L’extradition d’Assange rejetée par la justice britannique : courage ou opportunisme
par Clark Kent
lundi 4 janvier 2021
La juge du tribunal de district britannique Vanessa Baraitser a rejeté la demande d'extradition américaine contre Julian Assange et ordonné sa libération de la prison de la prison de Belmarsh en considérant qu’il s’agissait dans les deux cas de mesures « oppressives en raison de la santé mentale » de l’intéressé, en déclarant même que la prison américaine était trop brutale pour se voir confier la santé d'Assange. (lien)
Pour elle, Assange présente un risque élevé de suicide et rien ne garantit que sa détention bénéficie des « mesures administratives spéciales » (SAM) dans une prison américaine, notamment parce que le système lui est hostile, et en particulier les organismes officiels spécialisés dans le « renseignement » (comprendre, espionnage et services secrets).
La juge et la défense discutent d'une demande de mise en liberté sous caution, mais en fait, il est probable qu'Assange restera en prison jusqu'à ce que les États-Unis aient fait appel de la décision.
Ceux qui pensent qu’il s’agit d’une victoire de la « liberté d’expression » risquent d’être vite déçus, car la n’a aucunement remis en cause les arguments de la demande d’extradition américaine, mais uniquement fait valoir des raisons « humanitaires ». Derrière le paravent et le jargon juridiques, il est difficile de déceler la position réelle du gouvernement britannique qui, bien évidemment est le véritable décideur dans un dossier aussi médiatisé. Le sort d’Assange risque donc d’être déterminé par l’évolution des relations entre les deux pays concernés après la validation le 6 janvier par le Congrès américain de l’élection de Biden et même son investiture prévue le 20 Janvier.
Dommage qu’on ne remette pas en cause la santé mentale des membres des gouvernements.