L’apparition du national-capitalisme

par Jean-Paul Foscarvel
jeudi 17 juillet 2025

Les projets de déclenchement d’une troisième guerre mondiale, soit de la part de Trump, de l’OTAN, du triumvirat Merz, Macron, Starmer, ou de Netanyahou, dans des situations à la fois géopolitiques, mais surtout financières et économiques instables, font penser aux moments les plus sombres de l’histoire.

Mais il serait faux de les taxer de « national-socialistes », car s’ils ont bien des relents de nationalisme exacerbé, et d’attaque contre un pays qui a toujours été la cible des velléités anglo-saxonnes, la Russie, avec en prime les Palestiniens et l’Iran pour Israël, ces pays n’ont rien de « socialiste ». Leur but n’est en rien de protéger, ou même de faire semblant de protéger leur population nationale contre un ennemi intérieur ou extérieur désigné. Bien au contraire, toutes les mesures prises dans le cadre de cette guerre annoncée ne sont que des restrictions pour leur propre population, comme si nous étions nous-mêmes dans un pays occupé (c’est peut-être moins vrai pour Israël, quoique…) .

Il faut alors forger un concept nouveau, celui de « national-capitalisme », qui emprunte au national-socialisme la coercition complète de la société, son contrôle intégral, la haine d’une nation ou ethnie adverse qui permet la fusion d’un peuple avec son dirigeant, lui faisant accepter, au nom de cette guerre, tous les sacrifices possibles.

Par contre, ces sacrifices ne s’appliquent pas à l’oligarchie, bien au contraire, et c’est là la partie capitaliste du concept. Car le but n’est pas de faire réellement la guerre contre la Russie, mais de faire croire qu’elle constitue une menace afin de créer un élan fusionnel de la population auprès des dirigeants. Le but est la continuation de création de profit pour une industrie défaillante.

Dans les années quatre-vingt du vingtième siècle était apparu ce que j’appelle le turbo-capitalisme immatériel, c’est-à-dire le passage de la production d’objets physiques à celui de logiciels, par exemple, reproductibles à l’infini permettant l’explosion des taux de profit pour ces entreprises (les Gafas, les plateformes internet ou mobiles, suivis par l’industrie pharmaceutique qui vend des brevets, puis celles qui se servent de leur marque pour vendre leurs produits à des prix bien au-delà de leur coût de fabrication).

Un écart de taux de profits entre l’industrie de biens matériels et les services immatériels était tel que l’optimisation des profits nécessitait de détruire ou au moins limiter le plus possible l’industrie manufacturière, y compris l’agriculture, ou sinon la délocaliser afin de diminuer les coûts au maximum.

Cela nous a valu toutes les mesures censées protéger la planète dont le but réel était d’optimiser la profitabilité en diminuant la part matérielle dans la balance commerciale. Et les mesures anti-sociales destinées à réduire le plus possible la part matérielle de la consommation.

Aujourd’hui, entre les injonctions de l’OTAN, celles de Trump et l’acceptation sans protestation des eurocrates, qui les appliquent immédiatement, nous sommes à un nouveau tournant.

Il ne s’agit plus comme avant de consommer, que ce soit du matériel ou de l’immatériel, mais de produire sans client. On passe de la société de consommation à la société de coercition.

Tous les droits sociaux et de libre expression sont supprimés, du moins dans leur projet, et une part importante du budget est allouée à la défense, c’est-à-dire que le client, c’est l’État qui ponctionne sa propre population. Les taux de profit, étant donné la nécessité d’avoir une part importante de production matérielle réelle, seront plus faibles que dans le cas de l’immatériel pur, mais garantis par l’État lui-même.

Quant aux citoyens, n’étant plus clients, la seule question sera alors de les surveiller et de les maintenir dans un état de léthargie suffisant pour qu’ils ne se révoltent pas. Sinon, les matériels censés servir contre la Russie pourraient très bien être utilisés contre les Européens eux-mêmes. La démocratie qui fut un temps un mythe nécessaire du capitalisme de la consommation n’a plus lieu d’être et les droits de l’homme réduits à celui d’être d’accord avec un gouvernement qui les incarne parfaitement.

La question subsidiaire est alors celle de la cause de ce bouleversement.

Il est probable que l’apparition de la concurrence en matière de réseaux, sociaux, d’internet, de logiciels réduisent à terme la profitabilité des Gafas, et le covid a été un échec pour l’industrie pharmaceutique, avec le doute sur les vaccins désormais partagé au niveau public et les mutations sans fin du virus qui n’étaient probablement pas prévues en les rendant inefficaces tout en diminuant la létalité du virus lui-même.

Dans sa quête acharnée du profit, le système capitaliste a ouvert une nouvelle voie qui nie complètement le mythe de la démocratie, de la paix et de la prospérité, d’abord avec Biden, mais en se concentrant sur l’attaque de la Russie afin de protéger les Gafas des concurrences russes et chinoises, puis avec Trump qui est en parfaite adéquation avec ce que l’on peut nommer national-capitalisme, forçant les Européens à appliquer son programme provoquant ainsi l’anéantissement économique de leurs propres populations pour que perdure son industrie.

Nous entrons ainsi dans une nouvelle ère de tous les dangers, avec des dirigeants qui pilotent à vue sous l’influence de capitalistes prêts à tout pour maintenir la prospérité de leurs investissements et la protection de leur patrimoine, notamment financier.

 


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