L’accent du Sud ne passe pas...
par sidobre
lundi 30 août 2010
Si au Sud ... de la France nous aimons bien notre accent chantant ou rocailleux selon les endroits, il n’est pas de mise dans les médias et au cinéma...
Si l’aventure de la Compagnie théâtrale de Jean-Claude BAUDRACCO d’adapter, en Première Mondiale, le film de Marcel PAGNOL, " La fille du puisatier " au théâtre - ce sera fait à Gruissan ( 11 ), les 25 et 26 septembre prochains, - semble finalement aller de soi tant l’accent du Sud y sera présent, il reste que l’accent méridional est largement banni dans les médias français.
A la télévision , il n’y a pas si longtemps, une dramatique " Le pain du diable" se passant en Languedoc n’avait pas droit à la moindre pointe d’accent, le très populaire feuilleton " Plus belle la vie " censé se passer à Marseille n’a droit qu’à l’accent de l’acteur qui joue le patron de bistrot.
Patron de bistrot dans le Midi, justement ; lors d’un casting le dénommé Jean-Claude Baudracco s’était fait refusé : l’accent !!!
Le refus de l’accent après un dénigrement systématique il y a quelques années : veut-on une société aseptisée ?
Si on tolère au Sud les " calendretas" et en Bretagne les écoles diwan, il semble qu’on souhaite normaliser la prononciation du français...
Y compris dans la publicité officielle de la Région Languedoc-Roussillon : deux vidéos dont l’une baptisée : " Le caractère " donne lieu à une élucubration qui serait amusante comme dans le film : " L’enquête corse " mais qui nous fait passer pour de sales bougres pas faciles à comprendre, sans aucun fond de cigales estivales malgré le beau soleil et avec un accent venu du Nord.
Dans nos villes envahies par les cadres du Nord, on n’entendra bientôt plus l’accent, aucun intellectuel parisien ne soutiendra notre cause, ceux qui sont prompts à s’émouvoir d’une colonisation du Tibet bien lointain, n’auront aucune compassion pour notre situation.
Mais il en est de la Bretagne comme de l’Occitanie, nous appartenons d’un certain point de vue à la francophonie, beaucoup ne sachant plus parler leur langue originelle : breton ou occitan, mais nous souhaitons encore, au moins pour quelque temps nous exprimer en français avec nos singularités tonales.
A souligner l’initiative du comédien Serge-Elie Masson qui, sur son site internet, " Les comédiens du Midi " revendique nos accents.
M.S.