L’Iran des mollahs, bourreau de femmes

par Simin Nouri
jeudi 23 janvier 2020

"Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine…", Victor Hugo.

Parallèlement à la répression sanglante des manifestants anti régime, l’Etat iranien continue à appliquer la peine capitale comme s’il tenait à conserver son record mondial du nombre le plus élevé d’exécutions par habitant, par mineurs délinquants et par femmes.

 

Maliheh Haji Hassani est la deuxième femme exécutée en Iran en ce premier mois de la nouvelle année 2020. Arrêtée en 2016 pour le "meurtre" de son fiancé, elle avait demeuré en prison jusqu’au 18 janvier 2020, le jour de sa pendaison dans la prison centrale de Chiraz. Maliheh avait 29 ans.

L'exécution d’une autre Iranienne, Sara M, 35 ans, dans la prison de Machhad après trois années d’emprisonnement, a été annoncée par l’agence de presse officielle Rokna le 14 janvier 2020.

D’après les actualités et faits divers publiés par la presse officielle ou locale en Iran ainsi que les informations et données recueillies et authentifiées par les militants des droits humains, le nombre d’exécutions de femmes n’a cessé d’augmenter sous le règne du régime clérical en Iran : 9 femmes ont été pendues durant l’année 2016, 10 en 2017, 6 en 2018 et 16 en 2019, dont six jeunes femmes en l’espace de 3 semaines en décembre :

Eshrat Nazari, exécutée le 18 décembre 2019 dans la prison Gohardacht à Karadj (hra-news.org, 21 décembre 2019)

Fatemeh R., 21 ans, pendue le 9 décembre 2019 dans la prison de Gohardacht (t.news.ir/aftabnews.ir, 16 décembre 2019)

Maryam, 32 ans, exécutée le 8 décembre dans la prison centrale de Machhad (Agence Rokna, 11 décembre 2019)

Narguess- o-Sadat Tabaï, 50 ans, exécutée le 4 décembre 2019 à la prison Gohardacht (hra-news.org, 10 décembre 2019)

Fatemeh Ghezel Safarlou, 26 ans, exécutée le 4 décembre 2019 dans la prison de Gohardacht (hra-news.org, 10 décembre 2019)

Somayeh Shahbazi-Jahroui, 33 ans, exécutée le 4 décembre 2019 dans la prison Sepidar à Ahvaz (women.ncr-iran.org, 4 décembre 2019).

105 est à ce jour le nombre des Iraniennes exécutées depuis août 2013, le début du mandat de président d’Hassan Rohani, qualifié en Occident de "modéré."

Cependant, le nombre réel doit être bien plus élevé, étant donné certaines exécutions non annoncées qui peuvent se dérouler en secret à travers cet immense pays. Seuls les bourreaux doivent connaître le chiffre exact.

La "justice" de cette théocratie applique la peine de mort à chaque homicide, sans se donner la peine d’examiner le motif. Or, un grand nombre de détenues accusées d’homicide en Iran sont elles-mêmes victimes de violences domestiques, sociales et surtout proies à la brutalité d’un Etat profondément misogynie. La discrimination sexuelle, la tyrannie d’un système patriarcal implacable défendu et promu par une législation basée sur la charia, les mariages précoces et forcés,… c’est très souvent en légitime défense que ces femmes sont amenées à commettre des meurtres. En majorité des cas, elles se défendent face à un conjoint violent et/ou toxicomane ou leur violeur. Souvent pauvres, elles ne peuvent pas avoir recours à un avocat. Leurs procès sont manifestement arbitraires et inéquitables. Dans la plupart des cas les juges religieux ne reconnaissent aucune circonstance atténuante en faveur de l’accusée. Rappelons pour l’occasion que la justice dans la théocratie iranienne loin d’être un outil pour la protection de la société contre les criminels, est réduite à un acte de vengeance personnelle (la loi du talion). Ainsi, les peines prononcées à l’encontre de ces femmes sont extrêmement injustes. D’autant plus que de nombreuses détenues sont des mères de famille.

Aujourd’hui, elles sont plusieurs à croupir dans le quartier des condamnés à mort dans les prisons iraniennes, notamment dans la sinistre prison de Qarchak, près de Téhéran, en attente du supplice.

Parallèlement à la répression sanglante des manifestants contestataires de plus en plus nombreux, l’Etat iranien, plus que jamais isolé à l’extérieur et aux abois à l’intérieur face aux mouvements de contestation de plus en plus fréquents, continue à appliquer la peine capitale comme s’il tenait à conserver son record mondial du nombre le plus élevé d’exécutions par habitant et par mineurs délinquants. Cette dictature religieuse reste aussi à l’heure actuelle le bourreau le plus actif des femmes dans le monde. A quand la fin du silence coupable des occidentaux face à cette ignominie ?

 


Lire l'article complet, et les commentaires





https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/