot again !
L’Iran a annoncé mercredi le lancement mardi de sa troisième fusée spatiale de type Kavoshgar, Kavoshgar-3 ou « Explorateur », porteuse d’une capsule expérimentale transportant un rat, des tortues et des vers, lesquels ont ainsi rejoint le « club » Laïka, du nom du premier être vivant à avoir fait le tour de la terre à bord de Spoutnik 2, le 3 novembre 1957. Les précédents lancements d’une fusée de type Kavoshgar avaient eu lieu en février et novembre 2008
"Le fait que des êtres vivants soient envoyés dans l’espace et qu’on fasse des expériences sur eux et qu’ils reviennent ensuite sur terre est une grande chose", a déclaré le président Mahmoud Ahmadinejad, lors de son discours retransmis en direct par la télévision après le lancement. Annonçant l’envoi prochain d’un satellite à 500 kilomètres d’altitude tout en manifestant sa confiance dans l’atteinte d’une orbite située à 1.000 km d’altitude, laquelle offre ainsi de vastes perspectives balistiques, le président a surtout fait état de l’existence d’une nouvelle fusée spatiale en cours d’assemblage.
Cet engin, baptisé « Sîmorgh » (du nom de l’oiseau phénix iranien), long de 27 mètres pour un diamètre de 2,5 mètres, d’une masse de 85 tonnes et propulsé par quatre moteurs, a pour vocation la mise en orbite, d’ici deux ans, et à une altitude de 500 km, d’un satellite d’une masse d’une centaine de kilos.
Des fusées « Shahab » (« Météores » ou « Etoiles filantes ») aux fusées « Safir » ( « Messager » ou « Ambassadeur », au choix), dont la fusée Safir-2 a d’ailleurs permis à l’Iran de mettre en orbite son premier satellite, baptisé « Omid » (« Espoir »), à l’occasion du 30è anniversaire de la révolution islamique le 2 février 2009, en passant par les trois nouveaux satellites d’observation "Tolou" (« Aurore »), "Navid" (« Promesse »), et « Mesbah-2 » (« Lanterne », satellite de télécommunications en orbite basse, programme développé conjointement avec l’Italie), en cours de construction ou en projet, on voit que l’industrie aérospatiale perse et la poésie, outre qu’elles font bon ménage, ont manifestement franchi un seuil technologique majeur.
Informations/sources.
Questions/Réponse
http://engforum.pravda.ru/showthread.php?p=3052281
http://www.presstv.ir/detail.aspx?id=117739§ionid=3510208
A propos du satellite Mesbah, on lira avec intérêt :
http://payvand.com/news/09/nov/1108.html
http://fr.rian.ru/science/20091111/185483627.html
Présenté en août 2005 à Téhéran, le satellite le satellite Mesbah créé en coopération avec des spécialistes italiens pour un budget d’environ 40 millions de dollars, devait initialement être mis en orbite la même année, mais son lancement n’a toujours pas été effectué. Officiellement, Mesbah servira à étudier les ressources hydrauliques et minérales, à faire des prévisions météorologiques et à contrôler l’état des systèmes énergétiques et d’irrigation, ainsi que des pipelines, selon l’AIO.
En février 2005, le journal russe Kommersant avait rapporté que le premier ministre de l’époque Mikhaïl Fradkov avait signé un décret sur la mise en orbite héliosynchrone de deux satellites iraniens - Mesbah et Sinah-1 - par un lanceur russe qui devait être tiré depuis le cosmodrome de Plessetsk (nord). Toutefois, seul le satellite Sinah-1 a été lancé par les Troupes spatiales russes fin octobre 2005.
Voir à ce sujet : http://fr.rian.ru/science/20051027/41910888.html
Une fusée Kosmos place huit mini-satellites sur orbite.14:53 27/10/2005.MOSCOU, 27 octobre - RIA Novosti. Une fusée Kosmos-3M tirée jeudi à 11h27 heure de Moscou depuis le cosmodrome de Plessetsk (nord de la Russie) a placé sur orbite le satellite Mojaïets-5 et sept petits satellites étrangers, a annoncé un représentant de Roskosmos.
