L’école victime de sa démocratisation
par isabel
mardi 26 décembre 2006
Encore une triste nouvelle : un collégien est décédé dans un collège à Meaux. L’autopsie révèle que l’enfant de douze ans n’est pas mort roué de coups mais qu’il n’a pas supporté les coups infligés par une fille et un garçon de onze ans. Comment protéger les enfants victimes d’agressions au sein d’un établissement scolaire ? Les enseignants et l’ensemble du personnel sont-ils formés pour parer à ces actes de violences ? Pour protéger la communauté éducative et les enfants, les centres universitaires de formation des maîtres devraient créer un module tenant compte de cette évolution sociale.
Quels sont les moyens dont disposent les enfants, au sein de l’école, pour prévenir ces actes de violences ? A l’école, les enfants sont sous la responsabilité de leur professeur. L’école se doit d’e garantir, sous l’autorité du chef d’établissement, la sécurité de chaque enfant. Ici, nous parlons d’une responsabilité juridique.Sur le plan pédagogique, il est important de mettre l’accent sur les règles du savoir-vivre en société, comme il est enseigné à l’école primaire. Pourquoi l’éducation civique est-elle une compétence transversale à l’école primaire ? Le collège ne devrait-il pas poursuivre cet enseignement de façon transversale pour éviter ces actes d’incivilités et de violence ? Le règlement intérieur, les surveillants, le conseiller d’éducation, le professeur sont-ils suffisants pour faire ces rappels à l’ordre ? L’éducation civique au collège est-elle une matière vraiment prise au sérieux ? Les agressions récentes des professeurs nous avaient alertés. Souvent un professeur agressé fait part de sa situation au chef d’établissement, voire en informe l’inspecteur d’académie. En cas de danger, la loi lui permet de disposer d’un droit de retrait. Il est rare que les médias nous parlent des enfants victimes d’agression au collège. Les cas sont assez fréquents. Mais que vaut la parole d’un enfant ? Fallait-il attendre que l’un d’eux décède pour en parler ?
Souvent les enfants sont peu écoutés par les professeurs lorsqu’ils font l’objet de moquerie ou de passage à tabac par le petit caïd de la cour ou de la classe. Ils se taisent par peur des représailles. Ont-ils droit au retrait ? Non, leur absence compterait comme une absence non justifiée. Les pouvoirs publics et les autres acteurs sociaux doivent réfléchir sur les réponses à apporter face à aux nouvelles difficultés rencontrées à l’école d’aujourd’hui. La démocratisation de l’école a-t-elle rendu l’école plus égalitaire, au point de ne plus pouvoir garantir la sécurité de chaque enfant ?