L’appel aux Celtes de Charles De Gaulle

par Voris : compte fermé
mercredi 22 juillet 2009

(Ou quand De Gaulle parlait breton). Pour sa campagne en faveur de sa réforme du sénat, le grand Charles choisit la seule ville de Quimper. C’était un 2 février 1969 et il parla aux Bretons comme jamais aucun président ne le fit avant lui ou après lui. Son discours marquant dans la capitale de la Cornouaille était clairement un appel aux Celtes, dans la lignée de son oncle Charles De Gaulle qui composa l’« Appel aux Celtes ».

 
En visite à Quimper en février 1969, le général de Gaulle clama son amour pour la Bretagne et les Bretons. Il ne se contenta pas de rappeler avec force les hauts faits des héros bretons, il annonça un plan routier et la poursuite du développement économique sans précédent dont il fut l’artisan.
 
Avec sa vision de l’Histoire, il évoque avec ferveur Bertrand Du Guesclin, Anne et Claude de Bretagne, La Motte-Picquet, Surcouf, Chateaubriand...et rend un hommage appuyé à la Bretagne pour son rôle majeur pendant la Seconde Guerre mondiale.
 
Lorsque le président parle de la transformation du Sénat qui nécessitera un prochain référendum, il reçoit une ovation de la foule. Cette réforme aurait permis un essor démocratique au sein de nos institutions, si les forces conservatrices, Giscard et les centristes en tête - ne s’y étaient opposés. Mais la réforme si prometteuse, qui contenait le ferment de l’évolution nécessaire à laquelle Charles de Gaulle aspirait depuis longtemps, n’aura pas eu lieu à cause d’un état jacobin pas décidé à donner la parole à la société civile et aux citoyens.
 
Certains craignaient alors une montée des autonomistes mais pas De Gaulle qui évoque le problème de l’autonomie de la Bretagne en fin de discours et obtient sans peine que la foule entonne "la Marseillaise". Le Général conclut comme c’était le cas pour ses grandes interventions en saluant les bras en V.
 
Le Général aimait beaucoup la Bretagne. Son oncle, qui se nommait comme lui Charles De Gaulle (1837 - 1880), l’aimait tout autant. Il apprit le breton et le pratiqua comme sa langue maternelle. Il rédigea même des poésies en breton. Il rêva de la résurrection des langues celtiques comme langues littéraires. Il est auteur de L’Appel aux Celtes que le Général connaissait et dont il récita un passage en breton ce 2 février 1969 à Quimper.
 
Il s’agit du deuxième quatrain du poème "Da Varsez Breiz" ("Aux Bardes de Bretagne").
 
 
 "Va c’horf zo dalc’het Med daved hoc’h nij va spered, Vel al labous, a denn askel, Nij da gaout he vreudeur a bel "
 
Traduction : "Mon corps est retenu mais mon esprit vole vers vous, comme l’oiseau à tire d’aile vole vers ses frères qui sont au loin "

La vidéo intégrale se trouve sur le site de l’INA. En voici le lien.
 
Aujourd’hui, on peut s’étonner que l’hymne national breton Bro goz ma zadou soit entonné par des milliers de supporters de foot au Stade de France, ou qu’un chanteur américain insiste pour apprendre une phrase en breton et pour la prononcer devant la foule en ouverture d’un festival. Mais on s’indigne assez peu que l’Etat français méprise encore la dernière langue celtique encore parlée sur le continent, cette langue millénaire, riche de la culture de l’Armorique.
 
Certains ne comprennent pas encore la ferveur qui entoure les évènements comme la Breizh Touch ou autre rassemblements festifs de la nation bretonne ou, plus largement, celtique. Pourtant, l’âme celte est une réalité qu’il ne faut pas dédaigner. Le président Sarkozy semble en avoir enfin pris conscience en accordant un concours financier de l’Etat au Festival interceltique de Lorient.
 
Cette âme celtique s’exprime en de foisonnantes œuvres musicales ou littéraires. Elle est bien loin d’être morte et connaît même un regain assez salutaire. La Bretagne aime à se réunir. C’est pourquoi, aucun breton ne pourra jamais admettre qu’une partie de son pays lui ait été ravie sur décret du Maréchal Pétain et pas encore restituée. Il y a des réalités à regarder en face. L’homme qui saura capter l’âme bretonne - souvent rebelle et insaisissable ...-, l’homme qui saura gagner le cœur des Celtes, celui-là pourra se prévaloir d’une force considérable et sans faille...
 
 

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