L’Hypersexualisation de la société
par Kookaburra
jeudi 20 juin 2013
Les références à la sexualité deviennent omniprésentes dans l’espace public : à la télévision, à la radio, sur internet, dans la presse. Dans la publicité et dans les magazines l’allusion à la sexualité et l’apparence sexy sont prédominantes. Les produits offerts aux petites filles - les poupées fortement sexualisées, le maquillage et les vêtements sexy - encouragent l’érotisation de l’enfance, ce qui n’est peut-être pas totalement étranger au phénomène de l’augmentation de la pédophilie..
Dès leur plus jeune âge, la société enseigne aux filles et aux garçons des attitudes et des comportements sexués. On perce les oreilles des petites filles, on les habille de petites robes sexy, on leur met du brillant à lèvres, et on leur lit des histoires de princesses et princes charmants. On leur propose des poupées Barbie avec un string comme sous-vêtement. Adolescentes, leurs magazines préférées les invitent à utiliser leur apparence physique et la sexualité pour plaire et être reconnues. Elles grandissent alors dans un environnement culturel qui est incrusté de messages à caractère sexuel. Au lycée on voit des filles arriver nombril à l’air, jean au niveau du pubis. L’accroissement du nombre de viols, ne serait-il lié à cet hyper-sexualisation ?
L’hyper-sexualisation exerce aussi une forte pression sur les adultes. Les femmes sont particulièrement visées et exploitées par l’industrie de la beauté qui leur propose les remèdes et régimes miracles pour demeurer jeune et sexy, comme si c’était là leurs seules valeurs. Les images provocantes de femmes nues ou légèrement vêtues sont particulièrement abondantes dans la publicité. Les femmes deviennent ainsi des objets sexuels.
La publicité, la télévision, le cinéma et les nouveaux médias influencent significativement notre perception de la sexualité et des relations entre les sexes. Nous reproduisons, souvent sans nous en rendre compte, les attitudes et les comportements présentés par ces médias. Ceux-ci nous enseignent indirectement quel est notre rôle dans une relation de couple, comment une femme ou un homme « normal » doit se comporter, comment être sexuellement attirant, etc. Ceci a pour résultat de banaliser la sexualité et de la ramener au rang de produit de consommation. Plus inquiétant, l’association entre le sexe et la violence est très fréquente dans ces productions. L’agression sexuelle, le harcèlement et la violence y sont souvent présentés comme des manifestations de la passion amoureuse.
Avec la marchandisation du corps de la femme, la sexualité est de plus en plus inspirée de la pornographie. L’utilisation du corps des femmes, des filles et aussi des hommes, comme marchandise, que ce soit dans la vente de produits de vacances, des automobiles, des parfums ou même des boissons gazeuses, est inspirée ouvertement de la pornographie. Qu’il soit question de la mode ou des publicités, les femmes sont vues comme disposées, disponibles, et prêtes à être l’objet de fantasmes. L’image de la femme est présentée sous l’angle d’un fantasme masculin. Le lien entre la pornographie et la violence sexuelle a fait l’objet de débats vigoureux pendant des années, et l’évidence d’un lien de causalité entre les deux est forte. On pense qu’à cause de leurs propriétés excitantes, les stimuli érotiques peuvent avoir des effets favorisant l’agressivité.
Notre société est parfois bien paradoxale. Elle condamne, à juste raison, la pédophilie qui utilise le corps de l’enfant, pour assouvir des pulsions adultes, et, en même temps, la publicité et les médias n’hésitent pas à exposer ce même corps dans des postures lascives ou provocatrices qui relèvent de la sexualité des adultes. Cela concerne tout particulièrement les petites filles dont l’apparence voulue est parfois très tôt sexualisée.
Il n’y a pas si longtemps, les enfants jouait au papa et à la maman. Aujourd’hui, on joue aux femmes fatales à 8 ans. Ces jeunes filles et garçons sont le reflet de nos sociétés, cultures et civilisations qui elles, les hypersexualisent, comme elles sexualisent et hypersexualisent tout. Ils sont notre miroir.