Le satellite Mojaïets-5 a été conçu par des auditeurs de l’Académie militaire spatiale Mojaïsk, il servira à contrôler les potentialités des liaisons laser optique.
Le lanceur russe a également placé sur orbite les satellites China-DMC (Chine), TopSat (Grande-Bretagne), SINA-1 (Iran), Ncube (Norvège), UWE-1 (Allemagne), XI-V (Japon) ainsi que le satellite SSET Express de l’Agence spatiale européenne.
Bibliographie :
Pour quitter temporairement la géopolitique et l’aérospatiale, une bibliographie et quelques éléments relatifs à ces aspects qui font de l’Iran et de sa civilisation un univers extraordinaire.Les textes de Corbin ne sont qu’une entrée en matière au monde infini de l’iranologie.
Une excellente introduction à la mythologie iranienne avec le passionnant article d’ Amélie Neuve-Eglise : Sîmorgh : de l’oiseau légendaire du au guide intérieur de la mystique persane, paru dans La Revue de Téhéran, mensuel culturel iranien en langue française, N° 19, juin 2007.
http://www.teheran.ir/spip.php?article242
Sohrawardî décrit le Sîmorgh comme une créature qui "a son nid au sommet de l’arbre Tûbâ. A l’aurore, il sort de son nid et déploie ses ailes sur la Terre. C’est sous l’influence de ses ailes que les fruits apparaissent sur les arbres et que les plantes germent de la Terre". In L’archange empourpré, quinze traités et récits mystiques traduits du persan et de l’arabe, présentés et annotés par Henry Corbin, Fayard, 1976.
Farīd al-Dīn Aṭṭār, la gloire de Nichapur, poète persan فَریدالدّین ابوحامِد محمّد عطّار نِیشابوری, farīd ad-dīn abū ḥāmid mohammed ‘aṭṭār nīšābūrī)
Le ManTiq aT-Tuyûr, ou la Conférence des Oiseaux, à la recherche du Simorg, l’oiseau royal par lequel la vie continue sur Terre, symbole des êtres aériens ailés, anges ou élévations.
Simurgh dans le Shâhnâmeh, Le Livre des Rois , œuvre de l’immense poète Ferdowsî..
Le Livre des Rois, Ferdowsî, extraits de la traduction de Jules Mohl choisis par Gilbert Lazard, Éd. Sindbad, Actes Sud, mai 2002, (ISBN 978-2742-73832-8)
L’influence de la figure du Sîmorgh dans la mystique persane.
Le Sîmorgh est donc présent dans les écrits de nombreux grands mystiques, notamment dans Le Récit de l’Oiseau (Risâlat al-Tayr) d’Avicenne et l’épître du même nom d’Ahmad Ghazâli, ou encore dans Rawdâ al-fariqayn d’Abul-Rajâ Tchâtchi.
’Attar, Farid al-Din, Mantiq al-Tayr, Sherkate entesharâte elmi va fargangi, 1994.
Bürgel, J.C., The feather of Simurgh, New-York, 1988.
Corbin, Henry, En islam iranien, Tome 1 et 2, Gallimard, 1991.
Corbin, Henry, Avicenne et le récit visionnaire, Verdier, 1999.
Corbin, Henry, L’archange empourpré, quinze traités et récits mystiques traduits du persan et de l’arabe, présentés et annotés par Henry Corbin, Fayard, 1976.
Sohrawardî, Shihâboddîn Yahyâ, L’archange empourpré, quinze traités et récits mystiques traduits du persan et de l’arabe, présentés et annotés par Henry Corbin, Fayard, 1976.
Soltâni Gord-Farâmarzi, Ali, Simorgh dar qalamraw-i farhang-e Irân, Téhéran, 1993.
Ferdowsî, Shâhnâmeh, Le Livre des Rois, extraits de la traduction de Jules Mohl choisis par Gilbert Lazard, Éd. Sindbad, Actes Sud, mai 2002, (ISBN 978-2742-73832-8)
http://shahnama.caret.cam.ac.uk/new/jnama/index/collection
"Safîr-e Sîmorgh", in L’archange empourpré, quinze traités et récits mystiques traduits du persan et de l’arabe, présentés et annotés par Henry Corbin, Fayard, 1976.