L’indécence du cumul
par Gabriel
mardi 27 juillet 2010
« L’homme qui marche » la célèbre statue de Giacometti a été adjugée à 74,2 millions d’euros et ce, en seulement 8 minutes de temps.
Les ventes aux enchères d’art impressionniste et moderne de la société Christie’s mercredi 23 juin à Londres ont atteint 185 millions d’euros. Il s’agit de la plus importante somme jamais écoulée en une soirée.
Le "Portrait d’Angel Fernandez de Soto (1903), dePablo Picasso, a trouvé preneur à 42 millions d’euros.
La vente a atteint un total de 153 millions de livres (185 millions d’euros), battant le précédent record pour une soirée d’enchères, établi par la maison rivale Sotheby’s, en février à Londres. Celle-ci avait atteint les 147 millions de livres.
Un tableau de Picasso, Nu au plateau de sculpteur (1932), adjugé pour 106,4 millions de dollars chez Christie’s à New York, le précédent record avait été atteint en 2004 pour Garçon à la pipe (1905), avec 104,1 millions, et un record mondial pour une vente aux enchères
Voici ici une liste non exhaustive des quelques achats effectués sur le marché de l’art. Ne croyez pas, dans ce qui va suivre, que je sois contre le mécénat, mais une question me taraude, devant ces chiffres faramineux : « Ou commence l’indécence ? ».
Comment peut-on claquer en son âme et conscience, et cela en moins d’une journée, 74,2 millions d’euro pour une statuette de bronze ? Soit l’équivalent de 37,1 millions de repas à 20 € ou de 4120 années de salaire d’un ouvrier à 1500 € !... J’ai du mal à comprendre qu’un objet qui puisse atteindre une telle valeur ne reste pas dans un musée comme patrimoine national ou international. Que seul quelques personnes puissent le posséder grâce à des fortunes démentielles.
Attention, je ne prêche pas pour un égalitarisme ou une quelconque doctrine prolétarienne qui imposerais un partage des richesses. Non, je pose une question simple : « Ou commence l’indécence ? »
Aujourd’hui, on nous impose la vertueuse rigueur. On reproche au citoyen d’avoir vécu au dessus de ses moyens. A celui là même qui a toujours payé ses impôts et qui n’est pas responsable de la faillite du système bancaire, mais qu’importe tant qu’il est taxable et qu’il est solvable ! De plus, des millions de personnes sont sans travail, endettés, ne pouvant plus se loger ou se nourrir alors, serait-il stupide de fixer une limite à l’avoir, au possédant ? Arrivé à un certain niveau de richesse l’argent est placé et ne se retrouve plus dans le circuit vertueux des échéances de biens et de services, il n’est plus le carburant qui fait tourner la machine mais devient le poison qui assèche l’économie d’une nation.
J’ai tendance à croire qu’un des problèmes majeurs de cette caste de seigneurs, ce n’est pas seulement ce qu’ils possèdent, on pourrait encore s’en accommoder, mais c’est le fait qu’ils n’en ont jamais assez. Le no limite ! Casino, bourse, immobilier etc etc…. Après avoir exploité un peu les ressources naturelles, les ressources humaines, ils en sont réduits par des biais spéculatifs à piller les pays (Grèce, Espagne …) pour gonfler encore leurs fortunes. Le vice avec la richesse, c’est qu’elle est comme de l’eau salée, plus on en boit, moins elle désaltère.
Notre société parviendrait-elle un jour à briser cet étau aux puissantes mâchoires : la violence des pauvres et des faibles contre celles des riches minorités et des dictatures ? Si aucune frontière n’est pas très vite imposée à la démesure, si nous ne revenons pas urgemment à la raison, que va-t-il arriver ?