L’Europe rend-elle idiot ?
par Marcel MONIN
lundi 22 mars 2021
L’ "Europe" rend-elle idiot ?
Dans ce qu’il est convenu d’appeler la « gestion » de la « crise » sanitaire par les élites gouvernantes, ces dernières invoquèrent souvent l’« Europe ».
Si « l’Europe » est une fiction du point de vue politique, elle est un ensemble d’objectifs et de règles.
Qui (en bref) organisent la liberté d’action des financiers et des marchands en prescrivant aux institutions des Etats de ne rien faire. Ou de n’intervenir que pour supprimer (progressivement) les obstacles qui, pour des raisons diverses, sociales ou autres, s’opposent encore à ladite liberté.
- C’est ainsi qu’en matière de santé, le service public hospitalier français a été conduit à son adaptation aux lois du marché (réduction progressive du financement par l’Etat, donc, entre autres, suppression des lits et des personnels).
- C’est ainsi que les industriels de la santé devaient avoir l’opportunité de vendre de nouveaux produits. Le coup de pouce de principe de l’Etat n’étant pas interdit, puisqu’il s’inscrit dans la logique de l’idéologie sociétale.
L’apparition de nouveaux virus, mutant allégrement, donna aux membres les plus en vue de l’élite gouvernante, l’opportunité de se distinguer tout en dévoilant l’un des ressorts de la mise en oeuvre des dogmes « supérieurs » aux lois de l’Etat démocratique.
Ils misèrent l’arrêt de la mortalité sur la commercialisation future d’un vaccin …
Et dès que certains médecins avancèrent que des malades étaient soignables avec certains anciens médicaments qui ne rapportaient plus rien, les gouvernants firent ce qu’ils purent pour que ces médicaments ne puissent pas être prescrits normalement.
Les dirigeants en interdirent la prescription au motif que ces médicaments n’avaient pas été officiellement jugés efficaces par d’autres professionnels.
Et encouragèrent l’administration des vaccins, quand les industriels s’estimèrent prêts à la vente, au motif que les effets négatifs de ces derniers avaient été jugés négligeables par les fabricants et divers comités.
Les dirigeants furent confrontés au manque de lits, dont ils poursuivirent la réduction. Ils en tirèrent que les malades devaient rester chez eux (où ils allaient contaminer leur famille) en y attendant la guérison spontanée ou que leur état empire.
Et que les non malades devaient, pour éviter d’aller encombrer les hôpitaux ne pouvant potentiellement pas les accueillir comme cela eût été possible dans d’autres temps, ne pas fréquenter certains lieux et certains commerces. Mais pouvaient (comme d'ailleurs les personnes contagieuses qui tenaient debout) utiliser les transports en commun bondés. Et aller faire les courses dans des commerces dans lesquels on se frôle dans les rayons, et l’on fait traditionnellement la queue aux caisses.
La liste des « ratées » leur étant imputables, ou la liste des mesures prises qui défiaient le bon sens et qui avaient des conséquences épouvantables pour une partie de la population, furent présentées à l’opinion publique, par les mêmes, comme autant d’exploits et de motifs d’auto satisfaction.
Ce qui fait que se répandit dans l’opinion publique (et même dans certaines émissions de télévision) le sentiment que les gouvernants étaient des « incapables ». Que ces gouvernants prenaient un malin et malsain plaisir à profiter de leurs fonctions pour faire marcher la population au pas cadencé.
Et qu’ils s’adressaient aux gens comme les parents à leurs enfants, qui leur racontent des histoires pour les endormir. A ceci près que lorsque l’on raconte des histoires à des adultes, on prend nécessairement ces derniers pour des « imbéciles ». Ce que les intéressés finissent par découvrir et ne pas apprécier.
Ce qui peut être résumé en avançant, sur la base des faits, que la loi du libre jeu du marché (gravée dans les textes européens, supérieurs aux lois de la démocratie, comme la « loi de Dieu » pour certains autres), exige que les dirigeants soient idiots ou se comportent comme tels, et que ces derniers, à leur tour, prennent les citoyens pour des idiots.
Ce qui explique probablement que se répand également le sentiment (ou la prise de conscience) que le système mis en place sur l’espace européen, ne servit plutôt à rien pour hâter la résolution des problèmes sanitaires. Et que l’idéologie, les règles, et les procédures mises en œuvre par les préposés, avaient des conséquences épouvantables (et pas qu'en matière de vie ou de mort). A la fois sur la situation matérielle des gens et leurs libertés. Et sur les rapports des citoyens avec les dirigeants, dans le cadre d’une transformation rampante du régime politique. Lequel s’éloigne toujours un peu plus des canons de la démocratie. Comme sans cesse plus d’observateurs, de juristes et de penseurs l’affirment ouvertement.
Dans un tel contexte, il est sinon probable, du moins possible, que la gestion de l’épidémie par les personnes actuellement au pouvoir, entraîne le déclenchement de deux phénomènes.
Le premier facilitant le clivage « pour ou contre » la poursuite des objectifs (et le maintien de l’idéologie sociétale) inscrits dans les traités « européens ». « Pour ou contre » la restitution de leurs prérogatives traditionnelles aux organes élus par les citoyens. Avec, le cas échéant, la résurrection du concept d’élus - représentants les citoyens.
Le deuxième consistant pour les réseaux (favorables au maintien des objectifs et de l’assujettissement des citoyens au dogme ci-dessus) qui ont « fabriqué » et soutenu de diverses manières (notamment avec leurs médias) E. Macron … à trouver quelqu’un d’autre.
Pour faire la même « besogne », mais pour la faire de manière plus subtile, moins « voyante ». Avec un entourage de personnes de meilleur niveau.
Il est donc possible que la future campagne présidentielle (qui a en réalité manifestement commencé - pour partie en considération des faits signalés ci-dessus - ) connaisse un déroulement dont l’explication pourra être trouvée dans le « jeu » de ces deux paramètres.
A suivre.
Marcel-M. MONIN
constitutionnaliste.