L’Union soviétique et les armes chimiques : les secrets empoisonnés de Staline oubliés par l’Occident

par Giuseppe di Bella di Santa Sofia
mardi 24 février 2026

Tambov, juin 1921. Une paysanne court dans les champs, un enfant dans les bras. Au-dessus, le ronronnement des moteurs. Elle lève les yeux et voit les biplans descendre. Une bombe s’ouvre en l’air. Un nuage verdâtre s’abat sur eux. L’enfant hurle, tousse du sang. La mère s’effondre, les yeux brûlés. Dans son rapport secret, le commandant bolchévique écrit : "Le gaz a fait son travail. Les rebelles fuient comme des rats". Lénine, l'inventeur du totalitarisme communiste, a donné l’ordre : utiliser les armes chimiques pour écraser la révolte de Tambov. C’est le premier emploi massif de gaz par les Soviétiques. Staline, son successeur, développera un arsenal chimique gigantesque. Des laboratoires secrets à l’utilisation en Géorgie, l’URSS a empoisonné ses ennemis. L’Occident, pendant la Guerre froide, a fermé les yeux. Et aujourd’hui encore, Poutine, le cynique, protège ce criminel qu’est Assad, connu pour ses attaques chimiques lorsqu'il régnait en maître absolu sur la Syrie. 

 

Le programme chimique sous Staline : un arsenal de mort

Dès les années 1920, l’URSS lance un programme d’armes chimiques massif. Staline, obsédé par la puissance militaire, crée des laboratoires secrets comme l’Institut de recherche chimique de Moscou. Des scientifiques, souvent prisonniers du Goulag, produisent du gaz moutarde, du phosgène, puis des agents nerveux comme le sarin. En 1931, Staline ordonne l’expansion : "Nous devons être prêts à tout". Des usines géantes sortent de terre à Stalingrad, Saratov. L’Union soviétique devient leader mondial de cette industrie de la mort. Staline teste ces armes sur des prisonniers. Des milliers meurent dans d’horribles expériences.

L’hypocrisie commence tôt. L’URSS signe la Convention de Genève en 1925 contre les armes chimiques, mais Staline l’ignore. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fournit du gaz aux Alliés tout en en produisant pour elle-même. L’Occident, allié contre Hitler, ferme les yeux. Après 1945, les États-Unis recrutent et accueillent des scientifiques allemands impliqués dans les programmes nazis, mais gardent le silence sur le programme chimique soviétique pour des raisons stratégiques.

 

 

Utilisation contre les rebelles internes et les peuples conquis

En 1921, à Tambov, Staline, alors commissaire du peuple aux Nationalités et membre du Politburo, approuve l’utilisation de gaz contre les paysans révoltés. Des avions larguent du chlore et du phosgène : 15 000 morts. En Géorgie, sa terre natale, il fait gazer les rebelles en 1924. Des villages entiers sont empoisonnés. Lénine avait promis l’autodétermination ; Staline l’enterre dans le gaz. Pendant les purges des années 1930, les armes chimiques servent à exécuter les "ennemis du peuple" dans les camps. Des gaz expérimentaux tuent des milliers de personnes. En Afghanistan (1979-1989), l’URSS utilise du sarin contre les moudjahidines.

 

 

L’Occident sait, mais tait. Pendant la Guerre froide, les États-Unis et l’URSS s’accusent mutuellement d’armes chimiques, mais évitent les enquêtes. Les Alliés ont eux-mêmes utilisé du gaz pendant la Première Guerre mondiale et en ont fourni à Saddam Hussein. Cette hypocrisie mutuelle protège les secrets de Staline, même après sa mort.

 

 

La Guerre froide : l’hypocrisie occidentale

Pendant la Guerre froide, l’Occident ferme les yeux sur les armes chimiques soviétiques. Les stocks soviétiques atteignent 40 000 tonnes en 1950, mais les États-Unis, qui ont leur programme, ne dénoncent pas. En 1969, Nixon renonce aux armes chimiques, mais l’URSS continue. Les Alliés savent pour les tests sur humains, mais priorisent la détente. En 1988, l’URSS admet enfin son programme, mais trop tard. L’Occident a préféré l’alliance contre le nazisme, puis contre le communisme, à la vérité.

Cette hypocrisie a des conséquences. L’URSS exporte sa technologie : en Syrie, Assad utilise du sarin en 2013 et 2017. La Russie bloque les enquêtes à l’ONU. Poutine, cynique, continue de couvrir Assad. Comme sous Staline, les grandes puissances protègent leurs alliés empoisonneurs.

 

Parallèles avec la Syrie : l’héritage stalinien continue

En Syrie, l’héritage de Staline est vivant. Assad, protégé par Poutine, a utilisé du sarin et du chlore contre les civils. Ghouta 2013 : 1 400 morts. Idlib 2017 : 100 enfants gazés. La Russie bloque les résolutions ONU, comme Staline bloquait les enquêtes. L’Occident condamne du bout des lèvres, mais n’agit pas. Obama dessine une "ligne rouge" en 2013, puis recule. Trump bombarde en 2017, mais sans suite. Biden sanctionne, mais la Russie impose son veto. 

L’hypocrisie persiste. L’Occident a fermé les yeux sur Staline pour battre Hitler, puis pour la Guerre froide. Aujourd’hui, pour la géopolitique, il ferme les yeux sur Assad. Les secrets empoisonnés de Staline vivent dans les gaz syriens.

 

 

Une leçon pour aujourd’hui : ne plus fermer les yeux

L’histoire des armes chimiques soviétiques est un avertissement : quand les grandes puissances ferment les yeux, la barbarie prospère. Staline a empoisonné ses peuples ; l’Occident a laissé faire. Aujourd’hui, Poutine protège Assad, ce criminel qui gazait des enfants, et l’Occident fait semblant de condamner. Vous vous demandez : jusqu’à quand ? La communauté internationale doit cesser l’hypocrisie. Pas de "ligne rouge" bidon, pas de sanctions symboliques : de vraies enquêtes, de vraies poursuites, de vraies conséquences.

Le silence n’est pas de la prudence : c’est de la complicité. Les gaz de Staline ont tué hier ; ceux qu’on laisse passer aujourd’hui tuent encore. Et vous, vous voulez continuer à faire semblant ? À vous indigner sur les réseaux tout en acceptant que les grandes puissances protègent leurs empoisonneurs ?


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